Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Séance animée au Conseil municipal de St Germain-des-Fossés le 21 février. Les élus d'opposition regroupés sous l'étiquette "rassembler pour agir" n'ont pas eu de mots assez durs pour fustiger les choix économiques et les orientations stratégiques du Maire et de son équipe municipale.

La suppression de deux classes de maternelles suscite aussi un fort mécontentement parmi les populations en rapport avec une politique nationale qui renonce à soutenir les collectivités locales, y compris les plus modestes d'entre elles, le plus souvent situées en milieu rural ou semi-rural. Le fort sentiment d'abandon et d'injustice qui en résulte explique pour partie le rejet des politiques, surtout quand des scandales éclatent et mettent en évidence des élus qui se gavent sans vergogne avec l'argent public, pendant que l'on supprime des classes, que l'on ferme des écoles, que l'on réduit les moyens de fonctionnement pour nos hôpitaux, que l'on ferme les antennes des impôts, etc.

Localement, de simples élus mènent pourtant la bataille pour combattre ces politiques publiques souvent relayées localement par des majorités entièrement acquises aux thèses libérales qui fragilisent les économies locales, (en favorisant par exemple l'implantation de grandes surfaces dans les zones périphériques).

La déclaration des élus d'opposition de St Germains-des-Fossés est de ce point de vue emblématique de cet énorme gâchis que la plupart des politiciens de la droite et du PS souhaitent amplifier en nous imposant les mêmes politiques qui ont pourtant lamentablement échoué partout où elles ont été mises en œuvre.

Ci-dessous, la déclaration des élus de "Rassembler pour agir" :

 

Nous avons les mêmes chiffres mais nous ne lisons pas les mêmes choses, les effectifs des écoles pour 2017 apparaissent stables, il y a 2 élèves de plus envisagés en maternelles l’an prochain, et cela se maintient logiquement à Charles Louis Philippe car l’effectif qui a entraîné la création de la nouvelle classe n’est pas encore au collège.

Avec la suppression d’une classe maternelle et d’une classe élémentaire, le nombre d’élèves par classe va s’élever à un niveau supérieur à de nombreuses autres communes du département qui font l’objet de fermetures, notamment en maternelle. En refusant de mener la bataille pour le maintien des classes, c’est l’attractivité de la commune qui risque d’en pâtir sur le moyen et long terme, car la dynamique est à la casse de l’école publique. Cette absence de résistance, commune à celle concernant tous les services publics qui sont mis à mal et disparaissent à Saint-Germain peut inquiéter.

A chaque fois le même refrain, on laisse perdre des services, et tout finit par disparaître, à l’image des permanences qui ont remplacé la Trésorerie et qui sont désormais menacées. Quant aux nouveaux postes : rien n’indique qu’ils seront maintenus, surtout les morceaux de postes, et on peut se questionner sur l’avenir des élèves syriens qui n’auront pas de suivi spécifique en maternelle, ce qui rend d’autant plus nécessaire le maintien de la classe. En élémentaire, la poste ULIS n’aura pas de répercussion sur l’organisation des classes, qui subiront une hausse des effectifs.

Dans une commune où la précarité est forte, l’encadrement pédagogique est central. Avec la convention qui gel les postes, il apparaît sans doute plus facile de perdre une classe que d’en gagner une, c’est donc un problème pour l’avenir, pour l’attractivité de la commune aussi.

Pourtant les mobilisations victorieuses existent, à l’exemple de celle de Commentry, bien que le maire n’ait pas bougé le petit doigt pour défendre la classe. A la lecture du rapport de présentation, une remarque incontournable, encore une fois, les dotations de l’État baissent : comment imaginer maintenir le même niveau de service avec une perte de près de 200 000€ au fonctionnement entre 2014 et 2017 ? Et c’est sans compter les coupes précédentes... A terme, la dynamique en cours ne peut que détruire nos communes, le centre de décision le plus proche des citoyens, le service public de proximité par excellence.

Cette liquidation s’opère, nous le constatons aussi, par les procédures de mutualisation en cours, au profit d’une centralisation technocratique dans les EPCI. Ces procédures, certes imposées par la politique nationale, sont cependant servilement mises en place par les collectivités locales de droite. Nous avons bien remarqué en commission des finances, l’inquiétude commune des élus de ce conseil quant à cette situation. Pourtant, en comprimant le budget de fonctionnement, celui du quotidien, celui du service aux habitants, en mettant en oeuvre la mutualisation, en faisant sienne la doctrine de la « maîtrise budgétaire » qui signifie en parlant vrai une politique d’austérité budgétaire, la municipalité s’inscrit dans les choix des gouvernements successifs.

Oui 2017 est une année d’élection, les citoyens auront à choisir, faire pire, ou faire plus et mieux, rompre avec l’idée de faire des économies à tout va, pour reconstruire les services publics et débloquer les moyens nécessaires à l’intérêt général. Faire pire, c’est ce que propose notamment le candidat de la droite avec ses 100 milliards de coupes dans les dépenses publiques, avec comme seul levier pour nos collectivités la multiplication des impôts locaux (après 20 ans sans hausse d’impôts comme vous vous plaisez à l’annoncer, c’est Fillon qui va y mettre fin s’il était élu). Quelle immoralité de la part de celui qui a vécu depuis des dizaines d’années à coup d’argent public, et dont les affaires (légales ou non, ce n’est pas notre sujet), démontrent qu’il a largement profité du système. Son choix est clair : baisse d’impôts pour les plus riches, destruction des droits sociaux, liquidation des biens communs, hausse des impôts pour les plus pauvres.

Les affaires de M. Fillon ne sont d’ailleurs pas pour rien dans la remarque que vous faites sur le contexte économique et financier, où il est question de l’instabilité des devises et taux d’intérêts. Il est certain que la déstabilisation du candidat le plus dévoué aux intérêts financiers a de quoi les inquiéter. Cela démontre bien où se situe le réel pouvoir, en bourse plutôt que dans nos assemblées. C’est une question de projet de société qui se pose, tout comme elle a été posée en Espagne à la suite des municipales, après que les mouvements sociaux et citoyens et la gauche aient fait irruption dans les exécutifs des villes.

Aujourd’hui se structure là-bas un réseau municipaliste, qui s’organise pour faire l’audit des dettes locales, et résister à l’austérité budgétaire imposée par le gouvernement. En France aussi, l’implication et la mobilisation des citoyens sera essentielle, y compris en les laissant investir les affaires municipales, mais pour cela, il faut assumer des ruptures avec la vieille politique. Cela ne se fera pas sans faire un choix clair, coordonné au niveau national, pour refuser les diktats des gouvernements successifs. Car oui, si vos municipalités de droite de tout le pays avaient réellement la volonté de stopper les coupes budgétaires, en mobilisant les citoyens, elles le pourraient, mais cette volonté n’existe pas, vous en voulez encore !

Cessons le double langage ! Celui pratiqué par Monsieur Baroin qui, après avoir engagé les coupes budgétaires aux collectivités lorsqu’il était ministre de Sarkozy, a eu l’outrecuidance, sous la pression notamment des élus communistes et républicains, de proposer des motions contre les baisses de dotations à l’Association des Maires de France, mais qui, maintenant que le quinquennat s’achève, montre à nouveau son vrai visage, en se rangeant derrière Monsieur Fillon. Les orientations nationales seront centrales pour l’avenir de notre collectivité, et de ses habitants, et par son orientation politique, la majorité de droite démontre qu’elle se satisfait des baisses de dotation. Comment l’État peut-il dégager de nouveaux financements ? Par exemple en reprenant le pas sur la fraude fiscale qui fait perdre 60 à 80 milliards par an à l’État (chiffres du gouvernement).

Aussi, nous savons bien que derrière les inquiétudes communes, il y a l’idée que la réduction des dépenses publiques doit être poursuivie, puisque c’est celle de votre famille politique, à la communauté d’agglomération, au département, au niveau national et européen. Or, il nous faut davantage de financement, pour davantage de service public, davantage de culture, davantage d’investissements (car la valorisation d’une commune contribue à la diminution de sa dette), davantage de bien vivre dans notre commune. Le véritable taux de chômage reste terriblement haut, et la commune reste celle au plus bas revenu fiscal de la communauté d’agglomération, au potentiel fiscal lui aussi largement inférieur aux communes de même taille. C’est dire la nécessité d’une mairie qui protège.

Et voilà que la municipalité, après avoir fait le choix d’investissements à marche forcée ces dernières années, décide d’y mettre un coup d’arrêt. Il est certain que si nous avions été majoritaires, des choix différents auraient été opérés. Aujourd’hui le centre-bourg continue de dépérir, et les mesures annoncées d’étalement urbain, par la construction d’un nouveau supermarché excentré (qui, s’il apportait de nouveaux emplois, pourrait être envisagé positivement, mais nous ne voyons à ce jour aucune garantie pérenne du maintien d’une activité commerciale suffisante en centre-bourg, au-delà de la perte de terrains agricoles importants dans une perspective de transition écologique), l’état de délabrement de la salle polyvalente de centre-ville, la création d’un nouveau centre médical inadapté à l’accueil nécessaire d’un nouveau médecin, l’illusion maintenue de la possibilité du rachat du buffet de la gare qui tombe en ruine alors que chacun sait que le dossier n’avance pas, la multiplication de lotissements vers l’extérieur, tout cela ne répond pas aux enjeux.

Tout comme, en prévision du PLU, nous aurions dû refuser de réaliser les travaux d’assainissement concernant le terrain route de Bourzat. Nous devons aussi signaler que beaucoup de quartiers attendent des travaux particulièrement nécessaires. Et on ne peut qu’être choqué de voir maintenu l’étalement des travaux d’accessibilité handicapés alors qu’elle pèse si peu par rapport à d’autres travaux, il suffit pour s’en convaincre de regarder les éléments budgétaires de 2016.

Nous sommes largement en deçà des communes de même taille pour les dépenses de fonctionnement, de personnel notamment (dont vous devez garder à l’esprit que ce que vous appelez par idéologie des « charges » de personnel concerne aussi VOS indemnités). D’autres choix seraient possibles, puisqu’ils le sont ailleurs. Nous pouvons nous féliciter d’avoir des agents avec de l’expérience et des compétences, ce n’est pas une charge. D’ailleurs, le nouveau régime indemnitaire, s’il a du positif notamment pour ce qui est du calcul de la retraite, peut inquiéter s’il est envisagé en terme de « management », et nous pouvons nous interroger quant aux garanties d’objectivité dans l’application de ce nouveau système méritocratique.

Quant à notre endettement, nous n’en avons pas une vision claire sans les taux d’intérêt et les annuités, mais nous devons assumer d’investir, pour que vive l’économie locale et renforcer notre attractivité, avec de l’anticipation et des investissements raisonnés, maintenir un haut niveau de dépenses, pour un haut niveau de projets, et un haut niveau de services. Il faudrait prendre des emprunts sur un très long terme. L’anticipation, c’est aussi la condition d’une visibilité budgétaire, et il est étonnant de constater en investissement une telle différence entre le taux de recettes et le taux de réalisations en dépenses en 2016.

Le document que vous nous présentez comme faisant office de rapport de présentation du débat d’orientation budgétaire est bien maigre, si vous n’aviez pas l’obligation légale d’effectuer cette étape, nul doute que vous vous en passeriez. Car c’est lors du DOB que nous devrions avoir connaissance du plan pluriannuel d’investissement mis à jour, et nous devrions avoir une vision d’un projet, au-delà des seuls éléments de conjoncture, et d’une succession de chiffres. Alors quelle orientation budgétaire ? Nous devrons attendre le budget pour le savoir…

Tag(s) : #St Germain-des-Fossés

Partager cet article

Repost 0