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Pétition(s)  et mobilisation citoyenne
Pétition(s)  et mobilisation citoyenne

Sans doute comme moi-même, beaucoup des amis d’une gauche de progrès et de transformation sociale sont sollicités, d’une manière ou d’une autre, par des appels à mobilisation citoyenne en vue des échéances 2017. Personnellement et avec un regroupement de personnes déjà large, j’ai répondu en donnant mon accord à la démarche entreprise par le candidat du Front de Gauche de 2012 qui a renouvelé sa candidature pour 2017, mis en place une nouvelle manière de faire, celle de « La France Insoumise » qui entend radicalement s’appuyer sur les gens du peuple.

Je me satisfais de faire partie des 135 000 signataires de l’appel lancé par JL Mélenchon dès Avril-Mai 2016, j’ai été encouragé pour cela par les irritations répétées produites par les élections ayant suivi 2012, avec leurs incohérences, leurs fiascos. Les municipales, les européennes, les cantonales et les régionales, toutes ont rendu le Front de Gauche illisible. Toutes ont dénaturé son sens originel de rassemblement d’intérêt général en des séquences politiques d’intérêt de boutiques électoralistes, faisant le jeu de la droite et l’extrême droite se considérant en terrain conquis. Pourquoi ne pas avoir en son temps tiré les enseignements de ces échecs ?

Ces semaines dernières, un appel circule intitulé « En 2017, faisons Front Commun ». C’est un appel dit des 99, c’est-à-dire de gens qui militent « pour ouvrir une perspective politique de progrès humain, démocratique, social et politique ». On y reconnait les signatures de ceux qui en règle générale se veulent rassembleurs des énergies populaires en faveur d’évolutions politiques conséquentes face au libéralisme qui délabre délibérément notre vie sociétale. Ils étaient de la campagne contre la constitution giscardienne européenne de 2005. Ils sont, après près de 5 ans de gouvernance se réclamant de GAUCHE, courroucés, en colère de voir se poursuivre et s’accélérer des politiques néolibérales de droite. Ils s’inquiètent des ambitions d’une droite flanquée d’une extrême droite plus menaçante que jamais, etc. etc…

Ils disent à leur manière avec des mots à eux, pas toujours aimables, avec peu de suggestion innovante ce que nous-mêmes, avec « La France Insoumise » disons à propos de l’urgence à faire advenir un projet alternatif aux assauts renouvelés des oligarques actuellement aux manettes en France, en Europe et dans une mondialisation débridée. Ils n’évoquent pas la nécessité de transformer cette Europe du capital dans ses fondements comme dans ses fonctions sociales… Ajoutons que comme nous, ils regrettent que n’aie pas pris forme après les faillites stratégiques du Front de Gauche, une nouvelle cohérence de démarche commune pour aller vers les échéances annoncées !

Mais cela était-il possible, comme si de rien n’était, comme si n’avait pas eu lieu les fins de non-recevoir enregistrés par JL Mélenchon, se positionnant pour des cheminements constructifs, autant avec les verts sortants du gouvernement qu’avec certains des députés socialistes frondeurs ? Cela pouvait-il se construire dans le cadre d’une participation du PCF sombrant dans des stratégies électorales à géométrie variable dans ses alliances…Une stratégie que ne désavoue pas loin s’en faut dans une interview au journal Regard le chef de file des députés communistes dans des propos d’une agressivité hors norme envers notre candidat ! Que doivent penser de tels diatribes aigres et retardataires, les communistes qui par milliers- M G Buffet, F Parny en tête, se sont déjà situer positivement dans le déroulement de la campagne de J L Mélenchon ?

Heureusement il y a plus sérieux, il y a un mouvement social qui a besoin d’autre chose et qui bouge. C’est vrai que la relance du mouvement social de luttes contre la remise en cause des droits des salariés – loi El Khomri aidant – a redonné tout à la fois espoir et capacité de rassemblement à un mouvement populaire qui en avait bien besoin après les dures combats d’avant les vacances. Mais c’est vrai aussi que ce mouvement ne peut se nourrir que de perspectives claires, de propositions politiques neuves, un programme résolument anti-libéral sorti du productivisme dangereux pour notre écosystème, capable de remettre sur pied les rapports de la valeur travail étranglée par les appétits démesurés et ceux du capital financier. Au-delà, c’est d’un cadre institutionnel d’une autre consistance dont le peuple travailleur a besoin…

Cette construction politique là est en cours et le temps qui passe, nous presse pour aller de l’avant, c’est pourquoi il est satisfaisant de voir se concrétiser l’accord contenu dans ces appels sur l’utilité indispensable de la candidature Mélenchon, c’est déjà là un point d’appui sérieux et porteur…Cet appel des 99 ne souligne-t-il pas « qu’à six mois de l’échéance, il serait(à nos yeux) irresponsable de ne pas prendre acte de cette situation » ou encore tout en disant que subsistent des divergences : que « la candidature de J L Mélenchon est dans les circonstances actuelles bien installée dans le paysage politique ». « N’attendons pas Godot », disait pour sa part C. Autain il y quelques semaines !

Pour autant, ne faisons pas comme si des éléments de freins ou de nuisances n’existaient pas ! Ne faisons pas comme si les bons sentiments pouvaient à eux seuls permettre de faire face à l’emprise médiatique des droites qui occupent tout le terrain face à un parti socialiste qui frise le ridicule chaque jour. Ne faisons pas non plus semblant de croire que les Hollande-Valls-Macron n’ont pas de cartes à jouer et d’ailleurs, chacun est à même de constater que le président sortant (non annoncé officiellement comme candidat) est en campagne… Il faut être lucide et mesurer la dureté du combat à mener dans un environnement médiatique et économique tout acquis au maintien des rapports de force du moment… Et dans ce cadre, ne laisser aucune chance au PS de continuer à jouer sa partition est une condition indispensable.

On ne peut plus évoquer ou appeler « le peuple », voire « le peuple de gauche » à la rescousse d’une politique qui allègrement leur dénie les droits sociaux et de justice sociale acquis de hautes luttes par nos ainés. Les médias se gargarisent de formules d’exclusions envers les soit disant populismes de droite et de gauche. On ne peut laisser faire ces amalgames dangereux. Dans sa démarche de candidature hors parti, Jean-Luc Mélenchon a bien raison d’en appeler à une citoyenneté agissante, à une intervention directe des gens du peuple. Non seulement la plupart des partis sont désavoués…. Mais la référence à la gauche et à la droite est devenue facteur de confusion. La gauche en langage médiatique n’est-elle pas assimilée au parti socialiste, alors qu’il pratique une politique de droite résolue… Dans l’électorat lui-même, du camp Lepéniste, n’y a-t-il pas des gens issus du « peuple » C’est la campagne politique qui doit maintenant prendre pleinement son essor, c’est la prise de conscience du possible changement qui comptera !

Ainsi, pour un rassemblement majoritaire à gauche comme le prône certaines formations, peut-on être dupe du langage et des intentions qui s’expriment trop souvent contradictoirement ? Ainsi au PCF et à sa manière de parler au nom du Front de Gauche quand on sait de quelle façon il l’ont mis à mal !

Les dirigeants communistes après avoir prôné la participation à une primaire de toute la gauche – donc de Hollande Montebourg Valls (et aujourd’hui il y aurait aussi Macron) à Pierre Laurent et Mélenchon (sans oublier bien sûr Coste ou Dufflot), voilà que cette stratégie est revue et corrigée. Sans doute, l’évidence d’une impossibilité d’un fourre-tout magistral favorisant le social libéralisme est-elle apparue à ces dirigeants peu à-même de prendre le pouls des insatisfactions et des rejets populaires. Pour autant, leur langage ne varie que peu. Ils se prononcent toujours pour un rassemblement comprenant les éléments socialistes frondeurs – et les écologistes qui ont convoqué leur propre primaire !!!

Prenons donc connaissance des décisions essentielles du parti communiste réuni en conseil national du 22/25/16 répondant à une des questions qu’il se pose à lui-même : « Quel choix de candidature à l’élection présidentielle ? » et voilà la réponse, comme transcrite dans le relevé de décision :

« Décidés à poursuivre les efforts de rassemblement jusqu’au bout, le conseil national, comme les communistes, identifient dans le débat, 3 hypothèses. La question qui nous est posée est la suivante : dans quelles conditions chacune de ces hypothèses permet-elle d’atteindre nos objectifs politiques ? Les différentes hypothèses doivent être examinées avec l’ensemble des éléments objectifs, les inconvénients et les avantages à court et à long terme. »

1/ -Prendre de nouvelles initiatives de rassemblement sans faire de choix de candidat au 5 novembre. 2/-Un appel à voter Jean Luc Mélenchon, en affirmant l’autonomie du PCF, sa démarche de rassemblement. 3/-Engager une candidature issue du PCF, porteuse de ses idées et de sa démarche de rassemblement.

La conférence nationale aura à formuler les options définitives soumises aux communistes. Elle-même se prononcera puis soumettra des propositions aux communistes dans une consultation dont elle fixera la date. »

Autre question posée : Quelles initiatives prendre pour les législatives ? Et voici la réponse reprise du relevé de décision :

« Lancer notre bataille des élections législatives sur cette ligne de contenus en construisant localement les rassemblements les plus larges. D’ici la conférence nationale, le conseil national appelle les communistes à engager le débat citoyen sur la question « de quel-le député-e de gauche avez-vous besoin dans votre circonscription ? » et à désigner les candidat-e-s.

Voilà qui éclaire au mieux l’attitude générale actuelle au PC et qui tendrait à indiquer qui rien ne compte autant que la question de la députation par circonscription : un député de gauche pour la circonscription ; un député pour une Assemblée Nationale de quelle obédience politique ? Un député, désigné dans quelle condition pour rejoindre quelle majorité ? Travaillant sur quel programme national, pour quelles lois, dans quelle République, la Vème ou la VIème ? etc…On ne le saura pas à cet instant ! Par contre, ce que l’on peut savoir déjà, c’est l’intention indiquée, ce sera comme les élections intermédiaires de ces derniers mois, une démarche de circonscription locale variable, dépendant d’accords de terrain, y compris avec ceux qui restent affiliés aux politiques libérales de l’équipe Hollande-Valls-Macron. Et c’est déjà ce qui est en route sur les départements ainsi celui de l’Allier dont nous reparlerons certainement.

Pour parler franc, disons que cela ne nous fait pas penser qu’il y aurait là matière à espérer beaucoup du changement si d’aventure, ces dirigeants de peu de perspectives maintenaient leurs intentions. Heureusement, le terrain social et politique est fait de bien d’autres caractéristiques : celles des interpellations de caractère social « austéritaire » et des rejets du PS, de ses élus et dirigeants gouvernementaux, comme nous le savons.

Soyons assurés que les vieilles pratiques électoralistes à souhait, les méthodes anciennes d’accords au sommet des partis politiques se partageant les places ne représentent plus ou pas les attentes des français. La confiance qui est en train de changer de camp, elle va sceller celle du peuple autour et avec la démarche du commun et de là, permettre de forcer les barrages des doutes et de la peur…

Nous voyons dans le formidable succès du 1er rassemblement de villes régionales en France, celui de Boulogne sur Mer, un signe, prometteur celui du démarrage d’une course de fond, qu’il faut mener en tête.

Paul CRESPIN Soutien du groupe d’appui de la France insoumise.

Montluçon le 28/10/16

Tag(s) : #Billet d'humeur

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