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C'est une longue interview que Laurence Vanceunebrock-Mialon a accordé à regardactu le mercredi 16 août. 1h 27, c'est le temps qu'a duré cet entretien. Il faut dire que les questions posées par les lecteurs étaient nombreuses. Surtout, elles portaient sur les premières dispositions prises par le gouvernement appuyé par une forte majorité à l'Assemblée nationale.

Depuis qu'elle a été élue députée, c'est le premier entretien qu'elle accorde à un média. Le fait que Laurence Vanceunebrock-Mialon ait choisi regardactu pour s'exprimer aussi longuement n'est peut-être pas un hasard, car nous nous avions fait le choix de ne pas nous associer de manière inconsidérée aux critiques qui lui étaient adressées à propos de sa participation aux commissions, ainsi que sa présence en Hémicycle, pour la raison simple, que là ne nous paraissait pas l'urgence du moment, d'autant que les informations données par certains grands médias n'avaient pas été vérifiées comme c'est normalement l'usage dans la profession, ce qui constitue une faute professionnelle indéniable.

Les questions de regardactu portaient sur les positionnements de la députée d'En Marche sur les différents textes et amendements votés ou rejetés lors de la session extraordinaire menée au pas de charge par un gouvernement visiblement pressé de satisfaire les exigences de l'Union Européenne et les milieux financiers. Ce sont donc des questions de fond qui intéressent d'autant plus les lecteurs de regardactu, que ceux-ci ont largement pesé pour que ce soit le cas (voir les commentaires qui ont été depuis publiés).

Compte tenu de la longueur de l'interview, nous avions pensé dans un premier temps, sélectionner les meilleurs extraits portant sur les sujets les plus importants. Mais très vite, cette manière de procéder a montré toutes ses limites. D'abord, parce que les sujets abordés étaient tous importants, ensuite parce que le contenu de l'interview en aurait été certainement amoindri.

Restait une solution pour traiter cette vidéo. À chaque étape, indiquer le sujet abordé et/ou la question posée. C'est cette solution que nous avons finalement choisi de mettre en œuvre afin de permettre à chacun de tirer le meilleur parti de la lecture de la bande-vidéo.

Les séquences vidéo :

Début jusqu'à 0H 15'34" Mise au point de la députée à propos de sa présence à l'assemblée nationale.

15'34" : Laurence Vanceunebrock-Mialon explique qu'elle n'est pas toujours d'accord avec le gouvernement, notamment à propos du seuil de revenus des retraités à partir duquel on augmente la CSG.

18'17" : Question à propos de suppressions de 120 000 emplois dans la fonction publique. Dans cet extrait, la députée reconnaît que dans certains secteurs de la fonction publique, on est déjà à l'os, et donc, il ne sera pas possible d'aller plus loin. Notamment, à l'hôpital de Montluçon, la situation l'inquiète au plus haut point.

21'22" : Question à propos de la CSG. Laurence Vanceunebrock-Mialon estime nécessaire de prendre des contact avec les partenaires sociaux, pour discuter du niveau de revenu à partir duquel, il devient pertinent d'augmenter ce type de prélèvement. Pour autant, elle ne remet pas en cause le principe même de ce prélèvement, alors que d'autres pistes auraient pu être explorées, comme par exemple la chasse aux évadés fiscaux, ou bien encore la taxation des revenus financiers qui ont pourtant explosés ces derniers temps. Pour autant, elle n'est pas fermée aux arguments qu développent les militants de la France Insoumise (24'10") qu'elle dit respecter pour la cohérence de leur programme.

26'06" : À propos du statut de "la première dame" et des moyens qui lui sont accordés.

29'54" : À propos de la présence de fonctionnaires dans des sociétés anonymes.

32'15" : Dans quel courant de pensée se situe la députée. A droite, au centre, à gauche ? Une question pas simple pour quelqu'un qui ne s'est pas déterminé réellement politiquement. Du coup, elle pense, semble-t-il en toute-bonne fois, qu'il suffit d'alimenter sa réflexion à la source de ces différents courants de pensée pour trouver les bonnes solutions aux problèmes de société. Probable qu'elle déchantera lorsqu'elle comprendra que la lutte des classes n'est pas seulement une vue de l'esprit, même si Emmanuel Macron laisse croire que de tels clivages n'existent pas, et prétend agir pour l'intérêt de tous, alors qu'il a été élu avec l'appui des plus riches.

33'11" : À propos de la réouverture de la carrière à Archignat, il se pourrait bien que les militants de stopMineCarrière soient déçus, car on voit mal la députée s'opposer à ce projet, d'autant plus que le Préfet lui aurait indiqué que les quantités de granulats transportés par la route seraient 6 fois moins importants qu'initialement prévu. Il reste cependant que les dégâts sur l'environnement resteraient considérables en terme de pollution et de nuisances pour les riverains. La députée s'en remet à l'avis du tribunal administratif qui a été saisi sur ce sujet.

39'50 : Prochain lieu de la permanence de la députée. Un local a été trouvé. Il se situe au 5 rue des Forges au premier étage, mais il ne sera ouvert qu'à partir de la mi-septembre. Deux collaborateurs tiendront la permanence. La députée en a profité pour annoncer qu'elle avait aussi trouvé une collaboratrice sur Paris pour l'épauler dans son travail.

42'09": Question importante à propos des emplois aidés. A propos de cette décision, Laurence Vanceunebrock-Mialon pense que le gouvernement a pécher par excès de précipitation. Selon elle, il aurait fallu mûrir cette décision afin d'éviter les conséquences dramatiques dont la presse s'est faite l'écho. Mais dans l'ensemble, elle ne semble pas avoir elle-même une vision cohérente des problèmes posés. Nul doute que les échanges avec les organisations syndicales lui permettront d'y voir plus clair.

51'30" : L'annonce de la réduction des APL a aussi posé beaucoup de problèmes à un certain nombre de députés d'En Marche. "C'est une annonce qui leur est tombée sur le coin de la tête" pour reprendre l'expression de Laurence Vanceunebrock-Mialon. On devine qu'il y a du tangage dans le groupe parlementaire auquel elle appartient, et peut être même des avis divergents sur cette question clé. C'est sur des questions de cet ordre que se situent les marqueurs idéologiques qui font apparaître des fractures au sein même du groupe, comme Jean-Luc Mélenchon le soulignait avec justesse dans une de ses vidéos consacrées à l'activité parlementaire.

56'41" : La question de la desserte ferroviaire est incontestablement un sujet qui intéresse au plus haut point la nouvelle députée de la deuxième circonscription de l'Allier. Et pour cause, la situation sur Montluçon est tout simplement catastrophique. Elle-même se rend à Paris en voiture, faute de trains sur Paris. Sur ce dossier, la députée reconnaît qu'elle ne pourra pas s'appuyer sur les élus locaux, e tout cas, ceux qu'elle connaît, car ceux-ci n'ont montré que peu d'empressement à lui venir en aide. C'est du moins ce qu'elle affirme dans cette séquence. Par contre, elle rencontrera les acteurs sociaux, comme par exemple les animateurs du CODERAIL, afin de bénéficier de leur expertise en la matière pour faire avancer le dossier. Un point qui devrait rassurer les acteurs sociaux d'une manière générale, eux qui sont si souvent ignorés au moment des prises de décisions.

1h 01' 04" : Réduction des moyens dans la fonction publique. Comment mettre en place des politiques ambitieuses dans les zones rurales ? Sur cette question, Laurence Vanceunebock-Mialon ne remet pas en cause la nécessité de faire des économies. Mais elle pense que ces économies ne concerneront que les budgets de fonctionnement, alors que l'on voit bien que ce n'est absolument pas le cas avec les regroupement/fusions de services de l'Etat (écoles, hôpitaux, tribunaux, casernes etc.).

Alors qu'elle reconnaît elle-même qu'il s'agit d'opérer 13 milliards d'économies sur le budget de l'Etat, elle ne semble pas prendre la mesure d'une telle somme. Pour preuve, elle parle de la réduction du nombre de députés, alors que si une telle décision était prise, cela ne permettrait d'économiser qu'une somme infime et parfaitement dérisoire par rapport aux 13 milliards demandé par l'exécutif.

Les projets du gouvernement ne laissent d'ailleurs aucun doute à ce sujet. Réduction drastique des enveloppes aux collectivités territoriales, nouveaux plans de suppressions de tribunaux, d'écoles, d'hôpitaux de proximité sont dans les tiroirs et n'attendent que le feu vert du gouvernement pour être mis sur la table. Ce n'est qu'à ce prix que les 13 milliards pourront être obtenus, et pas simplement en s'attaquant aux dépenses de fonctionnement et au nombre des députés comme semble le penser "naïvement" l'élue. La rentrée risque donc d'être très dure pour Laurence Vanceunebrock-Mialon, car elle aura beaucoup de mal à expliquer sur le terrain cette politique qui va considérablement aggraver la désertification des territoires, déjà durement touchés par la crise et le chômage.

1h 09' 31" : "L'affaire" de l'enrichissement de la ministre du travail lorsqu'elle était DRH à Danone a également été posée par un internaute. 1 millions 113 000 €, c'est la somme encaissée par madame Muriel Pénicaud à la suite du plan de licenciement qu'elle a elle-même organisé. La députée n'est pas choquée par cette situation et s'en explique.

Ce qui n'est pas fait pour nous rassurer, c'est qu'elle s'imagine que les licenciements font baisser l'action des entreprises qui y ont recours, alors que c'est précisément l'inverse qui se produit. On constate malheureusement que la connaissance des effets boursiers ne fait pas partie des points forts de la nouvelle députée.

1h 12' 48" : Enfin dernière question à propos de la possibilité de révoquer les élus en cours de mandat et l'obligation d'avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter. La députée n'y est pas favorable et semble penser qu'un élu condamné par la justice perd automatiquement son mandat, ce qui n'est pas le cas. Quant au casier judiciaire vierge, elle reprend l'argument de Jean-Luc Mélenchon qui n'y est pas favorable, car cela empêcherait les syndicalistes condamnés en raison du combat qu'ils ont mené contre les injustices sociales, de se présenter par la suite aux élections. Pourtant Laurence Vanceunebrock-Mailon est attachée à l'exemplarité lorsqu'il s'agit des élus, et elle le dit pour clore ce chapitre.

1h 17' 55" : C'est le moment de la conclusion avec la proposition de débat public des insoumis Montluçon/Cpmmentry, à propos de la loi d'habilitation à légiférer par ordonnances sur la législation du Travail. La député d'En Marche n'y est pas opposée à condition que d'autres acteurs soient également invités pour ce débat? Cela tombe bien, puisque c'est précisément ce que propose les insoumis.

Globalement, Laurence Vanceunebrock-Mialon n'a pas cherché à se dérober comme le font souvent les politiques en pratiquant la langue de bois autant que nécessaire. Gageons aussi que le fait qu'elle n'ait que peu d'expérience dans le domaine des affaires publiques lui permettra d'être plus attentive aux interventions des acteurs sociaux, et surtout que son côté gauche qu'elle a évoqué se développe au détriment de son côté droit, pour plus de justice sociale et la préservation de notre environnement.

 

Tag(s) : #Montluçon

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