Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Soulagement pour les deux militantes et le militant SUD de la Croix-Marine à Clermont-Ferrand menacé-e-s de licenciement pour faute grave. L'inspection du Travail vient de refuser de valider le licenciement, ce qui oblige la direction de l'établissement à réintégrer les élus à leurs postes de travail et régler l'arriéré de leurs salaires depuis leur mise à pied conservatoire.

 

Rassemblement unitaire devant l'établissement de la Croix-Marine le 30 octobre 2017
 

Cette histoire rappelle furieusement ce qui s'est passé en 2015 à l'EHPAD de la Charité. Même acharnement contre les élus SUD, même détermination de la part des salariés pour faire respecter leurs droits, même chasse aux sorcières organisée par la direction pour se débarrasser des gêneurs (voir ICI quelques-uns des articles publiés dans regardactu à cette époque).

Tout de même, dans l'établissement de la Croix-Marine à Clermont-Ferrand, les trois élus SUD attendaient avec une certaine anxiété le verdict de l'inspection du Travail, car même s'ils étaient sûrs de leur bon droit et de la justesse de leur combat, ils ne pouvaient écarter l'éventualité d'une intervention en plus haut lieu comme cela s'est déjà malheureusement produit par le passé dans des dossiers tout aussi emblématiques.

Au-delà, la multiplication des procédures à l'encontre des militant-e-s et des élus du personnel, doit nous interroger à propos du durcissement du système répressif dans son ensemble.

À Montluçon, des militants CGT sont aussi dans collimateur de la justice, le secrétaire de l'union départementale de l'Allier, et la secrétaire de l'Union locale de Montluçon (lire LA). Les faits qui leur sont reprochés sont incroyablement désuets. Convoqués une première fois pour être entendus, ils vivent tous les jours avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, se demandant à chaque instant quel sort leur réserve la justice, car les dispositions de l'état d'urgence encadrent et limitent de manière encore plus restrictive que par le passé, le droit de manifester, ceci en en contradiction flagrante avec le droit international en matière de libertés syndicales.

La aussi une grande mobilisation est indispensable pour soutenir ces militant-e-s en but à la répression. Mais pour cela, elle devra largement dépasser le cercle des militant-e-s de la CGT, et même si l'unité syndicale est bien sûr indispensable, elle ne sera cependant pas suffisante.

Dans les entreprises, dans les usines, partout où les salariés subissent la loi d'airain des patrons tout-puissants et toujours plus arrogants, la peur doit changer de camp. La résistance doit s'organiser contre les oppresseurs qui savent bien que la lutte de classe n'est pas qu'une simple vue de l'esprit.

Warrem Buffet avait affirmé il n'y a pas si longtemps « Bien sûr, la lutte de classe existe, et d'ailleurs, c'est ma classe qui l'a emporté ». Alors, à ceux qui pensent que la fin de l'histoire est inscrite dans les tables de la loi (capitaliste), rappelons qu'il est dans la nature des hommes de résister contre l'oppression et la tyrannie, même si certains d'entre eux acceptent à contre cœur d'en subir les effets, du moins, jusqu'à un certain point.

Et alors que le libéralisme financier, stade ultime du capitalisme, semble triompher partout sur la planète, dans le même temps, il n'a jamais été aussi dangereux pour la survie de l'humanité elle même. Là est sa fragilité. C'est la raison pour laquelle, celles et ceux qui luttent à leur petite échelle contre les méfaits d'un système de prédation généralisée apportent une contribution précieuse, afin que devienne possible un éveil des consciences pour changer de paradigme. Le syndicalisme de transformation sociale incarné par la CGT et Solidaires participe de cette ambition, et on ne peut que s'en réjouir.

Dans un tel contexte, il n'existe pas de petite victoire. Chacune d'entre elles contribue à redonner de l'espoir à celles et ceux qui subissent les effets et l'emballement du système. La mobilisation unitaire (CGT, SUD, FO) autour des militants syndicaux à la Croix-Marine est l'exemple à suivre. C'est le chemin qui a aussi été choisi à Montluçon autour des militants de la CGT, et c'est en procédant ainsi que le syndicalisme éclaté en France s'en sortira par le haut. Par des actes, plus que par des paroles et des déclarations d'intention.

Ci-dessous, le communiqué de presse de SUD Santé sociaux, membre de Solidaires Auvergne :

 

de SUD Santé Sociaux Puy de Dôme :

 

Depuis 2 mois, Pascale, Christine et Hugo, représentants du syndicat SUD Santé Sociaux étaient sous le coup d'une mise à pied conservatoire et d'une procédure de licenciement enclenchée par la direction de la Croix Marine. L'inspection du travail vient de refuser ces licenciements. La direction de la Croix Marine est donc désormais dans l'obligation de réintégrer nos 3 camarades.

Ces décisions confirment que les motifs avancés par la direction reposaient exclusivement sur la volonté de dézinguer des syndicalistes combatifs.

Pour autant, la situation de cette association est loin d'être réglée et le climat social délétère qui y règne perdurera si la direction continue à considérer que la souffrance au travail n'est que fantasme de syndicalistes et autres experts.

Pourtant, le nombre très important d'arrêts de travail sur ces deux derniers mois démontre à lui seul qu'écarter violemment des responsable syndicaux en pensant régler les problèmes majore encore l'insécurité au travail des salariés.

Management par la peur, politique de l'autruche, la direction de la Croix Marine peut et doit revoir sa copie en urgence.

L'Union Syndicale Solidaires et SUD Santé Sociaux comptent sur la croix marine pour respecter les décisions de l'inspection du travail. Persister dans l'acharnement anti-syndical ne semble pas être de nature à permettre de retrouver un climat social apaisé.

Afin de trouver des solutions permettant aux salariés de travailler dans des conditions plus sereines, l'Union Syndicale Solidaires et le syndicat SUD Santé Sociaux ont demandé au préfet du Puy de Dôme d'organiser une table ronde, sous son autorité, associant les financeurs institutionnels, les organisations syndicales, la direction de l'entreprise ainsi que la médecine du travail.

Si, dans l'attente de la décision de l'inspection du travail qui devait être prise en toute indépendance, le préfet n'a pas répondu favorablement à cette demande, nous souhaitons maintenant réitérer celle-ci, l'association de la Croix Marine dépendant en grande partie de financements assurés par les pouvoirs publics.

Clermont-Ferrand le 28 décembre 2017

Tag(s) : #Clermont-Ferrand, #Actualité sociale

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :