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Malgré le froid et alors qu'il commence à neiger sur Montluçon, 150 personnes se sont tout de même déplacées devant le commissariat pour soutenir la secrétaire de l'Union locale et le secrétaire de l'Union départementale CGT, tous deux convoqués le même jour pour deux affaires différentes.

Dans la foule des soutiens, des manifestants venus de Vichy, de Moulins, et même de Creuse étaient présents, mais aussi des militants de la FSU et de Solidaires, les deux organisations syndicales de l'Allier qui ont apporté leur soutien aux responsables de la CGT mis en cause. Ce n'est qu'à l'issue de leurs auditions que les manifestants ont pu prendre connaissance des griefs retenus à l'encontre des responsables syndicaux.

 

Interventions de Laurent Indrusiak et d'Elena Blond devant la foule des militants venus les soutenir
 

Pour la secrétaire de l'Union locale CGT, la demande d'audition intervient à la suite de la manifestation contre les ordonnances Macron du 16 novembre. Qu'est-il reproché à Elena Blond ? Des inscriptions à la peinture à l'eau sur la chaussée. « Non à Macron », c'est le slogan qui avait été peint à certains endroits. Plusieurs de ces inscriptions avaient d'ailleurs disparues dès le lendemain, car de fait, la peinture n'avait pas tenu. Pourtant, la municipalité a décidé de déposer une plainte. Le Maire en est-il à l'origine ? Difficile de l'affirmer sans preuves, mais certains n'hésitent pas à soupçonner ce dernier de vouloir régler ses comptes (avant de céder sa place), avec les syndicats pour qui il n'a que peu de sympathie et avec lesquels il a toujours entretenu des rapports compliqués, voire carrément conflictuels pour la CGT, Solidaires et FSU.

 

Beaucoup sont restés sur place jusqu'au bout, malgré le froid
 

Mais alors pourquoi le procureur a-t-il donné suite à cette plainte, alors que la peinture à l'eau utilisée était destinée à disparaître d'elle-même ? Là est le véritable mystère, puisque la détérioration de bien public ne tient pas la route (sans mauvais jeu de mots). Dans ces conditions, on a du mal à croire que cette banale affaire « de peinture à l'eau » puisse déboucher sur une mise en examen, à moins que les convocations à répétition auxquelles nous assistons depuis quelques temps déjà, fassent partie d'une stratégie plus globale d'intimidation, dont on a du mal à croire que la justice puisse prêter son concours.

La seconde affaire relative à la manifestation du 9 février, lors de la visite de François Hollande à la SAGEM (lire ici), est plus compliquée, car il s'agit d'un point de droit. Il est, en effet, reproché à Laurent Indrusiak de ne pas avoir déposé de demande d'autorisation pour manifester le 9 février. Or, il n'y a pas eu de manifestation ce jour-là, mais un simple rassemblement. La CGT affirme d'ailleurs que jusqu'à ce jour, le syndicat n'avait jamais été contraint de déposer des demandes préalables pour de simples rassemblements, comme cela est systématiquement le cas pour les manifestations classiques (parcours emprunté, service de sécurité etc...). La justice devra donc trancher ce point de droit. Si elle décidait de donner une suite à cette affaire, on pourrait alors considérer qu'il y a un durcissement de l'interprétation du droit pour ce qui concerne les rassemblements, avec comme conséquence, un véritable recul démocratique.

Il reste que ces convocations s'ajoutent aux poursuites engagées dans l'affaire « Environnement Recycling », dont on a toujours pas de nouvelles pour l'instant, et pour laquelle les responsables des unions régionales, départementales et locales de la CGT pourraient aussi être poursuivis. Cela commence à faire beaucoup pour ne pas se poser des questions sur l'origine de ces procédures à répétition.

Tag(s) : #Montluçon, #Actualité sociale

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