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La France est un pays de grandes conquêtes sociales. Notre histoire est marquée par les luttes de génération en génération pour le progrès, la démocratie et les libertés. Que cela fasse plaisir ou non, le peuple est à la fois le ferment des évolutions survenues et le catalyseur des bonds en avant réalisés face aux puissances dominantes dont celle de l’argent n’est pas des moindre…

Nous sommes confrontés en ces moments de mise en cause des acquis sociaux pour la grande masse des salariés et des familles, à de nouvelles initiatives de retour en arrière. Le camp libéral s’en donne sans complexe pour réaliser l’objectif des nantis, celui de rafler la mise des richesses créées par le travail de tous. Et suite au Sarkozy et autre Hollande, monsieur Macron ‘’le jupitérien’’ est l’homme de la situation.

Servir le capital sous les injonctions renouvelées de l’Europe de la concurrence libérale et non faussée est la mission du nouveau maitre du pouvoir en France. Pour cela, il lui faut à la fois étrangler un peu plus notre peuple et ses citoyens et faire allégeance aux thèses idéologiques, autant économico-politiques que géopolitiques placées sous contrôle absolu du leader impérialiste étasunien.

Chez nous depuis trois décennies, se multiplient les pressions et attaques de fond sur le niveau de vie, les retraites, la remise en cause de la Sécurité Sociale, les politiques du logement, celles du transport, du développement du territoire… Les remises en cause ne se comptent plus et le quinquennat de François Hollande n’a pas dérogé aux intentions et initiatives de ses prédécesseurs.

Avec la loi El Khomri et les aides aux entreprises privées (le CICE, crédit d’impôt et de compétitivité de 43 milliards) (1), la feuille de route a été tracée directement sous participation du ministre de l’économie Emmanuel Macron. Devenir calife à la place du calife était dans ses gènes politiciens et cela nous permet de comprendre sa volonté à accélérer le pas de la casse sociale engagée, dont nos gouvernants et leur monde médiatique osent à présent qualifier de ‘’Transformations progressistes’’ :

  • Le code du travail et ses incidences pour 18 millions de salariés attaqués de plus belle…

  • La saignée annoncée pour les effectifs de la fonction publique accélérée…

  • La dégradation du système de santé et des couvertures sociales dans le viseur…

  • L’augmentation de la CSG pour les retraités confirmée… En attendant de revoir le système de retraite lui-même…

  • La baisse des APL avant la refonte du système global du logement social pour favoriser encore le secteur privé mis en chantier comme ils disent !

  • La remise en cause de l’autonomie de gestion des collectivités, qui va encore s’accélérer, suite aux dotations d’état qui fondent comme neige au soleil et que les contrats aidés actés depuis plusieurs années disparaissent dès cette rentrée.

Pour les contrats aidés, la duplicité est flagrante, elle ne gêne pas le gouvernement Macron/Philippe pour renvoyer ainsi 250 000 jeunes au chômage…Sans doute encore au nom de la lutte pour l’emploi !

Faut-il poursuivre la liste quand on sait aussi que le statut des cheminots et au-delà de l’organisation ferroviaire est dans le viseur présidentiel… Comme la taxe d’habitation par ailleurs, etc…

Comment ne pas considérer dès lors qu’il s’agisse bien d’un véritable coup d’état social, alors même que la pratique gouvernementale tourne à l’autoritarisme le plus aigu puisque bâti à coup d’ordonnance et de 49/3. Alors que la représentation nationale est méprisée et que le ‘’syndicat conseil’’ du gouvernement est d’évidence le MEDEF de Mr Gattaz, celui-là même qui a ses entrées directes dans les principaux ministères, dont nombre de leurs occupants sont issus des grandes entreprises et des grandes banques.

Heureusement que des voix libres s’élèvent contre les coups de force répétés. Heureusement que les résistances s’organisent à la fois à l’Assemblée Nationale avec les députés de la France Insoumise et que la mobilisation syndicale est relancée. Ces démarches s’appuient sur les sentiments de colère et de refus de l’ensemble des secteurs populaires. Une majorité de français savent que Mr Macron n’a été élu que par refus de voir Mme Le Pen arriver au pouvoir… La base électorale du candidat des riches n’est fort que de 24 % et son programme largement minoritaire et l’on voit actuellement l’état de ses sondages largement à la baisse.

Que dans ces conditions, l’union syndicale, celle de la CGT, de Sud, de l’UNEF, de la FSU, appelle à une journée de grève et de manifestation pour le 12 septembre colle parfaitement à la réalité du pays. Il s’agira durant cette journée nationale d’exprimer une volonté de refus net et clairement de faire résonner sur le terrain concret de la vie sociale, une autre manière d’aborder l’intérêt du pays et de formuler le sens positif des réformes possibles. A commencer bien évidemment par le refus de la loi Travail du gouvernement et les contrepropositions possibles…

Dans le prolongement de cet état des lieux de mobilisation salariale concrète, s’annonce déjà comme une grande journée de résistance et d’alternative le 23 septembre lancé à l’initiative de la France Insoumise. Une marche citoyenne, qui s’apprête à occuper les pavés parisiens pour démontrer l’impact possible d’une alternative aux politiques rétrogrades des équipes libérales austéritaires au pouvoir.

Pour le progrès social, la défense de droits des citoyens, pour un nouvel humanisme, le rendez-vous parisien se fera en harmonie de la journée du 12 septembre… Le mouvement populaire lui-même dans sa diversité attend ce genre de rencontre et de volonté d’action dans un « tous ensemble » d’alternative concrète. Une alternative dessinée déjà avec les élections présidentielles et législatives : Sept millions de voix portées sur le programme ‘’ L’Avenir en Commun’’.

On entend dire par médias interposés que ces deux initiatives majeures de lutte et de rassemblement des forces de progrès ne seraient pas compatibles. Que chacun doit rester sur son territoire et ses prérogatives. Mais pourtant, quand la politique ‘’macroniste’’ frappe avec autant d’injustices l’ensemble des catégories populaires au seul profit des nantis de l’industrie et des banques, il n’y a pas ceux qui souffrent des prérequis accrochés aux basques du monde syndical et du monde de la politique. Il y a simplement de la part du plus grand nombre, la volonté d’être partie prenante de lutte pour s’en sortir. Et tout le monde sait qu’alors, revendications économiques et sociales marchent au même pas que revendications démocratiques et politiques.

L’avenir ne peut dès lors que se construire en commun pour être concrètement alternatif à la main mise de forces libérales antisociales par nature. L’indépendance des uns doit garantir l’indépendance des autres quand on se situe sur la même démarche de l’intérêt général, voir du combat de classe.

Il est des moments politiques graves ou nos artistes ont évoqué l’intérêt commun et la vigilance nécessaire. Des instants chargés des dangers pour nos valeurs sociales de liberté et de devenir harmonieux. Louis Aragon a su mettre en valeur cela dans la Rose et le Réséda (Les Yeux d’Elsa). Evoquons ces quelques vers à jamais célèbres…

"Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat"

Paul Crespin, à Montluçon le 7 septembre 2017

(1) Pour ce qui est des aides au secteur privé, le ministre Bruno Lemaire vient d’en rajouter une couche, en annonçant la relance des privatisations sous l’angle de la vente des actions de l’Etat dans différentes entreprises où sa participation restait importante. La correction sibylline du 1er Ministre ne remet pas en cause la volonté annoncée.

Tag(s) : #Billet d'humeur, #Montluçon

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