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Rien que sur le département de l'Allier, on compte 7 000 salariés qui travaillent dans le secteur de l'aide à la personne. Pour l'essentiel, ce sont des femmes, la plupart en situation de grande précarité.

Après 15 années d'ancienneté dans le métier, le salaire est de 972 € pour un temps plein. Quand on a dit cela, on a presque tout dit sur la situation financière de ces femmes qui accomplissent pourtant des tâches absolument indispensables pour la société, au service de nos ainés.

De surcroît, quand on sait que leurs interventions permettent à beaucoup de personnes âgées de rester chez elles plus longtemps avant d'être admises dans les EHPAD, on comprend mieux le rôle indispensable qui est le leur, notamment si l'on met tout cela en perspective avec le manque de places dans les structures dédiées au troisième âge.

Pourtant, les conditions d'exercice de leur profession sont particulièrement difficiles et ingrates. Selon une étude de l'INSE, la moyenne journalière de travail avoisine le plus souvent les 10H pour, rappelons-le 792 € mensuel. Un vrai scandale !

Par ailleurs, les salariés doivent utiliser leur véhicule personnel pour effectuer les trajets durant leurs vacations, et les remboursements de frais de déplacement n'existent que sous la forme d'une prime dérisoire qui n'a pas été revalorisée depuis 2008. Et comme les salariés doivent avancer l'argent pour effectuer leurs déplacements, cette contrainte supplémentaire contribue à détériorer un peu plus leur situation financière.

À tout ceci, il faut ajouter que ces femmes doivent faire face à des situations de plus en plus complexes. Les personnes âgées sont parfois atteintes de pathologies lourdes, et parfois aussi de plusieurs pathologies, ce qui implique une plus grande maitrise de la prise en charge de ces personnes. Des situations rarement prises en compte, loin s'en faut, puisque les temps d'intervention sont sévèrement minutés (toilette, aide au repas, ménage) sans tenir compte de la spécificité de chaque cas.

l'isolement des salariés qui travaillent de manière autonome et n'ont que très peu de contacts entre elles ne favorisent pas les échanges et la possibilité de s'organiser collectivement pour revendiquer de meilleures conditions de travail, une revalorisation des salaires, la prise en compte des heures réellement effectuées, etc. Relever la tête et se syndiquer relève le plus souvent de l'exploit et exige un grand courage de la part de celles qui veulent changer les choses.

C'est le cas de ces femmes qui ont décidé de relancer un syndicat départemental CGT du service de l'aide à la personne. Céline Caillot, animatrice de la CGT santé et membre de la commission exécutive de l'Union départementale a décidé de les aider et de les accompagner dans leur projet.

Le syndicat CGT de l'aide à la personne ambitionne avant tout d'informer les salariés sur leurs droits. Par exemple, la convention collective qui régit ce secteur d'activité prévoit que l'employeur ne peut imposer à chaque salarié de travailler deux fériés consécutifs. Dans beaucoup de cas, cette disposition n'est pas respectée, et personne ne dit rien, car la plupart ignorent leurs droits. Voilà concrètement un point sur lequel la CGT est intervenu, ce qui a sensiblement amélioré les conditions de travail pour un certain nombre d'entre elles. Au delà c'est aussi la reconnaissance de leur activité qu'elles demandent.

De nouveaux statuts ont été récemment déposés à la Préfecture de l'Allier. la composition du bureau est la suivante :

• Sylvie Jean, secrétaire du syndicat

• Géraldine Roméra, Secrétaire adjointe

• Gilberte malika, trésorière

• Marie-Christine Robert, trésorière adjointe

Une première initiative est déjà programmée. Elle prendra la forme d'une réunion publique à Tronçais le mardi 27 juin à 18h avec comme objectif, informer et faire respecter les droits des salariés de ce secteur en croissance.

Ci-dessous l'interview de Sylvie Jean, secrétaire départementale de la CGT des services à la personne réalisée par RMB et RJFM :

Sylvie Jean répond aux questions de RMB et RJFM

Tag(s) : #Montluçon, #Actualité sociale

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