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Vingt-trois membres du Conseil national du Parti communiste se sont exprimé dans une tribune commune quelques jours avant le vote des militants qui portera sur le ralliement ou non à la candidature de Jean-Luc Mélenchon (lire ICI)

Ces personnalités s'expriment clairement en faveur d'une candidature communiste pour rassembler les forces à gauche, car pour ces derniers "Jean-Luc Mélenchon, qui va jusqu’à récuser le clivage droite-gauche, ne peut pas être ce candidat." Parmi eux, figure le secrétaire départemental du Parti communiste de l'Allier (Yannick Monnet), qui n'incarne pas forcément la position majoritaire des militants communistes du département si l'on en croit certaines sources qui ne souhaitent pas dévoiler leur identité pour l'instant.

Yannick Monnet n'hésite pas à proposer la candidature du Maire de Montreuil, Patrice Bessac (lire ICI), pourtant au centre d'une polémique dans un conflit du travail, qui l'a opposé à la CGT territoriaux alors que celui-ci souhaitait revenir sur certains conquis sociaux du personnel municipal en prétextant des baisses de subventions de l'État (lire l'article de regardactu LA). Un choix qui ne s'avère pas des plus judicieux dans une période de fortes régressions sociales que les signataires de cet appel prétendent combattre.

Conseil national du Parti communiste

Le groupe des insoumis, très actif sur le bassin de Montluçon-Commentry-Montmarault se démène pour fédérer autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon en qui ils ne voient pas un sauveur suprême, mais tout simplement le candidat le plus capable de rassembler autour d'un projet social et écologique, tel qu'il a été formalisé lors de la convention de Lille sur la base d'une vaste consultation citoyenne.

C'est pour cela qu'ils souhaitent que les candidats qui seront ensuite présentés sous le label de "La France insoumise" s'engagent à respecter ce programme et ne se comportent pas comme des électrons libres qui n'auraient aucun compte à rendre à celles et ceux qui les auront mandatés. L'un d'entre eux nous confiait d'ailleurs "Avec Hollande, nous avons été trahis sur toute la ligne. Nous ne voulons pas que cela recommence une nouvelle fois".

Il existe des contacts entre certains militants communistes et insoumis du département et il serait erroné de croire que les ponts sont entièrement coupés entre ceux qui se rassemblèrent naguère sous l'étiquette "Front de Gauche".

Beaucoup des militants qui se sont aussi retrouvés côte à côte dans la rue pour combattre la loi Travail, souhaitent continuer à faire cause commune pour battre dans les urnes une droite qui est dans la surenchère permanente de régression sociale, une extrême droite qui ne dit plus rien, mais reste aux aguets pour récolter les fruits de la colère, et un PS incapable de trancher entre son aile ultra-libérale et son aile sociale démocrate. Les communistes devront donc trancher, soit en faveur de l'unité populaire incarnée par la candidature de Jean-Luc Mélenchon, soit pour l'isolement partidaire qui conduira leur parti à sa ruine.

Philippe Soulié

Ci-dessous la contribution des 23 membres du Conseil national du Parti communiste en faveur d'une candidature communiste à l'élection présidentielle de 2017 :

Plusieurs membres du Conseil national du Parti communiste se prononcent en faveur d'une candidature communiste aux présidentielles de 2017

ENSEMBLE, POUR LE RASSEMBLEMENT ET L'UNITÉ !

Contribution commune de Frédéric Boccara, Christian Picquet, Marine Roussillon, membres du Comité Exécutif National, Amar Bellal, Hélène Bidard, Raphaël Debû, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Jacky Henin, Pascal Joly, Pierre Lacaze, Fabienne Lefebvre, Didier Le Reste, Annie Lévy-Cyferman, Gisèle Malaval, Yannick Monnet, Monique Nironi, Alain Pagano, Franck Périllat-Bottonet, Raphaelle Primet, Dominique Satgé, Adrien Tiberti, Catherine Vieu-Charrier, Bora Yilmaz, membres du Conseil National du PCF

L’élection de Donald Trump aux États-Unis résonne comme un avertissement contre toute tentation populiste ou nationaliste. L’enfoncement dans la crise économique et sociale et le discrédit des élites politiques nous conduisent dans le mur. En 2017, les forces de progrès peuvent se trouver marginalisées pour longtemps. L’extrême droite peut même accéder au pouvoir. Face à cette situation, certains appellent à la résignation et au vote «utile», ignorant le dégoût d’une part croissante de la population. Les communistes, eux, ne se résignent pas. Nous l’avons dit lors de notre conférence nationale: nous voulons être à l’offensive pour empêcher la droite et l’extrême droite de conquérir le pouvoir, rassembler tous ceux qui luttent contre l’austérité en travaillant à des candidatures communes, et sortir notre pays de la crise.

Pour que ce choix se traduise au plus vite par des actes, la conférence nationale a, par un vote nettement majoritaire[1], proposé aux communistes de désigner un candidat issu de leurs rangs, porteur de nos propositions et de notre démarche de rassemblement, à l’élection présidentielle de 2017.

Si ce choix, rendu nécessaire par la gravité de ce qui se joue et porté par la majorité des délégués, est adopté par les communistes le 26 novembre, il permettra de rassembler le parti dans l’action. Les militants, les sympathisants, tous ceux pour qui le PCF est un point de repère, longtemps désorientés par une stratégie trop floue ou illisible, retrouveront ainsi le chemin du débat et de l’action.

Une candidature communiste, c’est la garantie d’une démarche collective : une candidature portée par des militant-e-s, des élu-e-s, présent-e-s dans les luttes et aux côtés des populations au quotidien. Nous ne voulons pas d’un candidat qui se « libère » des partis. Notre parti est une force ; il permet à chacun d’entre nous de se faire entendre et d’être à l’écoute des autres. Quel que soit notre candidat, il sera UN parmi d’autres : c’est ce qui le rendra capable de porter les exigences populaires, c’est ce qui le rendra légitime pour travailler au rassemblement le plus large possible.

Quelle que soit l’issue des élections à venir, nous aurons besoin d’un parti communiste fort pour résister aux offensives réactionnaires et reconstruire une perspective de progrès en France. Avec une candidature communiste, le PCF pourra enfin se mettre en ordre de bataille.

La proposition de la conférence nationale de désigner une candidature issue de nos rangs préserve l’avenir des idées communistes et de notre parti, mais aussi celui de la gauche et du pays.

Portées par un candidat, nos propositions, si indispensables à la construction d'une alternative crédible, comme notre stratégie de rassemblement gagneront en visibilité. Si demain, dans les débats sur la crise économique , on entendait un communiste dire qu’il est possible d’éradiquer le chômage en affrontant le capital, en prenant le pouvoir sur l'argent; si dans les débats sur les migrants, un communiste faisait résonner les mots de paix, de solidarité, d’humanité, en les reliant à l'exigence d'un grand essor des services publics; si dans la guerre incessante des ego, on entendait un communiste parler, contre le présidentialisme,  de rassemblement, de démocratie, de pouvoirs réels des salariés et des citoyens … quel bien cela ferait au débat public, à la France, à l'Europe ! Face à la montée de débats identitaires, et après les grandes mobilisations contre la loi El Khomri,  nous avons besoin d’un candidat capable de porter une analyse de classe et de rassembler le salariat. Jean-Luc Mélenchon, qui va jusqu’à récuser le clivage droite-gauche, ne peut pas être ce candidat.

Le choix d'une candidature communiste n’obère pas nos capacités de réussite aux législatives. Si nous choisissions Jean-Luc Mélenchon, nous ferions campagne pour un candidat qui se prépare à nous opposer ses représentants dans chaque circonscription. Pour faire élire le plus grand nombre de député-e-s communistes, toutes les voix compteront. Choisissons la cohérence et la clarté.

Ce choix préserve l’avenir de la gauche, face à une direction du PS qui l'enterre. Dans une situation politique qui bouge très vite, ce choix laisse au parti la possibilité de continuer à œuvrer au rassemblement le plus large possible sur un projet de progrès. Comment pourrions-nous poursuivre dans cette voie en nous ralliant à un candidat qui récuse l’idée même de rassemblement ? Jean-Luc Mélenchon, par sa posture solitaire, hypothèque toute perspective majoritaire. Choisir sa candidature, ce serait renoncer à construire un large rassemblement à gauche.

Une candidature communiste n’est pas une candidature de plus à gauche ! Elle est la seule aujourd’hui à pouvoir porter la vision d’une gauche rassemblée sur des contenus de progrès, à faire avancer ce qu’il y a de commun à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les trahisons du gouvernement et aspirent à une candidature de convergence.

Aujourd’hui, notre pays semble dans une impasse. Pour sauvegarder les intérêts du patronat et d’une minorité au pouvoir, le peuple risque de se voir imposer un scénario dont il ne veut pas. Pour en finir avec l’idée que rien ne peut changer, faisons entendre une voix nouvelle, une voix qui sera celle de tous ceux qui ne se résignent pas à la victoire de la droite, de l’extrême droite et de leurs projets réactionnaires, de tous ceux qui veulent donner un avenir à la France. La voix d’un candidat communiste.

Tag(s) : #Le département

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