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C'est la dernière ligne droite avant la première retransmission du journal télévisé sur internet du nouveau média national « Le Média » le 15 janvier 2018 à 20h. Une première diffusion aura pourtant lieu avant, le dimanche 10 décembre pour être précis, pour présenter les journalistes qui vont constituer la première équipe de rédaction du journal.

Jeudi 7 décembre Mathias Enthoven, un des acteurs du numérique pour « Le Média » était à Désertines pour présenter ce nouveau titre. Surtout, il a été question des enjeux de ce pari sur l'avenir, au regard du fait que 9 milliardaires possèdent à eux seuls plus de 80% de la presse nationale.

 

Mathias Enthoven en charge du numérique à « Le Média »
 

Première (bonne) surprise, « Le Média » sera en accès libre, contrairement à certains autres média, comme par exemple Médiapart qui n'est accessible que pour les abonnés. Mathias justifie ce choix par la volonté de toucher les familles à faibles revenus, ce qui, peut se comprendre si l'on garde à l'esprit que l'ambition affichée par l'équipe constituée autour d'Aude Rossigneux est de devenir un outil d'éducation populaire réellement à la portée de tous.

Cependant, il est déjà possible de soutenir financièrement « Le Média », d'abord en achetant des parts pour autant que le nombre n’excède pas 500 (afin d'empêcher toute tentative d'OPA de quelque nature que ce soit sur le titre), en sachant qu'une part a une valeur de 5 €, ensuite en s'abonnant (le montant de l'abonnement proposé est calculé en fonction des revenus des souscripteurs).

Ainsi les souscripteurs deviennent-ils « Socios » ce qui leur donnera des droits, comme par exemple la possibilité de participer aux choix des sujets et donc de la ligne éditoriale d'une manière générale. D'autres possibilités seront également offertes aux Socios, notamment, la possibilité de proposer des contenus ( textes, vidéos, reportages), hébergés sur le site. Mais quelque soient le nombre de part acquises (que ce soit 1 ou 500), le droit des socios sera le même selon le principe 1 socios = 1 voix.

L'autre bonne nouvelle, c'est la jeunesse des premières personnes recrutées. Sur le 15 premiers membres de l'équipe, 13 ont moins de 30 ans, avec tout l'enthousiasme qui les animent pour cette expérience hors du commun. On ne peut que leur souhaiter bon vent.

Le groupe des insoumis Montluçon-Domérat-Desertines qui organisait ce débat public avait aussi invité la presse locale à participer à cette soirée. La Montagne n'a pas donné suite à cette invitation. RJFM et la semaine de l'Allier qui devaient participer se sont finalement décommandé. Seuls RMB et regardactu étaient donc présents à cette soirée.

 

De gauche à droite, Bernard Bougerol  (insoumis Montluçon/Domérat/Désertines), Philippe Soulié (regardactu) Mathias Enthoven (Le Média), Nelly Depriester (insoumis Montluçon/Domérat/Désertines) et Pierre Buttoud (RMB)

Après un bref historique de la création de RMB, il y 30 ans de cela, Pierre Buttoud, a évoqué le financement de la radio, notamment par la publicité. Cette radio très écoutée bien au-delà de Montluçon doit faire face à des frais de fonctionnement assez importants (notamment avec les salaires). Plus de 80% de son financement est assuré par la publicité, sans laquelle elle ne pourrait probablement pas continuer d'exister, ce qui évidemment n'est pas le cas de regardactu, petit média numérique qui fonctionne uniquement sur la base du bénévolat, avec des frais de fonctionnement très peu élevés.

La question de savoir si les modes de financements peuvent influer sur la ligne éditoriale, et donc sur l'indépendance, n'est pas aussi simple qu'il n'y parait de prime abord. Pierre Buttoud affirme que ce n'est en tout cas pas le cas pour RMB. « Il nous est arrivé de passer de la publicité pour une grande marque de la distribution, cela ne nous a pas empêchés pour autant d'informer les auditeurs en toute liberté que le personnel de cette enseigne s'était mis en grève quand cela est arrivé ». Et il est vrai que RMB est très présent sur les conflits sociaux, grâce notamment à des journalistes très impliqués dans leur travail, et sensibles à l'actualité sociale et revendicative.

 

Une assistance très éclectique dans la salle avec cependant une forte participation des insoumis.
 

Pour notre part, nous avons surtout insisté sur le fait que regardactu voulait être à minima une caisse de résonnement du tissu syndical, associatif et culturel sur Montluçon et sa région, ce qui est déjà beaucoup. Au delà, il n'est pas possible d'écrire n'importe quoi, car au dessus de notre tête flotte en permanence une épée de Damoclès, avec des risques de procès toujours possibles. Cela compte d'autant plus que nous ne disposons d'aucun moyen juridique pour nous défendre le cas échéant.

Enfin, l'idée de partage de contenu entre « Le Média » et les petits médias locaux a aussi été évoquée lors de ces échanges. Regardactu le pratique déjà avec la CPML (Coordination permanente des médias libres) à une petite échelle. Serait-il possible de l'envisager avec ce nouveau média national, dont les valeurs et la ligne éditoriale sont très proches ? Mathias Enthoven y est plutôt favorable. En tout cas, cette question fut sérieusement évoquée à leur niveau. A regardactu nous pensons que cela mérite d'être débattu collectivement avec les contributeurs du journal numérique local, ce que nous ferrons le moment venu. Nous reviendrons plus tard sur cette question.

Pour devenir Socios suivez le lien :

https://www.lemediatv.fr/

 

 

 

Tag(s) : #Desertines, #La Presse

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