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Face à une mobilisation qui prenait de l'ampleur, Carrefour a finalement renoncé à son projet d'ouverture de ses magasins le dimanche. Il aura fallu toute la détermination des salariés et de leurs syndicats pour faire reculer les propriétaires de l'enseigne.

A Montluçon, la mobilisation des militants de la CGT a été bien suivie et a largement contribué à cette victoire. Sur la toile, les commentaires vont bon train entre ceux qui sont favorables à l'ouverture des magasins le dimanche et ceux qui y sont opposés. Les premiers prétendent que cela permettrait d'améliorer la feuille de paie, les autres qu'il est indispensable de préserver la vie de famille. Sans compter ceux qui affirment que puisque c'est sur volontariat, il faut laisser les salariés choisir eux-mêmes.

Les arguments en faveur de l'ouverture des magasins le dimanche sur la base du volontariat, les militants syndicaux les connaissent bien. La plupart ont été suggérés par les patrons eux-mêmes. Parfois il ont l'apparence du bon sens et se réclament volontiers de la liberté de chacun de disposer de ses jours de repos, y compris en allant travailler le dimanche s'ils le souhaitent.

Mais ces arguments ne tiennent pas la route quand vient le moment des travaux pratiques. La notion de volontariat n'a en effet aucun sens, puisque les liens entre l'employeur et le salarié sont des liens de subordination. Concrètement, cela veut dire que les patrons sont les seuls à décider, et ont à leur disposition toute une batterie de mesures leur permettant de faire pression et imposer le volontariat, et d'ailleurs, ils ne se privent pas en cas de besoin. Ensuite, les salariés qui acceptent de travailler le dimanche, le plus souvent à contre cœur, le font parce que leur salaire ne leur permet de boucler les fins de mois. Enfin, parce que le gain sur la feuille de paie est souvent minime. Le travail imposé le dimanche est en effet presque toujours une journée de travail de la semaine qui a été déplacée ce jour-là. Le gain pour le salarié se résume alors à une simple majoration du coût horaire, dérisoire pour les bas salaires. Bonjour l'arnaque.

Mais le pire, c'est que pour des raisons multiples,  ce sont les femmes qui doivent accepter ces horaires atypiques. D'abord parce que ce sont des femmes qui occupent très majoritairement les postes de caissières, ensuite parce qu'elle sont en première ligne sur la question des bas salaires, mais aussi sur celle de la flexibilité et l'adaptabilité (comme disent les "managers").

Pour toutes ces raisons, les syndicats portent des revendications pour exiger le rehaussement du salaire de base, ce qui serait d'autant plus aisé à satisfaire que les bénéfices des groupes de la grande distribution n'ont cessé d'augmenter ces dernières années, mais seuls les cadres dirigeants et les actionnaires en ont profité. Il est donc évident que les caissières et tous les employés des grandes surfaces ont intérêt à rester mobiliser afin d'obtenir gain de cause, car la redistribution des richesses passe avant tout par la revalorisation des salaires les plus bas.

Il y a quelques années, une étude avait été faite sur le travail du dimanche. Deux questions avaient été soumises aux sondés :

► êtes-vous favorable à l'ouverture des commerces le dimanche ? Plus de 70% avaient répondu oui

► êtes-vous volontaire pour travailler le dimanche ? Plus de 70% des sondés avaient répondu non.


Les français sont cohérents avec eux mêmes. Ils sont partisans du travail le dimanche, mais pas pour eux mêmes, car sinon, comment feraient-ils leurs courses ?

Tag(s) : #Actualité sociale

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