Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les cadres du Parti communiste ont tranché. Ils ne suivront pas l'avis de leur secrétaire général qui proposait un ralliement à la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour les présidentielles de 2017. André Chassaigne, le chef de file des députés communistes à l'Assemblée nationale a pesé de tout son poids pour que cela n'en soit pas ainsi.

Dans son intervention, le député du Puy-de-Dôme a fait part de sa réserve par rapport aux sondages qui placent le candidat de "La France insoumise" en tête des intentions de vote chez les électeurs de gauche. C'est en tout cas ainsi qu'il justifie la nécessité d'une candidature issue des rangs du Parti communiste pour les Présidentielles, même si à la faveur des évènements, il n'exclut pas ensuite un ralliement à une "candidature unitaire de toute la gauche", dont on ne sait pas pour l'instant à quoi ressemblerait celle-ci.

André Chassaigne : "Sur le terrain, il n'y a pas un enthousiasme délirant pour Mélenchon" Le 5 novembre 2016, à Paris, les communistes se sont prononcés contre un soutien immédiat à la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour la Présidentielle 2017. Une victoire pour le député PCF du Puy-de-Dôme André Chassaigne qui est opposé sur cette question à son secrétaire national, Pierre Laurent.

Mais chacun sait que derrière cette polémique, la question principale pour les cadres du Parti communiste n'est pas la présidentielle. D'ailleurs, Beaucoup d'entre eux ne croient pas dans une possibilité de victoire de ce côté-là. Pour eux, la bataille des batailles concerne les élections législatives qui suivront dans la foulée celle de la présidentielle. Et là, les cadres du Parti communiste veulent obtenir des garantis pour qu'un certain nombre de circonscriptions leur soient réservées en échange du soutien qu'ils apporteront au candidat unique. C'est cela que les insoumis appellent "de la tambouille électorale" dont ils ne veulent plus. Ceux-ci militent pour un processus de désignation réellement démocratique qui n'exclut aucune possibilité de candidature, fut-elle issue du monde syndical ou associatif ou plus généralement de la société civile. Les insoumis sont d'autant plus à l'aise avec cette proposition, qu'ils affirment que les militants du Parti communiste ont toute leur place dans les assemblées de citoyens, sans rien avoir à renier de leur appartenance à leur Parti.

L'autre soir, alors qu'il était l'invité d'Audrey Pulvar à I Télé, Jean-Luc Mélenchon a très bien expliqué en quoi consistait la désignation et comment les assemblées citoyennes allaient procéder. Il s'agit là d'un point dur, sur lequel il ne saurait y avoir de compromis, car cela touche à la nature même du mouvement des insoumis, lequel consiste a associer les citoyens à chaque étape du processus démocratique sans devoir passer par le filtre des états-majors politiques.

Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu'il souhaitait un processus de désignation collective aux élections législatives

En décidant de ne pas soutenir la candidature du candidat de la France insoumise, les cadres du PC se sont enfermés dans une logique d'isolement qui pourrait révéler fatale pour leur Parti. Les militants de base peuvent encore sauver la situation en revenant sur ce vote. Dans le cas contraire, il n'ont pas fini d'entendre parler du pays si Jean-Luc Mélenchon manquait sa qualification au second tour à cause de cette candidature dissidente. L'histoire jugera.

Philippe Soulié

Délégation du PC de l'Allier à la conférence nationale du PC (photo page Facebook de Joël Lefebre))

Délégation du PC de l'Allier à la conférence nationale du PC (photo page Facebook de Joël Lefebre))

Tag(s) : #National

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :