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La coordination de défense des hôpitaux et des maternités de proximité lance une grande campagne de recueil de témoignages pour inciter les usagers à exprimer leurs attentes et donner leur avis à propos de la prise en charge des patients dans les centres hospitaliers.

Hélène Derrien, la Présidente de la coordination nationale qui compte environ 120 comités locaux, fut par le passé Présidente du comité local de Montluçon. Elle estime que "la situation des hôpitaux, le recul de l’accès aux soins et les menaces qui pèsent sur notre protection sociale rendent nécessaire la mobilisation".

La mise en place de 150 groupements hospitaliers territoriaux (GHT) qui devraient se substituer aux 1 000 hôpitaux publics est aussi un sujet de préoccupation majeure pour la coordination qui dénonce une volonté de diminuer drastiquement les effectifs soignants et administratifs, mais aussi le nombre de lits.

Déjà, en vingt ans, cent mille lits ont été supprimés, seize mille depuis 2014. C'est une véritable hémorragie, d'autant plus incompréhensible que la population a fortement augmentée dans le même temps, et qu'à ce constat s'ajoute le problème du vieillissement d'une partie de la population (génération du baby-boum), ce qui se traduit par plus de pathologies, et donc de prises en charge.

La coordination pointe également le fait que beaucoup de personnes précaires renoncent à se faire soigner, soit partiellement, soit totalement, en raison du déremboursement de plus en plus de médicaments, de la mauvaises prise en charge de maladies chroniques et parce-qu'elles ne peuvent tout simplement pas souscrire à une mutuelle. Un tiers de la population serait dans ce cas, ce qui est considérable.

Les déserts médicaux amplifient aussi le phénomène. D'abord concentrés sur les zones rurales, ils s'étendent maintenant aux villes moyennes, et particulièrement dans les quartiers populaires de celle-ci. Ce phénomène est dû pour l'essentiel à la mise en place du "numerus clausus" imposé sous années Giscard, consistant à diminuer le nombre de places en fac de médecine.

8 500 médecins étaient formés chaque année dans les années soixante-dix, contre 3 500 aujourd'hui. Certes, le "numerus clausus" a été assoupli récemment, mais ils faudra du temps pour que cette mesure ne produise des effets, et encore, car le nombre de médecins formés est toujours insuffisamment calibré par rapport à la demande.

Et puis, la totale liberté d'installation des praticiens sur le territoire crée aussi un déséquilibre important entre les régions. Beaucoup de médecins choisissent en effet de s'installer dans les grandes villes et sur la côte d'azur, alors que les zones rurales sont dramatiquement désertées.

Toujours est-il que le problème de l'accès aux soins est à ce point sensible, que des nouveaux comités de défense des hôpitaux ont vu le jour ces derniers temps. C'est le cas à Morlaix, mais aussi à Brest et Valognes.

La coordination s'en réjouit, et se veut "force de propositions" afin de mieux faire connaître les luttes en cours, associer le plus possible les populations, afin de mettre en échec les politiques publiques qui visent à diminuer l'offre de soins sur les territoires au prétexte purement comptable d'en réduire les coûts. La campagne qu'elle lance s'inscrit dans cette perspective et ne portera ses fruits que si elle parvient à fédérer les populations sur la base des revendications qu'elle porte.

Philippe Soulié

 

Tag(s) : #Actualité sociale

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