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Le Canard enchaîné dispose-t-il d’un correspondant sur Commentry ? C’est la question que l’on peut se poser à la lecture de la manchette de son numéro du 20/12 :

 

 

En effet, sur Commentry, un migrant se trouve dans ce cas. Il a 26 ans. Il vient du Darfour, province du Soudan. Il est d’une ethnie en butte aux exactions du Présidant Omar el-Béchir. Ce dernier est sous le coup de 2 mandats d’arrêt de la cour pénale internationale (CPI) pour ces exactions (crimes de guerre et crimes contre l’humanité) Il a quitté son Darfour pour fuir les sévices auxquels sa famille et lui ont été soumis. Y retourner est synonyme de mise mort !

Emprisonnements, coups, menaces de mort, passeurs … il a subi ce que nombre de migrants ont subi espérant, quittant un chez eux qui leur est cher, trouver un accueil leur permettant de se
reconstruire. Et vivre ! Il a trouvé un accueil en France. Il s’y est intégré par son engagement à apprendre le français, par son appartenance au club de foot commentryen, … Il se sent bien à Commentry et souhaite y rester. Mais un imbroglio mêlant, situation administrative, dates, et disponibilités des intervenants fait que le 26 au matin, il devra « aller crécher ailleurs », mais où ?

La situation administrative de ce jeune, que nous appellerons N, est précaire car en instance de
décision d’une régularisation auprès du Tribunal Administratif. Elle sera réglée, sans doute
positivement grâce à l’action du Maire de Commentry, vers la mi-février.

N était jusqu’à ce jour demandeur d’asile sous tutelle administrative du CADA (Centre d’Accueil
des Demandeurs d’Asile) dont l’antenne commentryenne est assurée par l’association Viltaïs. Le
CADA assurait son hébergement dans un logement du parc HLM.

N a été débouté de sa demande d’asile (on pourra pointer plus tard les carences de Viltaïs dans le suivi de son dossier). L’arrêté préfectoral (OQTF : Obligation de Quitter le Territoire Français) en date du 29 nov. le lui signifiant, lui donnait un délai de 30 jours. C’est à dire jusqu’au 29 déc.
N doit donc sortir du dispositif CADA.

Notification lui a été faite de quitter l’appartement le 22 déc. Et ce sur présentation, par un
« animateur » du CADA (que nous nommerons S), d’une décision de sortie de l’OFFI (Office
Français de l’Immigration et de l’Intégration
) autorisant le maintien en CADA jusqu’au 22 déc. donc expulsable le 23.

Mireille B assure un soutien « acquisition du français » auprès de N et suis de près sa situation. Elle intervient auprès du CADA :

Mireille B : « Pourquoi 22 plus que 23 ? » 

Réponse de S « le 23 est un samedi et le CADA est fermé ».

Mireille B : « Pourquoi 22 plus que 29 ? »

Réponse de S « c’est officiel, OFFI »

Proposition de S : « passons le W-E où le CADA est fermé, et assurons le départ de N le lundi »

Indignation de Mireille B : « bravo ! le lundi 25 c’est Noël, joli cadeau ! »

Réponse de S : « oui, quand même pas, alors le 26 ».

Le 26, N est à la rue, sans un rond, en situation régulière, à ce jour jusqu’au 29 déc., jusque mi-février au dépôt de la demande de régularisation, et sans doute pour 10 ans après passage au Tribunal administratif.

A la rue, car il ne peut demander de logement HLM ou autre, et sans un rond, parce qu’il ne peut avoir de travail : il ne manque que le justificatif du dépôt du recours déposé le 22 par l’avocat. Cela va demander 2 ou 3 jours (W-E aussi au tribunal !).

Et pour 2 ou 3 jours le CADA, qui est déjà passé du 22 au 26, ne peut rien faire… Il est possible que, pour le 26 il faille envisager une action rendant publique l’ubuesque de la situation.

Robert Boutterin

Tag(s) : #Commentry

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