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La feuille de route de la ministre de la Santé n'a rien de rassurant pour les usagers de la sécurité sociale. Clairement, notre système de santé est menacé, comme le souligne la CGT dans un communiqué argumenté envoyé à la presse.

Comme d'habitude, le discours du gouvernement est en totale contradiction avec les objectifs réels affichés. 15 milliards d'économies à réaliser en 5 ans, c'est du jamais-vu, et déjà certaines promesses comme par exemple la suppression de la taxe d'habitation censée compenser en partie la hausse de la CGC est en passe d'être abandonnée, alors que la hausse de la CSG elle-même reste toujours à l'ordre du jour.

Mais ce sont surtout les attaques contre la sécurité sociale, socle de notre système de santé qui est aujourd'hui menacé jusque dans ses fondements. C'est sur cette question que la CGT réaffirme sa volonté d'engager le rapport de force avec l'ensemble des forces qui sont hostiles à ce projet.

Ce serait un très mauvais calcul de la part du gouvernement de penser que le simple fait d'agir par ordonnance en plein cœur de l'été lui permettra de faire passer ses réformes sans encombre. La mobilisation ne serait-elle possible qu'à la rentrée, qu'elle resterait entièrement d'actualité. Les députés qui s'apprêtent à appuyer cette démarche n'en seront pas quittes pour autant.

 

Siège de la CGT à Montreuil

Ci-dessous le communiqué du bureau confédéral de la CGT à Montreuil :

 

Communiqué de la CGT à propos de la feuille de route du ministre de la santé.

Cette feuille de route entre dans le cadre du programme politique décidé par le président, ce qui ne rassure pas la CGT.

La ministre précise au début de sa feuille de route « mon action aura donc comme objectif de consolider la cohésion autour du bien commun qu’est notre système de santé ». C’est là une belle intention que partagerait la CGT si le reste du contenu ne venait pas en contradiction.
Alors que l’on nous parle de politique nationale, dans la continuité des politiques des gouvernements précédents, le renvoi sur quasiment tous les sujets, aux territoires, régions, ARS et autres groupements hospitaliers territoriaux va être accentué. Autrement dit, les mesures d’économies drastiques décidées par le gouvernement seront renvoyées dans leur mise en œuvre aux territoires ce qui ne pourra se traduire que par de nouvelles disparités, d’un territoire à l’autre en fonction de leur réalité économique et sociale, accentuant encore plus, pour certains, la désertification. Seuls victimes, les patients pour qui les difficultés d’accès aux soins, de prise en charge et d’accueil seront de fait aggravées.

15 milliards d’euros d’économie en 5 ans, c’est ce qui est annoncé. Là aussi, c’est en contradiction avec le contenu de la feuille de route dans laquelle il est indiqué un accroissement des inégalités, une baisse de l’accès aux soins, de la prise en charge et du suivi des patients et des carences avérées de l’action sociale. Une situation qui n’est que la résultante des politiques de réduction des coûts précédente.

La sécurité sociale « devra poursuivre sa modernisation […] en tirant tous les bénéfices de la transition numérique. » « Ces économies permettront de garantir une logique de proximité ». On sait où on en est aujourd’hui : les multiples réorganisations de la sécurité sociale ne se sont faites qu’à travers la réduction des effectifs et des services depuis plus de 10 ans, provoquant la fermeture de centaines de caisses en territoire et mettant en difficulté les usagers et les patients. Demain, avec ce qui est proposé, la proximité sera « numérique », autant dire virtuelle.

Sur la prévention en santé, il est indiqué entre deux virgules « la santé au travail » et rien de plus. C’est tant mieux car la santé au travail doit dépendre du ministère du travail. Là aussi on sait où l’on en est : la casse de la médecine du travail a produit ses effets.
Alors qu’il est prouvé qu’être en bonne santé dépend à 80% de nos conditions de vie, nos conditions de vie, elles, dépendent à 100% de nos conditions de travail. Pour la CGT, il est donc inacceptable que le gouvernement ne fasse pas une priorité de ce sujet et ne place pas la médecine du travail comme élément central dans les politiques de prévention, notamment en instaurant un service public de la médecine du travail intégré à la sécurité sociale.

D’autres sujets sont abordés dans la feuille de route : la famille, l’innovation, la retraite, etc. Là aussi, les ambitions affichées sont contradictoires. Comment répondre aux besoins, avoir une justice sociale quand on annonce une réduction des dépenses de 15 milliards ?

La CGT se mobilise pour une reconquête de la sécurité sociale, pour un droit à la protection sociale pour tous et dans toutes ses dimensions, pour une mise en sécurité sociale de chacun face aux aléas de la vie, pour un système solidaire et par répartition où chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. C’est cela « un système équitable et profitable à tous », comme le dit la ministre dans sa feuille de route mais il est vrai que l’on ne met pas tous la même chose derrière les mots.

Montreuil, le 29 juin 2017

Tag(s) : #Actualité sociale

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