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Le 11 février dernier, regardactu annonçait que le parquet avait décidé de classer sans suite l'affaire du chauffard qui avait renversé deux manifestants au rond-point de l'Europe le 19 mai 2016, puis avait pris la fuite par l'autoroute. À l'annonce de cette nouvelle, les militants de la CGT étaient abasourdis, tout comme l'étaient tout ceux qui avaient été témoin de la scène ce jour-là.

Selon les manifestants, les forces de l'ordre étaient présentes sur place en nombre durant toute la durée de l'opération de blocage. Quatre gendarmes avaient pris position sur le terre-plein central et certains d'entre eux prenaient d'ailleurs des photos. Les autres étaient disposés à chaque intersection et pouvaient donc intervenir à tout moment. Pourtant, cela n'avait pas empêché l'automobiliste récalcitrant de se faufiler avec son 4X4 jusqu'à l'entrée de l'autoroute si l'on en croit les nombreux témoins. Une fois arrivé à cet endroit, ce dernier constatant qu'il était bloqué par les manifestants, avait décidé de passer en force en accélérant brutalement comme l'attestent les témoins présents à proximité du véhicule au moment des faits.

La suite, c'est Janine Gauthier qui le raconte au micro de RMB et RJFM :

Janine Gauthier explique comment le véhicule fou a foncé sur elle !

Malgré les témoignages précis, le procureur a donc décidé de classer l'affaire. Le ministère public ne poursuivra donc pas le contrevenant, car si l'on en croit nos sources, il n'y aurait pas suffisamment de preuves pour établir l'intentionnalité de l'acte (sic).

On comprend que la CGT s'interroge sur cette décision. Pour eux, c'est la preuve qu'il y bien une justice de classe. "Deux poids deux mesures, selon que l'on est puissant ou misérable" pour paraphraser la Fontaine. Pire encore, ils se demandent à juste titre, si cette décision n'équivaut pas à délivrer "un permis de tuer" aux chauffards qui se servent de leur véhicule comme une arme. Il est vrai que cela fait froid dans le dos.

Jeanine doit maintenant vivre avec ce souvenir qui la hante, et conservera de nombreuses séquelles.
 

Cette décision de "justice" s'inscrit plus globalement dans un climat de répression sociale sans précédent, mais aussi de laxisme vis-à-vis des puissants. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, en visite à Montluçon le 15 février confiait à Laurent Indrusiak qu'il s'était entretenu avec deux de ses prédécesseurs, Louis Viannet et Bernard Thibault. Tous deux disaient que durant leurs mandats respectifs, ils n'avaient jamais connu un tel climat de haine et de répression anti-syndicale. Ce sentiment est largement partagé par de nombreux syndicalistes, surtout depuis les manifestations contre la loi Travail.

Bien sûr, la CGT ne laisse pas tomber l'affaire. Alors que les deux victimes vont redéposer une nouvelle plainte, l'Union départementale va se constituer partie civile pour avoir accès au dossier, obtenir réparation pour les victimes et mettre fin à l'impunité dont jouit l'agresseur.

Tag(s) : #Le département

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