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La deuxième partie de l'assemblée générale de l'association Henry Pézerat était consacrée à la diffusion du film "Notre plomb quotidien", suivi d'un débat. Michel était présent et nous en parle.

Il est incontestable que cette première journée consacrée pour une grande partie aux intoxications par le plomb (même si d'autres nuisances ont aussi été évoquées), contribuera à relancer le débat sur la question de la prévention des risques en entreprise, et bien sûr à Montluçon avec l'affaire d'Environnement Recycling, notamment en termes de contrôle et de surveillance des dispositifs de prévention.

La bataille juridique qui s'annonce avec la mise en examen du secrétaire de l'Union départementale de la CGT de l'Allier pour "diffamation" devrait nous éclairer sur les intentions de la justice par rapport à un dossier qui comporte des zones d'ombre sur la prise en charge et la surveillance de la santé de celles et ceux qui travaillent dans cette entreprise.

 

À l’occasion de l’Assemblée Générale annuelle de l’Association Henri Pézerat qui s’est tenue les 9 et 10 juin dans les locaux de l’UD CGT à Montluçon, une conférence-débat était organisée le 1er jour à 18h dans un amphithéâtre de l’IUT. Elle était animée par Patrick Mony, Président de l’Association Française des Victimes du Saturnisme (www.afvs.net). Ont apporté également des éclairages Annie Thébaud-Mony, Présidente de l’Association Henri Pézerat et Me François Lafforgue, du cabinet Teysonnière, groupement d’avocats qui défend notamment les victimes de l’amiante.

Conférence/débat organisée dans l'amphithéâtre de l'IUT

 

Un film intitulé « Notre plomb quotidien » a permis de mieux comprendre la réalité de la toxicité du plomb et de mesurer les dégâts qu’il engendre parmi les populations les plus défavorisées, en particulier dans les grandes villes. Notre plomb quotidien et a constitué un prélude au débat.

Le film

Un autre film intitulé « Du plomb dans la tête » est disponible (www.afvs.net/du-plomb-dans-la-tete/) et apporte des éclairages complémentaires mais aussi des moments de réelle émotion.

Le plomb, absorbé sous forme de poussière ou par ingestion, a des effets très toxiques sur le cerveau, les reins, le cœur, les capacités de reproduction. Il est particulièrement nocif chez les enfants et est la cause de troubles du comportement et affecte les capacités cognitives. Le chiffre de 85 000 enfants contaminés par le plomb est avancé. Des seuils d’intoxication ont été établis, par exemple 50 µg/litre de sang en 2015. Cependant, Annie Thébaud-Mony considère qu’il n’y a pas de risque faible. Une fois que le taux de plombémie dans le sang est établi, un traitement peut être engagé pour en extraire une bonne partie, mais le plomb, comme d’autres métaux lourds, a la caractéristique de se stocker dans les os pendant parfois plusieurs décennies pour être relargué ensuite dans le sang.

Patrick Mony

 

Par ailleurs, les femmes enceintes qui ont du plomb dans le sang le communiquent facilement au fœtus, la paroi placentaire n’exerçant pas un rôle de barrière. En faisant référence à la réunion de l’après-midi qui concernait les problèmes à Environnement-Recycling, il a été confirmé que l’absorption de plomb dans les foyers pouvait provenir des habits souillés par des poussières de plomb quand des salariés rentraient chez eux avec leurs vêtements utilisés au travail.

La pollution subie par les familles découle très souvent de la vétusté des appartements, en particulier dans les métropoles (Paris, Marseille…). Mais on peut penser que dans des villes comme Montluçon ce problème existe. Le plomb a été de tous temps utilisé dans les peintures murales et les tuyauteries. On en rencontre également dans les poteries. Sur ce dernier point, il est à noter que les poteries industrielles qui sont chauffées à de très hautes températures subissent de fait une vitrification qui supprime le risque de pollution au plomb, ce qui n’est pas le cas de poteries artisanales utilisées parfois par certaines ménagères.

De gauche à droite, Patrick Mony, Annie Thébaud-Mony, Me Francois Lafforgue

 

Les propriétaires et les bailleurs ont, de part la loi, obligation à ce que les locataires ne puissent pas être exposés au plomb, mais en France la réglementation n’est pas assez respectée. Ce sont les familles les plus défavorisées qui subissent les préjudices de l’intoxication au plomb. L’AFVS mène depuis des années un admirable combat pour faire reconnaître ces préjudices et obtient ainsi, notamment en Justice, des réparations pour les victimes, mais ses dirigeants regrettent qu’on n’avance pas beaucoup en matière de rénovation des appartements.

On voit bien que le saturnisme est réellement un fléau social dont l’éradication passe par un certain nombre de mesures fermes, notamment en matière de politique de logement mais aussi de politique sanitaire. Ce sont les catégories les plus défavorisées qui sont, dans ce domaine comme dans d’autres, les plus touchées. Regardactu tire un coup de chapeau à l’AFVS qui, par son action, apporte secours, réconfort, assistance à des centaines de familles qui peuvent ainsi obtenir des réparations et parfois des relogements. En France, le mouvement associatif joue un rôle considérable pour pallier les manques importants dans ce qui devrait être prise en charge par la Puissance Publique.

Photo prise à l'exposition sur les poisons au musée des Confluences de Lyon

Tag(s) : #Montluçon, #Actualité sociale

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