Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le prix Nobel de la résistance a été attribué à Bure

Quelques éclaircissements sur les affrontements et ledit « durcissement » du week-end de réoccupation du 16 & 17 juillet à Bure

Dans la lutte contre la poubelle nucléaire, tout le monde a sa place.

Notre objectif n’est pas l’affrontement avec les forces de police, mais la construction d’un mouvement large, ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent bloquer ce projet et refuser la résignation. Nous l’avons dit et nous le répétons : il y a les barricades physiques, politiques, juridiques et médiatiques. C’est notre stratégie commune qui permettra d’intensifier la résistance et de stopper partout l’aberration CIGEO.

Ce qu’il s’est passé ce week-end du 16 & 17 juillet à Bure est fort. Ce n’est pas si souvent que ça, dans la tranquille campagne meusienne, que l’on voit un cortège hétéroclite de 500 personnes déterminées à reprendre un bois « sécurisé » par les forces de l’ordre. Il n’en fallait pas plus pour que la couverture médiatique locale, par ailleurs plutôt positive, commence à installer – après les tentatives de « zadification » des dernières semaines – l’imaginaire d’une « guérilla rurale » ou d’un «durcissement » du mouvement. Il est vrai que, en vingt ans d’implantation diffuse de l’ANDRA, d’achat des terres et des consciences, c’est la première fois que des gaz arrosent un cortège, que des pierres sont jetées, et surtout que des dizaines de personnes sont blessées sous les attaques de la milice privée de l’Andra ou par les tirs de flashballs. Il est pourtant hors de question de réduire la portée historique de ce week-end aux affrontements et à la répression, même si la préfecture, l’ANDRA et ses vigiles ont voulu installer ce climat de tension. Parler « d’escalade de la violence » vise à faire peur, réduire et homogénéiser la diversité de ce qui se vit.

Nous sommes multiples. A l’inverse, ce qui s’est joué ce week-end témoigne d’une intelligence prometteuse. Tandis que des centaines de personnes couraient à travers champs pour contourner les gendarmes, d’autres restaient à distance, sur la colline, pour être à l’abri des gaz et des grenades. Certains rampaient dans les blés pour s’infiltrer dans la forêt alors que d’autres jouaient de la musique devant la flicaille ou chantaient, d’autres encore préparaient la cuisine. Des tracteurs ouvraient des chemins dans les céréales pour acheminer le ravitaillement. Une chaîne humaine prenait la suite : pelles, pioches, gamelles, tentes, sourires. C’est ainsi que tout le monde a pu pique niquer dans la forêt. Certains enlevaient les masques de plongées tandis que d’autres garaient les poussettes d’enfants. A l’ombre des grands hêtres, un camp de base se montait et au dessus de nos têtes certains construisaient des ponts suspendus dans les arbres. Des jeunes du coin rencontraient des militants d’ailleurs et une AG sur les perspectives de la lutte s’organisait à deux cent personnes, interrompue pendant 1h30 par une attaque policière, elle reprenait plus tard à l’orée d’une barricade.

Ce week-end, il n’y a pas eu de militant-e-s surentraîné-e-s ou «professionnels » mais un cortège peuplé de nombreuses personnes différentes qui, devant l’affront du blocage policier empêchant d’accéder à un chemin communal, décide de ne pas reculer et de tenter, par différentes manières, de rentrer dans la forêt. Il y a eu, dimanche après-midi, devant les attaques des gendarmes mobiles sur les barricades construites la veille, une foule compacte qui décide, aussi, de ne pas battre en retrait. Cheveux noirs, cheveux blancs, visage découvert ou masqué, violon et accordéon, jets de pierre ou banderole. Non, il n’y a pas de « guérilla zadiste » et de technique particulièrement rodée qui s’appliquerait partout mais une multiplicité de pratiques qui dans l’ intensité d’un moment se complète et s’harmonise. Une saine et légitime défense.

• Tout l’été (et au-delà) à Bure : #Étéd’urgence est déclaré, actions, discussions, blocages, chantiers, contre les travaux de CIGEO dans le bois de Mandres, l’ANDRA et son monde !

• Prochain gros temps fort pour continuer de bloquer le chantier dans la foulée du week-end de réoccupation du 16 & 17 juillet : week-end d’action et de mobilisation du 13 & 14 août http://vmc.camp/ du 2.8.2016 Attentifs ensembles : signalez-nous tous travaux illicites ! vmc 2 août 2016.

Mercredi 3 août à 11h, habitants et opposants à la poubelle nucléaire installeront une vigie en bordure de la forêt pour surveiller les agissements de l’Andra et son respect de la décision de justice du TGI de Bar le Duc. Nous invitons également tous les joueurs de Pokemon Go à venir capturer dans la forêt du Bois lejuc un spécimen rare de Sulfura.

Évènement inédit et historique : en vingt ans de luttes à Bure la justice tranche pour la première fois en notre faveur et déclare le défrichement du Bois Lejuc illicite. Elle enjoint l’ANDRA à remettre en l’état la forêt, en enlevant le mur, le revêtement plastique et en replantant des arbres.

Pour nous assurer que l’ANDRA respecte bien la décision rendue, nous avons mis en place des rondes qui surveillent qu’aucun camion de matériaux ou véhicule de chantier ne se rendent au bois. Selon la gendarmerie, toujours stationnée à l’orée du bois, les engins auraient tous quitté les lieux aujourd’hui, et les travaux seraient bel et bien gelés.

L’Andra ou la stratégie de l’autruche meusienne Pourtant ce midi, un riverain nous a encore signalé l’arrivée d’un camion transportant des portions de mur. Nous avons joint par téléphone, e vain, le service de communication de l’Andra pour qu’il nous justifie cette dernière livraison.

Comme à chaque moment de déconvenue, l’ANDRA communique peu ou pas. Le bientôt regretté M. Baillet, qui quitte son poste de Directeur du site Meuse – Haute-Marne et d’adjoint de l’ANDRA pour une retraite (ir)radieuse (1), nous gratifiera-t-il d’une ultime déclaration laconique dont il a le secret, en persistant à dire que tout le monde a “bien fait son travail” ? Tellement bien que le Bois de Mandres devra bientôt avoir retrouvé son charme originel, à défaut de décision préfectorale

Nous attendons avec impatience l’étude d’impact, précédant l’arrêté préfectoral, qui devra déterminer comment un mur de 3 km garantit à la faune une libre circulation, et comment un défrichage de dizaines d’ares de forêt contribue à préserver l’équilibre harmonieux d’une flore luxuriante. Nul doute qu’avec 3000 hectares de possessions en Meuse, l’ANDRA trouvera bien un petit recoin de compensation écologique (2) …

D’ici là, et parce que nous sommes convaincu.es que l’ANDRA est une entreprise de parole, d’une intégrité à toute épreuve, nous avons décidé d’installer, ce mercredi 3 août 2016 à 11h, en bordure sud du Bois Lejuc, une vigie afin de constater les allers et venues aux abords de la forêt.

Nous invitons les riverains à nous signaler tout mouvement de camions et engins de chantier en direction du Bois de Mandres en appelant au 07.52.54.24.82.

BurecestunpeuLonguet Gérard

Source :

Bellaciao

Le prix Nobel de la résistance a été attribué à Bure
Tag(s) : #Ecologie

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :