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L'Union syndicale Solidaires tenait son 7em congrès national à St Brieuc du 12 au 16 juin. Erwan Charny porte parole de Solidaires Allier faisait partie de lé délégation auvergnate qui s'y est rendu. Il a accepté de nous en faire un compte-rendu et nous ramener quelques clichés.

Au niveau local, Solidaires (qui rassemble entre autres les syndicats SUD) est très impliqué dans l'interpro et participe largement aux initiatives aux côtés des autres syndicats opposés aux contre réforme sociales, comme par exemple la loi travail, le recul des droits de départ à la retraites et bien d'autres contre réformes qu'il serait trop long d'énumérer ici.

Les congrès sont des moments importants de la vie démocratique des syndicats. Ce sont des instants privilégiés d'échange, mais aussi de réflexion pour élaborer les stratégies de luttes et de résistance. Erwan Charny nous dévoile le contenu de ces débats et les grands axes revendicatifs mis en avant durant ces 5 jours.

 

7ème congrès de l’Union syndicale Solidaires

Un congrès pour renforcer le syndicalisme de lutte et préparer la riposte sociale.

Le congrès national de l’Union syndicale Solidaires vient de se dérouler à Saint Brieuc (Côte d’Armor) du 12 au 16 juin. Ce sont un peu plus de 400 congressistes, représentant leur syndicat ou leur union syndicale Solidaires départementale qui se sont rassemblé-es à cette occasion.

Commençons par la fin

Dans sa motion d’actualité de fin de congrès l’Union syndicale Solidaires rappelle l’urgence de se mobiliser face à l’urgence sociale :

« Lors du conflit sur la loi travail, des ponts se sont créés entre les luttes, aussi avec ceux et celles qui n’ont pas de syndicats ou s’en défient. D’autres mobilisations (8 mars journée internationale pour les droits des femmes, 19 mars, marche de la dignité, lutte contre l’extrême droite) ont démontré la pertinence de ces cadres élargis de lutte.

Il faut continuer, de la manière la plus unitaire possible, et en ouverture avec ceux et celles qui luttent pour une réelle transformation sociale, écologique, féministe. Nous devons mettre notre outil syndical au service de ces constructions et dans le même temps nous devons aussi collectivement construire et porter ensemble cet outil.


Dans l’immédiat l’Union syndicale Solidaires appelle :


• à porter partout, dans nos entreprises et administrations les analyses des « contre-réformes » à venir,


• à construire et participer aux initiatives intersyndicales locales et nationales,


• à construire la convergence des luttes, pour un syndicalisme de lutte et de transformation sociale et dans le respect des valeurs que nous portons et à soutenir les luttes engagées dans les différents secteurs,


• à engager sans attendre la bataille pour le code du travail en :
manifestant le 19 juin dans de nombreuses villes à l’appel des intersyndicales et des collectifs locaux du front social,


aidant à la coordination de l’activité des fédérations et solidaires locaux impliqués dans les différents collectifs engagés dans la lutte,


• préparant les conditions d’un mouvement d’ampleur prenant appui sur une multiplicité d’initiatives tout au long de l’été pour harceler le gouvernement. Dans ce cadre nous appelons à manifester massivement le 30 août à Jouy-en-Josas contre l’université d’été du MEDEF ,


• en proposant de nouvelles initiatives dans le cadre le plus unitaire possible dés le début septembre en construisant un mouvement fort appuyé sur une grève large, unitaire et intersyndicale. »

 

Lors de la soirée d’ouverture

Table ronde autour de la lutte menée par des ex salariés de triskalia, rendus malades par les pesticides.

On apprend comment des salariés avec l’Union syndicale Solidaires fédèrent des luttes mêlant écologie et conditions de travail avec des associations environnementales, ATTAC, la confédération paysanne, et, qu'ensemble, en se mobilisant, on gagne pour nos droits, notre dignité.

Les salariés de Triskalia ovationnés par le congrès

 

Et une petite vidéo pour mieux comprendre :

https://solidaires.org/Justice-pour-les-victimes-de-pesticides-de-Triskalia
 

Travail autour de trois résolutions

C’est trois textes ont permis de réfléchir collectivement et de manière interprofessionnelle en amont et pendant le congrès.

Le travail sur les amendements a donné lieu à des débats riches. Il y a évidemment des moments de « pinaillage sur la virgule bourgeoise », mais il y a surtout eu beaucoup de respect des avis exprimés et de pertinence dans les réflexions.

De ce point de vue, ce fut une réussite pour un syndicat qui cherche à mettre en œuvre des pratiques pour un fonctionnement démocratique. Cette ambiance de travail sereine et exigeante a permis la prise en compte de la majorité des amendements après discussions et réécriture.

Cette recherche du consensus, qui est un des éléments importants pour la démocratie au sein de l’Union syndicale Solidaires, a correctement fonctionné. Ainsi les textes finaux ont pu être adoptés avec de larges majorités supérieures à 90% et seront donc plus facilement mis en œuvre.

Cette unité montre et favorisera la volonté de se mobiliser ensemble et rapidement.

Sur les trois sujets, il est évidemment impossible d’être exhaustifs.

1 - Pour la transformation sociale, nos luttes sont nécessairement internationales

Les thèmes abordés ont permis de réaffirmer des principes fondamentaux à la lecture des évolutions du monde. Ont donc été réaffirmés dans le contexte de reculs des droits, de montées des extrémismes de droites et religieux et d’imposition d’austérité en France, en Europe et dans le monde, le besoin de lutter dans notre champ syndical et au-delà.

A savoir contre le racisme, pour le droit à l’avortement, pour les libertés, contre les guerres et le militarisme et pour la paix entre les peuples, pour l’égalité femme/homme, pour la défense de l’environnement, contre le nucléaire, pour les personnes handicapées, contre le dumping et la fraude fiscal, contre les traités internationaux comme TAFTA, contre le pouvoir des multinationales qui exploitent ici et détruisent là-bas, pour le partage des richesses.

Tout ces positions montrent la volonté de transformer la société et donc de réfléchir à la suite. Un débat a commencé et se poursuivra pour défendre des revendications d’autogestion et de socialisation.

On voit ici la référence à la charte d’Amiens : défendre maintenant les intérêts des travailleurs-euses et mettre en perspective la réappropriation de notre travail et de nos vie.

 

2 - Pour répondre syndicalement aux évolutions du travail

Ce texte a permis d’approfondir nos positions sur les nouvelles formes de travail qui génèrent toujours plus de précarité et toujours moins de droits.

Avec Uber, l’auto-entreprenariat, la sous-traitance ou encore des usages du numériques qui montrent la libéralisation en marche, il est important pour Solidaires de pouvoir accompagner, soutenir et permettre aux plus précaires de s’organiser et de défendre leurs intérêts.

3 - Pour la construction de notre outil syndical

Maintenant que l’Union syndicale Solidaires a dépassé les 100 000 adhérent-es, que de nouveaux syndicats ont été renforcés et créés et que chaque département a des Unions constituées, notre construction était à discuter pour renforcer le syndicalisme de lutte, démocratique et de transformation sociale que nous portons.

Pour cela :

• le secrétariat national sera renforcé en nombre et doit changer de locaux (devenus beaucoup trop étroits)

• les Solidaires départementaux le seront également humainement et financièrement.

• le centre de formation continuera sont travail et proposera d’avantage de stage.

Débat sur l’actualité :

Pour les Libertés publiques et le Progrès social, l’opposition se sera nous.

Le congrès ne pouvait pas faire l’impasse sur la situation politique du pays qui arrive aux termes d’une longue séquence électorale.

Un débat libre a pu faire émerger des pistes reprises dans la motion d’actualité du congrès : construire des formations et du matériel interprofessionnels pour informer, convaincre et mobiliser contre les réformes à venir suite à l’élection de Macron. Elles représentent une dangereuse accélération libérale pour le monde du travail, les salarié-es, chômeurs-euses et retraité-es : loi travail n°2 version XXL, sécurité sociale, retraites, services publics, etc.

Nous avons à démontrer que la modernité et le progrès c’est nous et pas Macron.

Pour cela nous avons à passer à l’offensive rapidement, dès le mois de juin, en cherchant des cadres mobilisateurs. Cela est nécessaire pour mobiliser durant l’été et permettre une mobilisation nationale, par la grève et des manifestation début septembre.

Nous aurons dans le même temps à ne pas laisser entrer l’état d’urgence dans le droit commun.

Cela constituerait le filet sécuritaire du gouvernement : s’attaquer aux libertés publiques pour nous empêcher de manifester.

 

Et encore…de nombreux invités

Plusieurs invités ont pris la parole au cours du congrès :

• des camarades étrangers du Brésil, d’Iran, de Tunisie de Turquie,

• des camarades d’autres syndicats et d’associations partenaires : CGT, CNT-SO, LAB du Pays Basque, STC de Corses, CDTM de la Martinique, MNCP (mouvement national des chômeurs et précaires, associations féministes et de défense de l’environnement, ATTAC, collectif STOP TAFTA.

La FSU et l’UNSA étaient aussi présentes. Seul la CFDT et FO n’ont pas répondu à l’invitation.

Et de nombreuses motions d’actualités adoptées

Sur des thèmes comme la répression antisyndicale et les suicide militant-es, le système bancaire, la casse de l’hôpital public et du code du travail, pour la défense des services publics.

Elles seront en ligne prochainement sur www.solidaires.org

Erwan Charny, représentant de l’Union syndicale Solidaires Allier à ce congrès.

Plus d'infos :

article paru dans Médiapart ICI ou en doc attachée ci-dessous pour ceux qui ne sont pas abonnés à ce média :

Tag(s) : #Actualité sociale

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