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C'est la quatrième défaite consécutive pour le Maire de Montluçon, et pour tout dire, il a du mal à encaisser le coup si l'on en croit ses premières déclarations aux médias à l'affût de sa réaction, après l'élection de Laurence Vanceunebrock-Mialon. Le Maire reconnaît que désormais "son avenir se trouve derrière lui", peut être pour préparer ses fidèles partisans à l'éventualité d'une retraite anticipée.

Mais pour les personnes les plus modestes, que ce soit, Daniel Dugléry ou Laurence Vancenebrock-Mialon qui soient élus, ne change pas grand chose à l'affaire. Les deux sont sur une ligne libérale et approuvent pour l'essentiel le principe des contre-réformes sociales. C'est d'ailleurs pourquoi beaucoup d'électeurs ne se sont pas déplacés ce dimanche, car ils sentent bien, que quoi qu'il arrive, leur sort est déjà scellé. Ce sont eux qui vont maintenant payer l'addition. Dans ces conditions, les lecteurs de regardactu comprendront pourquoi nous n'adressons pas nos félicitations "républicaines" (sic) à la candidate d'En Marche pour son élection comme le font certains élus de gauche en recherche de respectabilité. Assez d'hypocrisie "républicaine".

Le seul contre pouvoir est désormais dans la rue. Les salariés, les chômeurs et les retraités modestes savent qu'ils sont dans le collimateur du gouvernement d'Eduard Philippe. D'ailleurs, l'intégration des dispositions prévues par l'état d'urgence dans le droit commun a pour objectif principal de les museler en cas de contestation, y compris en mettant en action la machine répressive, comme ce fut le cas avec la loi travail.

Aussi, la première semaine d'action contre la loi Travail puissance 10 organisée par les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires et l'UNL sur l'Allier aura valeur de test. Réussiront-ils à mobiliser au-delà de leur camp ? C'est la question principale qui permettra de tester la capacité de résistance dans le pays, face à un pouvoir qui n'a guère obtenu que 12 ou 13% des suffrages par rapport aux électeurs inscrits sur les listes.

Jusqu'ici, pour la Commission européenne, tout se passe comme prévu. La Grèce était un terrain d'expérimentation de la casse des droits collectifs, mais en réalité c'est la France et son régime social issu du Conseil national de la résistance qui était surtout visé. C'est tout l'enjeu des luttes qui se sont engagées depuis la première contre réforme majeure des retraites en 2010, (année de création de ce site, justement pendant les grandes manifestations) et se prolonge depuis par étapes successives de plus en plus rapprochées, de plus en plus violentes, jusqu'à celles contre le code du travail.

Face au pouvoir des banquiers et des multinationales, maintenant directement aux commandes grâce au système politique biaisé de la Vem république, on ne peut plus tergiverser et faire croire que l'on adhère aux rites obligés de la soi-disant démocratie représentative, laquelle ne représente en réalité que les couches les plus aisées de la société. Il suffit pour s'en convaincre de regarder la composition de l'Assemblée nationale.

Alors osons le dire, cette assemblée issue du scrutin, entièrement faussée par le système majoritaire, n'a qu'une légitimité juridique, mais aucune légitimité démocratique. Et comme la Cinquième République n'est pas une émanation du peuple, elle est doublement illégitime. La seule légitimité, ce sera celle dont le peuple se dotera par lui-même en écrivant sa propre constitution dans laquelle figurera le contrôle des mandats et la révocabilité des élus.

Et puisque le peuple est réduit au silence dans les urnes, il faudra bien que les citoyens trouvent une autre voie pour se faire entendre, y compris par des actions d'ampleur et paralysantes pour l'économie si cela s'avère être la seule solution pour mettre un terme à leurs souffrances et à leur domination.


Nous entrons dans une période d'incertitude et de fortes turbulences et nous le devons à la rapacité sans limite des 2% qui se partagent plus de la moitié des richesses mondiales, pillent les États et saccagent la planète. C'est dire que nous n'avons pas d'autre choix que de nous dresser pour les empêcher de tout détruire. Où alors, on est mal !

Philippe Soulié

 

Nota : Illustration Didier Ciancia, tous droits réservés

Tag(s) : #Montluçon, #Billet d'humeur

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