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À regardactu, on ne manque pas de mélomanes, d'artistes et de passionnés. C'est la raison pour laquelle nous essayons de réserver une place pour promouvoir les concerts, les expositions et les conférences, car ceux-ci mettent en valeur toutes les belles initiatives sur notre région et particulièrement sur Montluçon et ses alentours, puisque c'est là que nous avons l'essentiel de nos contributeurs.

Samedi 6 mai, l'association bel Canto (beau chant) organisait un concert lyrique et avait invité Guilhem Terrail, contre-ténor, accompagné au piano par Caroline Dubost.

Michel Beaune qui publie régulièrement des articles dans regardactu a aussi la passion de la musique et nous a fait parvenir un bien bel article sur ce concert (que vous pouvez retrouver ICI).

Mais ce jour-là, un autre contributeur de regardactu, Claude Lemoine, assistait également à ce concert et comme lui aussi est un passionné de musique, il nous a envoyé le petit billet qui suit pour nous narrer également cette soirée. Deux manières de voir, deux ressentis, pour mieux nous faire partager leurs émotions.

C'est à dessein que nous avons utilisé les mêmes illustrations pour les deux articles. Il faut dire que "les deux comparses" s'étaient entendus avant d'écrire leurs textes, sur le fait qu'ils partageraient les mêmes photos pour les illustrer.

 

Incroyable, c’est par cet adjectif que Guilhem Terrail, contre-ténor, qualifiait la Chapelle de la Croix Verte en préambule de son concert samedi soir veille d’élection.

 

Effectivement ce lieu de culte est tout sauf banal. L’entrée est un petit vestibule en contrebas derrière une magnifique porte en chêne dont il faut simplement tourner la poignée lourde sous la poussée. Et ensuite, on se trouve dans une nef très colorée, bordée de colonnes en fonte peintes d’une couleur bleue garnie de fleurs de lys dorées, colonnes fondues aux usines St Jacques.

 

Car malgré son style néo-gothique, cette chapelle a été construite entre 1862 et 1864.

 

Sur les murs, des fresques représentent la Cène, la Nativité, l’Annonciation.

 

Cette nef peut contenir une cinquantaine de personnes sur de superbes bancs en bois de chêne qui, malgré leur qualité, nécessitent d’apporter son petit coussin ou d’être bien rembourré du fondement.

 

Les collatéraux sont équipés de chaises plus confortables, et peuvent recevoir une quarantaine de personnes, mais la position de la double rangée de colonnes gêne un peu la vision.

 

C’est dans le milieu, au transept, que se placent les artistes des concerts qui y sont donnés.

 

Et il n’est pas nécessaire de se munir d’un système d’amplification, l’acoustique de la chapelle est excellente et ne génère pas d’écho comme dans les cathédrales.

 

C’est au milieu de ce superbe décor que Guilhem Terrail a commencé son tour de chant accompagné par la talentueuse pianiste Caroline Dubost.

 

 

Si l’accompagnatrice parait effacée dans le concert, elle n’en est pas moins indispensable ; chaque morceau serait bien plus plat sans l’un ou sans l’autre, et réciproquement, des interprètes, qui ont une cohésion et une complicité évidente.

 

Le concert s’est déroulé en trois parties, l’une italienne (Bellini, Tosti, Rossini), la deuxième allemande (Mozart, Schubert, Brahms) et la troisième française (Fauré et Duparc). La plupart de ces morceaux sont peu connus du grand public mais agréables à écouter.

 

Parce que le chanteur surprend dès les premières notes avec la hauteur de ce qu’il chante, des notes plus hautes que celles d’un ténor, à l’égal des mezzo-sopranos. On pourrait croire que cette particularité en fait une voix fragile, mais non : certain morceaux ont été terminés avec une puissance sonore, et néanmoins agréable, (pas assommante comme avec des D.J.) qui m’ont fait craindre pour les magnifiques vitraux de la chapelle. Le public conquis a fait comprendre au chanteur sa satisfaction par de puissants applaudissements nourris.

 

 

Mieux, son excellente diction permet d’entendre correctement les textes chantés, et ceci est une performance en lyrique où bien des interprètes sont incompréhensibles. Médiocre en langues étrangères, j’ai compris beaucoup de mots italiens et allemands.

 

Ce site intimiste permet un contact facile avec les artistes, et le chanteur n’a pas manqué de donner moult explications sur les morceaux interprétés et sur leurs auteurs, en expliquant par exemple que les situations de conflits entre l’Allemagne et la France entre 1870 et 1945 dressaient une barrière entre les auteurs de ces deux nations.

 

Parler de cette prestation pendant des heures est insuffisant pour comprendre ce qu’on ressent en écoutant Guilhem Terrail, voici un échantillon sur YouTube :


 

Guilhem Terrail a dû sacrifier au rite du rappel en bissant "Les Berceaux" de Fauré, que l’on peut écouter interprétée par Patricia Petibon ici :

L’association "Bel Canto", pilotée par Jacques Chambat, a fait très fort cette année, après avoir déjà organisé de très belles pages de musique les années précédentes. Merci à elle et à ses adhérents, qui permettent à des coûts abordables à de nombreux mélomanes d’oser le classique.

Claude Lemoine

Tag(s) : #Montluçon, #Culture-loisirs

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