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Nous entrons dans la dernière ligne droite avant le premier tour des législatives. Ces élections devraient être décisives pour savoir si le Président élu aura ou non les mains libres pour mettre en œuvre les dispositions contre le droit du travail réclamées à corps et à cri par la Commission européenne, Junker en tête. Aussi peut-on affirmer sans se tromper que cette élection déterminera de manière durable et radicale l'orientation de la société vers plus de justice sociale et la transition écologique indispensable pour la survie de l'homme et de la planète, ou plus de libéralisme et de destruction de notre environnement pour satisfaire aux appétits des actionnaires, jusqu'au jour où, comme le disait Géronimo, " l’homme ayant coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, se rendra compte que l’argent n’est pas comestible".

C'est dans ce contexte lourd de sens que la campagne s'achève sur notre circonscription, et on aurait pu espérer que le candidat de la France insoumise, Sylvain Bourdier rappelle cette simple évidence contenue dans le programme "l'avenir en commun".

Or, mercredi 7 juin, lors de l'ultime rassemblement organisé par ce dernier et ses soutiens, essentiellement issus du Parti communiste, rien de tout cela n'a été évoqué. Tout juste y a-t-il eu une rapide allusion au programme de la FI pour souligner (c'était le minimum) la cohérence de celui-ci et l'articulation des mesures entre elles, sans pour autant s'attarder sur les mesures les plus emblématiques, comme la transition écologique, la lutte contre la finance internationale, la protection des travailleurs et l'augmentation générale des salaires, l'égalité réelle hommes/femmes, l'aide aux migrants, le passage à une sixième république pour rénover la démocratie, l'indépendance de la France et la sortie des traités européens, pour ne prendre que les points les plus saillants du programme.

Au lieu de quoi, Sylvain Bourdier a préféré développer le sujet qui fut sa marotte durant les élections municipales de février-mars 2014, à savoir la création de Centres de santé sur la circonscription, une proposition totalement en décalage par rapport aux enjeux nationaux, surtout quand on sait que le rôle d'un député est de voter des lois dont la portée est considérable et bien différente des enjeux locaux.

Il est vrai, et cela se vérifie quand on aborde le sujet de la transition écologique, que beaucoup de militants du Parti communiste qui ne soutiennent que du bout des lèvres la candidature de l'insoumis de la dernière heure (Sylvain Bourdier n'a signé la charte que très tardivement) sont opposés aux fermetures des centrales nucléaires, ce qui remet fondamentalement en cause les engagements de la France insoumise qui a aussi battit son programme "l'avenir en commun" autour de ce changement de paradigme.

Dès lors, on peut comprendre que le candidat multi-cartes (FI, Front de Gauche, Ensemble, PC, Front populaire2017 etc..) qui prétend représenter la FI sur la seconde circonscription de l'Allier soit obligé de composer avant tout avec le seul partenaire qui pèse réellement, c'est-à-dire avec le Parti communiste de l'Allier, dont les militants constituaient le gros des troupes lors de cette ultime réunion de plein air (Ensemble ne représente au mieux que 3 ou 4 adhérents sur l'Allier, le Front de gauche n'existe plus depuis plus de deux ans, le FrontPopulaire2017 n'est qu'un slogan, et les militants des groupes majoritaires de la FI se sont mis en retrait après que le binôme qu'ils avaient démocratiquement élus soit écarté par le comité national de la FI).

Du coup, le candidat a du mal à convaincre, et ce n'est pas sont slogan foireux "le Kangout du bonheur" qui peut combler le vide intersidéral de sa campagne en termes de contenu. Tout ceci explique en partie l'agressivité de certains de ses soutiens qui viennent parfois pourrir les commentaires de regardactu sans jamais argumenter sur le fond.

Les principaux adversaires de Sylvain Bourdier ne font pas mieux. Question clientélisme, ils s'y connaissent aussi. Si l'on regarde du côté du Maire de Montluçon par exemple, on ne risque pas d'avoir beaucoup d'information à propos du programme qu'il souhaite défendre. Tout juste croit-on comprendre que ce dernier jouera le rôle d'un lobbyiste pour obtenir quelques miettes pour notre ville. On peut s'attendre par ailleurs à ce qu'il ne remette rien en cause à propos de la casse sociale que préparent le gouvernement d'Edward Philippe avec notamment le deuxième étage de la fusée portant sur la loi Travail. Après tout, les réformes concoctées directement à partir de l'Élysée ne sont pas très éloignées de ses convictions profondes. Par exemple "libérer les forces de l'entreprise" en diminuant les droits des travailleurs et blablabla...

De son côté, Nicolas Brien continue sa campagne de récupération tous azimuts. Récupération des maigres avancées ici et là, mais aussi récupération des étiquettes politiques pour ratisser au maximum les voix des indécis. Le dernier meeting de ce candidat, lui aussi multi-cartes avait lieu aussi le 7 juin et la seule chose que ce dernier a trouvée pour marquer une soi-disant différence est qu'il appartiendrait au "centre-gauche" alors que sa concurrente directe de la République en marche serait plutôt du "centre droit". Une nouvelle que les adhérents du Parti socialiste seront ravis d'apprendre de la part de celui qui est encore leur secrétaire jusqu'à plus ample informé, mais a reconnu publiquement avoir voté pour Emmanuel Macron dès le premier tour. À l'aune de cet aveu, on se demande d'ailleurs comment il a pu se maintenir à son poste de secrétaire du PS de l'Allier après avoir trahi à ce point ses "camarades". Décidément, le Parti socialiste n'en a plus pour longtemps à vivre.

Dans ce magma informe de combines politiciennes, la candidature de Philippe Buvat se détache légèrement, même si les écologistes ne se sont pas montrés sous leur meilleur jour au niveau national, en renonçant à la candidature de Yannick Jadot pour un plat de lentilles, avec du coup la perspective de se ramasser dans de nombreuses circonscriptions compte tenue de la descente aux enfers du PS. Du moins localement, le candidat écologiste et sa suppléante tentent-ils d'avoir un discours plus ferme. Par exemple à propos de la transition écologique qu'ils appellent de leurs vœux avec de nombreuses créations d'emplois à la clé, ce que défend aussi le programme de la FI. En réaffirmant aussi de manière claire que le rôle du député est de voter des lois qui s'appliquent ensuite à tout le territoire et non de courir les ministères dans le but d'obtenir des faveurs pour sa propre circonscription sans aucune considération du déséquilibre que cela pourrait engendrer pour le reste du territoire.

Rien que cela mérite que l'on prenne en considération la candidature de ce binôme, dont certaines revendications ne sont pas si éloignées de celles de la FI. En tout cas, c'est une réflexion que certains pourraient avoir au moment décisif du vote.  Et c'est cela, qui nous fait dire aussi, que l'on n'est peut-être pas au bout de nos surprises quand viendra le moment du dépouillement au soir du premier tour.

Philippe Soulié

Tag(s) : #Montluçon

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