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Superbe concert samedi 14 janvier, au Conservatoire de Montluçon, organisé par les Amis du Jazz. Pour son 30ème anniversaire, l’association avait invité le trio de Franck Tortiller, composé de ce dernier, vibraphoniste, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, d’Yves Torchinsky à la contrebasse et Vincent Tortiller à la batterie. Ce dernier, fils du Chef, remplaçait le batteur titulaire indisponible.

Mais sa jeunesse ne l’a pas empêché d’être brillant comme ses 2 comparses. Henri Tilly, Président des Amis du Jazz, n’avait pas manqué, dans sa présentation du concert, de reprendre le vers de Corneille « la valeur n’attend point le nombre des années ».

Dommage que l’auditorium n’était pas complètement rempli. La faute sans doute à la météo qui pouvait refroidir quelques ardeurs, mais aussi le manque de médiatisation de ce concert, à comparer avec la venue de Renaud, Sylvie Vartan, Christophe et autres sur le retour dont les affiches polluent les murs de la cité et alentour. Dommage car les trois jazzmen sont assurément de grands artistes.

Dommage aussi qu’il n’y ait pas plus souvent des concerts dans cette magnifique salle d’un Conservatoire qui a coûté près de 80 millions d’euros. Franck Tortiller, diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, a déjà une longue carrière derrière lui, de concertiste, de compositeur. Il a par ailleurs dirigé l’Orchestre National de Jazz et fait plusieurs disques.

Le jazz est souvent perçu comme une musique improvisée, mais elle est avant tout écrite, ce qui est indispensable pour que les musiciens offrent au public une prestation parfaitement maîtrisée. A ce titre, on peut dire que c’est de la grande musique, souvent construite à partir de thèmes y compris populaires et qui servent de base à des développements souvent virtuoses. Le trio Franck Tortiller en a fait une parfaite démonstration, en nous offrant de splendides digressions à partir de l’Hymne à l’Amour d’Edith Piaf, de La Bourguignonne, de Tout ça du côté du Bois de Chaville de Pierre Destailles, de Indifférence de Tony Muréna (jazz musette), mais aussi d’un air de bossa nova de Carlos Jobim et un hommage à Led Zeppelin. Cette liste semble éclectique mais à l’écoute la succession des morceaux évoquait une parfaite harmonie, avec comme point commun que « ça balançait ».

Pour aimer le jazz, pas besoin d’être musicien. Deux oreilles et un coeur suffisent quand on est en présence d’artistes de ce niveau. Mais aller plusieurs fois aux concerts de jazz ne gâte rien, bien au contraire. On devient connaisseur et on apprécie toujours un peu plus cette musique. A Montluçon, les concerts se déroulent généralement au Pianocktail dans le complexe Boris Vian, petite salle où l’ambiance ressemble fort à celle des clubs de jazz des grandes villes. Les prochains concerts auront lieu les 4 mars, 8 avril et 12 mai. Sans oublier bien sûr le festival Jazz au Fil du Cher en juillet. Pour plus de renseignements il suffit d’aller sur :

www.amisjazzmontlucon.fr

Michel Beaune

Tag(s) : #Montluçon

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