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Cela fait maintenant des mois que le descriptif sans nuance de la situation au Venezuela occupe systématiquement l’information officielle française. Spécialistes patentés Es- monde libre, débats orientés, photographies choisies…se succèdent et martèlent une vérité à toute épreuve. Quand le sage montre la lune il ne s’agit pas de regarder son doigt ! Quand les médias aux ordres polarisent notre attention il ne s’agit pas de prendre leur dire pour vérité révélées !

On le sait depuis des lustres, n’importe quelle forme d’opposition d’ordre social ou de construction alternative démocratique dans un quelconque pays d’Amérique du sud qui se constitue, reçoit ‘’ manu-militari’’, les foudres du grand voisin américain. Le protecteur des régimes capitalistes en place, fussent-ils dictatoriaux, joue en permanence de tous ses moyens pour contre balancer la marche de l’histoire des peuples. Des révolutions bolivariennes en passant par la tentative de socialisme Chilien du président Allende, pour en venir aux transitions sociales initiées par Chavez prenant le parti des classes pauvres, les chemins empruntés sont bordés de massacres et d’ingérences économiques systématiquement exécutés avec ou sans relais locaux . Au Venezuela, les classes privilégiées du pays n’y vont pas de main morte, les bataillons d’extrême droite non plus ! Cela conduit à des moments de conflits où ce sont les simples gens qui trinquent. Mais voyons plus loin.

Comme au temps de l’émancipation de Cuba sorti des griffes colonialistes et mafieuses par
l’épopée de la révolution socialiste castriste, le Venezuela est soumis aux pressions idéologiques et aux embargos de nature commerciale, culturelle entre autre. Le leader du monde libre, même en perte de superbe, entend tout faire pour endiguer les mouvements sociaux et démocratiques qui se lèvent. Des mouvements où se mêlent révoltes contre la misère ancestrale, l’analphabétisme et le racisme anti indien, des révolutions sociales assez peu structurées traçant leur route malgré les lourds héritages et les retards accumulés sous les régimes précédents. Tout ne va pas pour le mieux dans la situation post Chavez, mais ignorer le contexte et les conséquences des crises du secteur mondial des producteurs de pétrole, est un non-sens absolu. La mono industrie existante en l’état, basée sur cette richesse subit inexorablement les conséquences de cette réalité de la baisse des prix à la production, décidée ailleurs, les pays riches de l’OPEP d’abord.

Dans les déferlements médiatiques des pays occidentaux, on ne peut s’empêcher de voir la hargne des classes dirigeantes, leur esprit de revanche. La propagande guerrière va bon train et s’incruste dans un état d’esprit belliqueux : « le monde civilisé face aux forces du mal » disait déjà l’illustre président Bush, ordonnant la destruction de l’IRAK ouvrant une ère de guerres intenables au moyen orient. De partout monte des craintes d’embrasement et à chaque fois les Etats Unis d’Amérique sont à la manœuvre. Ainsi aux portes de la Russie ‘’Poutinienne’’ qui ne sera pas sans réaction. Ainsi en Asie avec les surenchères coréennes qui alimentent les attitudes guerrières du leader états-unien Trump, le tout aux frontières de la Chine devenue première puissance économique du monde capitaliste. Ainsi au Moyen Orient et en Afrique où différentes puissances arabes s’affrontent pendant que Daesh entend poursuivre sa guerre de conquête territoriale et d’attentats aux quatre coins du monde...

Notre monde vit des heures délicates et il est dramatique de constater que les discours belliqueux tiennent le haut du pavé de la diplomatie mondiale. Pourquoi dès lors en rajouter avec la situation en Amérique du sud et au Venezuela ? Pourquoi trier sur le volet des situations conflictuelles de cette manière outrancière ?

L’unilatéralisme des informations est intolérable car nous le savons : Ce n’est pas au Venezuela que Amnesty International dénonce les violences faites aux femmes et aux populations indigènes, c’est au Pérou. Ce n’est pas au Venezuela que quarante- cinq étudiants ont été assassinés et déversés dans des fausses communes, sans procès d’aucune sorte, c’est au Mexique. Et la liste n’est pas close pour les pays d’Amérique …En nous en éloignant quelque peu, pourquoi nos donneurs de leçon ne prennent-il pas au sérieux la situation en Turquie, où se répètent inlassablement massacres et procès des opposants au régime autoritaire, qui vire à la dictature, de monsieur Ordogan le président adoubé des dirigeants occidentaux. Est-ce parce que ce pays est membre de l’OTAN sous dominance de qui s’il vous plait ?

Comment devant de telles anomalies de traitement, ne pas comprendre et soutenir les réactions
de nombreuses personnalités de la gauche pacifiste et du combat social internationaliste affirmé. Retenons les mises en garde d’un de ces formidables défenseurs des peuples à disposer d’eux même, à choisir le mode de gestion de la société à laquelle ils inspirent. Jean Ortiz est de ceux-là, maitre de conférences, spécialiste de littérature des Amériques. Il a séjourné souvent en pays latino-américain et publié des reportages et des livres faisant référence. Il a longtemps enseigné à l’université de Pau. Par ailleurs il est reconnu comme un grand historien de la guerre d’Espagne, toujours disponible à en faire vivre les faits réels et à diffuser le devoir de mémoire qui est dû à ces générations si glorieuses et si meurtries.

Ces jours derniers il signe des articles d’actualité sur le Venezuela et met en garde ceux qu’il
considère inattentifs aux enjeux qui se nouent ou se dénouent dans ces zones de conflits d’une
grande intensité. A propos du Venezuela actuel, il dit à ses amis : « lorsque les vents sont
contraires commencer à lâcher un peu, c’est souvent capituler beaucoup ». Et plus encore envers ceux qui, chez Manuro soulignent des déficiences de démocratie, il fait remarquer que « l’élection d’une constituante (avec ses huit millions d’électeurs malgré une opposition prête à tout, souligné par moi PC) présentée comme une pseudo-constituante en occident, ne condamne pas l’état de droit, et ne fait pas du Venezuela une dictature ». La constitution du pays prévoit la tenue d’une telle consultation, s’agissait-il d’une issue à la crise tendue actuelle, l’avenir proche le dira !

Paul Crespin en toute citoyenneté.

Nota : Pour des informations plus complètes et provenant de sources différentes et non officielles, on se rapprochera de sites internet autonomes tels que, celui du ‘’Club de Médiapart’’, de celui du ‘’Grand soir’’ ou l’on se penchera sur la publication mensuelle du ‘’Monde diplomatique’’, sans oublier de s’arrêter sur le quotidien, ’’L’ Humanité.fr’’ et ce ne sont là, que quelques suggestions…

Tag(s) : #International

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