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Avec une lettre d'information régulière, la coordination nationale des hôpitaux et des maternités de proximité permet à l'ensemble des collectifs d'avoir une vision d'ensemble des restructurations imposées aux personnels de santé, ainsi qu'aux patients.

C'est aussi un outil précieux pour informer le grand public sur le fait qu'il ne s'agit pas en réalité d'un équilibre financier de telle ou telle structure, mais d'un choix délibéré de réduire les moyens alloués à la santé en général, et ce, quelqu'en fut le prix pour les malades et l'emploi dans le secteur hospitalier.

Pour mieux illustrer les conséquences d'une telle politique, la coordination a décidé d'initier une campagne de témoignages des usagers de l'hôpital public, afin de comparer les situations et mettre en évidence le fort mécontentement des usagers. Les premiers témoignages sont éloquents, et pourtant, la campagne n'en est qu'à ses débuts.

Tout comme nous le faisons pour la lettre d'information de la coordination nationale, nous relaierons aussi les témoignages à chaque étape de la campagne, afin de rappeler que c'est en fédérant les luttes et les résistances que nous pouvons imposer d'autres choix, pour le respect du droit à être soignés dignement.

 

Santé protection sociale : et si vous preniez la parole

Bulletin de campagne N°1

Vous avez la parole !

Décidée lors de notre Assemblée Générale de Montreuil, en novembre 2016, notre campagne nationale destinée à donner la parole aux citoyen-ne-s sur les questions d’accès aux soins et de protection sociale a été lancée lors de la conférence de presse du 2 février 2017 :

Les défenseurs des hôpitaux de proximité appellent à témoigner sur l'accès aux soins
Questionnaires, pétition : les comités de défense des hôpitaux de proximité à l'offensive
Certains comités se sont déjà lancés dans ce travail de recueil auprès des populations de leur territoire :

Concarneau lors de la fermeture de urgences de nuit et, plus récemment, Brest et Thouars :
questionnaires de Brest et de Thouars.

Ces témoignages feront l’objet d’un recueil en vue d’une diffusion nationale : un premier temps fort est prévu à l’occasion de la journée nationale d’action du 7 mars, aussi bien lors des rassemblements locaux que dans la manifestation de Paris.

Vous avez la parole :


« En vacances en famille en banlieue parisienne, fin décembre 2016, ma fille de 39 ans a eu besoin d’une consultation médicale pour un état grippal assez sévère. Après avoir contacté, sans succès, les cabinets médicaux du secteur, il a fallu appeler le 15 pour qu’elle soit orientée vers une clinique privée, à environ une demi-heure, où un médecin de garde a facturé la consultation 42€ : parfaitement inadmissible ! »

Quelques témoignages de Concarneau, suite à la fermeture des urgences de nuit :

« A l’image de tous les services publics, il est inadmissible qu’une ville telle que Concarneau n’ait pas d’Urgences. Plus de 20 000 habitants (et combien en période estivale ?) sur le dos desquels on fait des « économies », au péril de leurs santé et vie. L’économie n’est jamais à faire sur l’humain ! La vie n’a pas de prix ».

« Honteux de choisir l’argent contre la vie des gens car les Urgences de Quimper sont tellement surchargées qu’il faut attendre au moins 8 heures. Comme le nom l’indique, l’urgence c’est urgent ».

« On nous dit que les urgences sont réservées à ce qui est « vital ». Comment sait-on à l’avance ce qui est « vital » ? Chutes, forte fièvre, douleurs cardiaques, malaises etc…De plus, la proximité des urgences est une garantie pour les personnes à mobilité réduite, ceux qui n’ont pas de véhicule, ou les familles ayant plusieurs enfants en bas âge, notamment les femmes seules. Bref, leur disparition exclurait de ce type de prise en charge les gens les plus fragiles. Belle démonstration de solidarité ! »

Lettre d’une patiente au Directeur de l’hôpital de Granville-Avranches (février 2017)


"Monsieur le Directeur,

Aujourd’hui jeudi 16 février à 10h30 je devais me rendre à l’hôpital de Granville pour une coloscopie programmée en début d’après-midi.

Mardi matin, alors que j’avais commencé depuis la veille le régime adéquat, j’ai été prévenue par téléphone que cet examen ne pourrait pas avoir lieu faute de lits disponibles et devait être repoussé dans le temps. Heureusement que je n’ai pas à poser de jour de congé auprès d’un employeur pour passer les examens médicaux.

Compte-tenu des transferts de services successifs vers le site d’Avranches, la place et les lits ne doivent pourtant pas manquer sur le site de Granville ? Je ne comprends pas pourquoi on ne parle pas plus franchement de manque de personnel plutôt que de manque de lits parce que dans mon cas je pense que j’aurais pu me contenter d’un fauteuil alors que je n’aurais pas pu me passer d’un infirmier.

J’ai pensé un instant que cet état de fait était très exceptionnel et que l’épidémie de grippe pouvait en être la cause mais à bien y réfléchir, la grippe revient tous les ans à la même période et un établissement de santé publique ne doit-il pas être rompu à la gestion de cet événement récurrent et banal ?

En relisant la presse locale de ces dernières semaines j’ai découvert un article intitulé « Weeks-ends tendus aux urgences » où on cite vos propos pour expliquer l’afflux de patients aux urgences le week-end des 7/8 janvier sur le site d’Avranches : « Nous avons les syndromes habituels des personnes âgées qui, en hiver, ont des troubles cardiaques et respiratoires. La grippe ne nous affecte pas particulièrement ».

Je découvre donc avec un certain effroi que l’hôpital ne peut plus faire face, sans prendre des mesures d’exception, à la banalité du quotidien. Il n’y a pas de circonstances exceptionnelles qui expliquent le manque de lits aujourd’hui à l’hôpital, pas d’intoxication alimentaire à la cantine scolaire, pas d’accident de car sur l’axe Granville-Avranches, pas d’explosion dans une usine locale… pas d’attentat.

La nouvelle campagne de prévention du dépistage du cancer colorectal rappelle à la population la nécessité de pratiquer le test et si besoin les examens complémentaires pour enrayer la maladie. Ceci est fort rassurant car plus on agit vite, plus les chances de guérison sont grandes. Malheureusement, si les examens complémentaires se voient repoussés parce que l’hôpital ne peut plus faire face au quotidien, l’efficacité des campagnes de prévention risque d’être mise à mal.

J’ai un nouveau rendez-vous le jeudi 2 mars, juste après le week-end de Carnaval et je me demande déjà si l’hôpital de Granville prévoit du personnel et des lits supplémentaires pour cet événement majeur de la vie locale qui peut accroître le nombre d’admissions aux urgences et d’hospitalisations. Je vivrais mal un nouveau report de cet examen médical.

Je vous remercie d’avoir pris le temps, Monsieur le Directeur, de lire mes remarques et mes inquiétudes et vous prie d'accepter l'expression de mes salutations distinguées."

Vous aussi prenez la parole !

Après le 7 mars, le 7 avril, journée mondiale pour la santé

 

Voir les informations sur notre site :


http://www.coordination-nationale.org

Tag(s) : #Actualité sociale

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