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Le premier mai n'était pas unitaire cette année, et personne ne s'en étonnera, car la fracture entre les syndicats qui s'inscrivent résolument dans une perspective de lutte de classes, et les syndicats d'accompagnement et de renoncement aux conquis sociaux est désormais quasiment irrémédiable.

C'est tout juste s'il existe encore un dialogue entre les deux grandes familles du syndicalisme, et ce n'est pas le triste épisode du second tour des présidentielles qui verra s'affronter l'extrême droite et l'extrême finance qui va arranger les choses.

Nous l'avions annoncé ici même, les deux camps organisaient des manifestations séparées pour ce premier mai. La CGT, FO, FSU, Solidaires et UNL se sont retrouvé le matin dès 10h Place Piquand (environ 300 personnes), puis ont décidé de défiler Jusqu'à la Place jean Dormoy.

Une fois arrivés à destination, les représentants des organisations syndicales ont lu tour à tour une déclaration, forcément en lien avec la situation attendue d'un second tour des présidentielles passablement déprimant avec la présence menaçante du FN à nouveau aux portes du pouvoir.

Dans les rangs des manifestants, les sentiments étaient très partagés entre ceux qui sont résolus à faire barrage à la candidate d'extrême droite en utilisant le bulletin "Macron", tout en se bouchant le nez, et les autres répartis entre ceux qui ne veulent pas aller voter (abstention) et ceux qui iront voter blanc ou nul.

Dans ce contexte, les organisations syndicales ont préféré utiliser le mot d'ordre "pas une voix pour Le Pen" pour mieux rassembler les militants. De toute façon, chacun sait ici que c'est dans leurs rangs que l'on trouvera les adversaires les plus résolus au fascisme le moment venu, mais aussi que l'on ne combat pas l'extrême droite sans combattre ceux qui alimentent l'exaspération dans l'opinion publique et malheureusement, par voie de conséquence, le vote FN.

La manifestation se dirige vers la Place jean Dormy
La manifestation se dirige vers la Place jean Dormy

La manifestation se dirige vers la Place jean Dormy

Prise de parole des syndicats
Prise de parole des syndicats
Prise de parole des syndicats
Prise de parole des syndicats

Prise de parole des syndicats

Ci-dessous les prises de parole de la CGT et de Solidaires :

Vous pouvez aussi retrouver la prise de parole de l'Union départementale de FO ICI

A Moulins et Vichy, ils étaient environ 200 manifestants. Les même interventions ont été lues

La manifestation à Moulins (merci à Alain Martin pour ces deux photos).
La manifestation à Moulins (merci à Alain Martin pour ces deux photos).

La manifestation à Moulins (merci à Alain Martin pour ces deux photos).

L'après-midi, la CFDT, le PS, En Marche, la ligue des droits de l'homme appelaient à un rassemblement à 14h, Place Jean Dormoy. Les observateurs parlent d'une petite centaine de manifestants en tout et pour tout.

Notons tout d'abord, que la CFDT était la seule organisation syndicale réformiste présente à ce rassemblement. A notre connaissance, la presse classique n'a pas évoqué l'absence de la CFTC, de L'UNSA et de la CFE-CGC. Ces syndicats forment pourtant avec la CFDT l'alliance réformiste qui a accompagné presque toutes les contre-réformes engagées par le Parti socialiste, en cohérence avec les injonctions de l'Union européenne. L'absence de trois d'entre elles à ce rassemblement semble indiquer qu'il y a un flottement dans leurs relations, probablement dû au fait que la CFDT occupe une position très dominante en tant qu'interlocuteur privilégié du pouvoir en place.

C'est ainsi, que contraint de ne pas apparaître comme trop isolé dans son opération de séduction et de promotion du candidat ultra-libéral, Emmanuel Macron, le syndicat dirigé d'une main de fer par Laurent Berger*, s'est associé au Parti socialiste qu'elle a fidèlement servi depuis le début du quinquennat de François Hollande. Une première pour un syndicat qui clame pourtant sur tous les toits son indépendance vis-à-vis des partis politiques.L'histoire retiendra surtout qu'il s'agit en fait d'une indépendance à géométrie variable, selon les nécessités du moment.

Il ne faisait cependant aucun doute que ce rassemblement, la veille du second tour des présidentielles, était en réalité un meeting en faveur du candidat libéral. Le but, se servir de la symbolique du 1er mai pour convaincre les électeurs réticents ou indécis à reporter leur voix sur Emmanuel Macron. "Un vote de soumission" au libéralisme en quelque sorte, comme l'a fort justement expliqué Emmanuel Todd lors de son passage sur "Arrêt sur images" (visible ICI)

Un chose est certaine, et pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur la ligne éditoriale de regardactu, nous reprenons à notre compte le slogan des organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires et UNL : "pas une voix ne doit se porter sur la candidate du Front national". Pour le reste, c'est aux électeurs à décider en conscience.

*Laurent berger n'a pas hésité à placer certains syndicats sous tutelle pour imposer la ligne confédérale.

Tag(s) : #Montluçon, #Le département

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