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Les grands groupes industriels et financiers n'auront pas mis longtemps pour mettre en application les dispositions contenues dans les ordonnances réformant en profondeur le code du Travail*. Normal, c'est au sein des "thinks-tanks" animés par ceux-ci que le coup d’État social a été imaginé, et que les textes scélérats ont été rédigés puis transmis à ceux qu'ils ont puissamment contribué à faire élire.

Parmi les cadeaux accordés aux grands groupes, il y a une disposition particulièrement intéressante pour eux; celle qui leur permet de procéder maintenant à des licenciements collectifs en ayant recours à la nouvelle disposition qui modifie fondamentalement les règles avec « la rupture conventionnelle collective ». Une mesure qui les exonérera de toute obligation d'accompagnement des salariés en vue de leur reclassement professionnel ( obligation de financer un formation qualifiante par exemple).

Coup sur coup, deux grands groupes ont ouvert le bal des plans (anti) sociaux. Pimkie (groupe Mulliez, Auchan) et PSA Peugeot Citroën ont en effet annoncé des plans de licenciements concernant 200 personnes pour le premier et un nombre indéterminé pour le second. Ces deux entreprises ont indiqué sans aucune honte qu'ils utiliseront le dispositif de la rupture conventionnelle collective. Et ce n'est qu'un début, car d'autres plans sociaux de la même veine pourraient être annoncés au premier trimestre si l'on en croit certains syndicalistes bien informés.

Comble du cynisme, et alors que le gouvernement réduit lui aussi massivement les effectifs dans la fonction publique, qu'il refuse de renouveler les emplois aidés (ce qui représente un plan social de plus de 200 000 personnes sur le territoire national), et qu'il facilité et simplifie les licenciements dans la sphère privée, Macron, grand inspirateur de cette politique de destruction et de casse sociale, prépare dans le plus grand secret, un dispositif de contrôle des chômeurs pour s'assurer que ces derniers effectuent chaque mois les démarches nécessaires pour retrouver un emploi, alors que la politique qu'il met en œuvre encourage la destruction massive d'emplois sur lesquels les chômeurs auraient pu justement postuler.

On comprend que les associations de chômeurs soient vent-debout contre ce nouveau flicage, car il consiste, ni plus, ni moins, à inverser la responsabilité du chômage sur les demandeurs d'emploi eux-mêmes en faisant croire que ceux-ci sont responsables de leur situation, et qu'en outre, la plupart d'entre eux ne feraient pas suffisamment d'efforts de recherche.

*Lire l'article paru dans "Révolution permanente"

L'association AC (agir ensemble contre le chômage) a donc décidé de faire connaître son indignation par le communiqué qui suit :

 

 

Contrôle des chômeurs : Les ploutocrates osent tout !

Plus de 6 millions de chômeurs, de fait, près de 20 % de la population active sans emploi. Et, près de 8 millions avec les RSA socle non inscrits à pôle emploi. Seule une petite moitié indemnisée par l’Unedic avec des montant de plus en plus bas et pour une durée de plus en plus courte, avant le basculement vers les minima sociaux, ASS ou RSA, qui plafonnent aux alentours de 500 euros.

Ce n’est qu’un début...… nombre d’études, font valoir, incontestablement, qu’à l’horizon d’une décennie, près de 50 % des emplois sont menacés pour cause de robotisation et automatisation. L’annonce des licenciements, chaque jour fait l’actualité. Pour augmenter leurs profits les entrepreneurs n’ont cesse de comprimer la masse salariale, les entreprises du CAC 40 distribuent à foison de copieux dividendes aux actionnaires et 1000 milliards de bénéfices ont été fait en 2017 par les plus grande fortune.

Monsieur Macron, exécutant zélé des exigences du Médef, de concert avec M. Gattaz entend instituer un contrôle fort strict et inquisitorial des demandeurs d’emplois. A l’insécurité économique, les profiteurs pervers ajoutent l’insécurité existentielle, psychologique : il s’agirait d’imposer un compte-rendu mensuel, une rédaction circonstanciée des efforts déployés pour la recherche d’emploi,... dont la raréfaction est programmée, par le duo Macron/ Gattaz, quelques sbires rétribués et thuriféraires aux dividendes copieux. Cyniques, les ploutocrates ont le vent en poupe, l’attaque est frontale, la météo du Capital est au beau fixe…

De fait, le chômage ne signifie ni inactivité sociale, ni inutilité sociale, mais inutilité à la valorisation directe du Capital. Le chômage utile au Capital, est celui de l’armée industrielle de réserve (le chômage de masse), dont la fonction disciplinaire et chaque jour plus flagrante.
Un chômeur contrôlé, culpabilisé, maintenu dans le besoin, quasi affamé, voilà le bon chômeur du Capital. L’avenir prévisible (malheureusement) : les petits boulots de la domesticité salariale, salaire misérable, horaires aléatoires, les quémandeurs paupérisés ne peuvent faire la fine bouche devant un nouveau servage ubérisé.

Il y a plus de 20 ans déjà, AC ! préconisait la réduction du temps de travail (32 h hebdo), et la garantie d’un revenu personnel décent avec ou sans emploi à hauteur du Smic. L’histoire sociale ne nous a pas encore donnée raison. Il est temps de se ressaisir !

Nous appelons tous les chômeurs et salariés solidaires à refuser avec vigueur la politique inquisitoriale et les sanctions anti-sociales directement inspirées par le Médef et son président fondé de pouvoir.

Paris le 29 decembre 2017

Les Portes Parole d'AC ! France :

Joelle Moreau, Serge Havet, Alain Coudert

 

Tag(s) : #Actualité sociale

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