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La période estivale est animée dans notre région d’une multitude d’initiatives culturelles, occasions pour les autochtones qui ne partent pas en vacances en été de se distraire et se cultiver, et pour les visiteurs de s’attacher aux charmes du Bourbonnais qui n’en manque pas.

Pour la musique classique, on pense à Chateloy, à Pionsat, à « Oser le Classique », par exemple. Pour le jazz, « Jazz au Fil du Cher », entre autres. Pour la musique de variété, le choix est large, avec notamment le Festival de la chanson française à Montluçon fin août.

Pour le théâtre, il y a eu récemment « Remp’arts » dans le Val de Cher, il y aura fin août « Un été dans mon village » à Teillet-Argenty, et « Hérisson en fête » début août.

Ces différents moments culturels sont l’œuvre de professionnels mais aussi de bénévoles sans lesquels ils ne pourraient exister. Ils peuvent se dérouler à partir d’une construction budgétaire
parfois compliquée qui inclut le soutien financier des collectivités locales et régionales. On se
souvient que le Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes a réduit de manière considérable le
financement de ces festivals et des troupes ce qui a conduit à la disparition d’un certain nombre
d’entre-eux avec le licenciement d’environ 1 000 personnes en Région AuRA. (voir article du 10
octobre 2016 de regardactu, notamment
).

 

Le symbole du festival "Hérisson en fête"

« Hérisson en fête », qui se déroule sur 3 jours, est organisé par le « Footsbarn Théâtre », troupe installée depuis plusieurs décennies à Maillet, et dont les fondateurs et membres actuels sont pour la plupart originaires d’Outre-Manche. Le Footsbarn sillonne les routes de France et du Monde depuis de nombreuses années et propose un théâtre populaire qui cependant n’en rabat pas au plan des exigences culturelles et artistiques. La richesse des textes de Molière et Shakespeare, par exemple, est complètement respectée et les œuvres présentées sont comme revivifiées par des jeux qui font souvent penser à la comedia del arte.

 

Hérisson en fête, une occasion pour rire et se cultiver

Théâtre, donc, à Hérisson, mais aussi musique, expositions, spectacle équestre, parade et
restauration. Tout pour passer de bons moments dans la convivialité au bord de l’Aumance dans un village dont on connaît le charme et l’architecture médiévale.

Les acteurs du Footsbarn se produisent mais invitent aussi des comédiens, notamment d’autres
troupes de la région comme celle du P’tit Bastringue de Cosne-d’Allier, Attrape-Sourire de Teillet-Argenty.

Fait Divers, par la Compagnie Le P’tit Bastringue Vendredi soir, la petite scène de l’Arène, au bord de l’Aumance, était laissée à la disposition de Michel Durantin, Directeur du Petit Bastringue et comédien et de Barbara Kilian, comédienne de la troupe Attrape-Sourire. Un spectacle de lecture comme il était annoncé. Au premier abord, cette forme peut interpeller. On se dit qu’on est venu au théâtre avant tout. Or, au bout de quelques minutes seulement, on oublie complètement que les comédiens lisent un texte car leur jeu est encore plus naturel, expressif, convaincant, dans lequel la gestuelle a une place importante.

 

"Fait divers" avec Babara Kilian et Michel Durantin

« Fait divers »est une suite de 3 textes écrits par Marie Méténier, jeune auteure de la région. Ce
spectacle est présenté comme 3 destins, ceux de personnages très différents les uns des autres. Le premier est l’histoire du fils du dernier bourreau qui a officié en France. Grâce à des flash-back, la vie des bourreaux à travers les siècles précédents est évoquée, la période de la Révolution Française avec la guillotine pas oubliée, et le texte se termine par une allusion on ne peut plus claire aux exécutions perpétrées par Daesh. Cette fin peut laisser perplexe et même mal à l’aise.

Le deuxième texte conte une part de vie d’un timide de 40 ans qui subit l’emprise de sa mère, le
mépris de ses collègues de travail, un célibat forcé par sa timidité maladive. On verra par la suite comment il va tenter de s’en sortir. Le travail des comédiens donne un souffle puissant au texte, entrecoupé par de brefs moments de hard-rock car le timide est fan de AC/DC, ce qui donne une vigueur supplémentaire au spectacle. Tout cela est émouvant du début à la fin, mais quelques spectateurs voient cela d’une autre manière, et quelques rires gras et mal à propos fusent assez souvent, ce qui n’empêche pas toutefois les autres spectateurs d’apprécier la pièce. Mais le spectacle vivant est pour tout le monde, et finalement chacun le reçoit comme il veut.

Le troisième texte est l’histoire d’une femme d’un certain âge qui n’a pas pu trouver l’âme sœur. Une occasion pour elle de « s’éclater » va se présenter qui va malheureusement mal finir, en l’occurrence à l’hôpital psychiatrique. Cependant, la toute fin de la pièce, en forme de clin d’œil, sera plus optimiste, ce qui est tout de même assez bien pour clôturer la soirée. On a senti une grande complicité entre les deux comédiens qui possèdent un très grand talent.

Le texte semblait écrit pour eux, tellement ils y entraient avec une grande conviction. Mais la proximité géographique avec l’auteure n’y est peut-être pas étrangère…

Hérisson n’engendre pas la mélancolie

Hérisson en fête. Qui dit fête dit aussi rire. Les deux spectacles du samedi soir 5 août ont été de
bons moments de bonheur et de rire. « Marcel, Marcelle », par la compagnie La Volga : c’est un spectacle uniquement visuel. De quoi s’agit-il ? Deux éclopés, qu’on imagine avoir eu chacun un accident sérieux, sont en séjour en milieu hospitalier durant lequel ils ont décidé de se marier. Mais la cérémonie va s’avérer assez compliquée, notamment l’échange des alliances, le baiser des mariés…bref, pendant 20 minutes on assiste aux efforts des futurs époux coincés qui par son plâtre et son fauteuil roulant, qui par sa perfusion, pour satisfaire à la tradition. 20 minutes désopilantes.

 

« Marcel, Marcelle » a été redonné dimanche soir.

 

« Je délocalise » par Albert Meslay.

En raison du « coût du travail » français, Albert a décidé de délocaliser la production de ses sketches dans différents pays du Globe. Il trouve le résultat parfois décevant, mais il nous offre tout de même les jeux de mots produits par une Polonaise, un Bengali, un Grec, un Tibétain…et bien sûr pendant une heure et demie on rit à gorge déployée.

Boutades sans arrêt, donc, mais avec un fil conducteur dans lequel les préoccupations sociales,
sociétales, écologiques sont très présentes, ce qui plaît bien à la majorité du public qu’on sent proche des préoccupations de l’artiste.

Quelques exemples de blagues délocalisées :

Un Syrien : « quand je vois quelqu’un avec des doigts coupés, je me dis qu’il a travaillé en Syrie ». Albert nous dit que quand il a entendu cette blague, il était scié.

Une Polonaise, catholique intégriste : « je bois, je fume, je mange gras, ainsi je me rapproche plus vite de Dieu ».

Un Belge : « en prévision des effets du réchauffement climatique, les jeunes Belges apprennent à parler avec l’accent du midi ».

Reportage de Michel Beaune pour regardactu

 

 

Mise à jour de l'article le 8 août 2017 :

Vous pouvez aussi visionner les très beaux diaporamas réalisés par Didier Ciancia tout au long du festival.

Tag(s) : #Hérisson, #Culture-loisirs

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