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Lors de la séance des vœux du Parti socialiste, Nicolas Brien a annoncé aux militants de son parti et à la presse (sauf regardactu qui n'était pas invité) qu'il se retirait de la vie politique.

La Montagne rapporte que l'élu aurait affirmé « Je crois plus à la démocratie directe qu'à la démocratie participative ». Une véritable révélation, si l'on considère que ce dernier a été perçu malgré son jeune âge, comme l'exemple même de ceux qui ambitionnent de faire carrière en s'appuyant sur les partis et les institutions.

 

Nicolas Brien avant les élections législatives, quand tout était encore possible
 

Même si le quotidien régional fait dans le trémolo en parlant de « tournure émotionnelle », cela ne fera pas oublier à bon nombre de Montluçonnais que le jeune loup de la politique a surtout tenté de naviguer sans succès entre social-démocratie et libéralisme, jusqu'à se fracasser contre la réalité d'un électorat totalement désabusé et peu enclin à renouveler sa confiance aux hommes d'appareil dont il est la pure incarnation.

Pourtant, c'est presque un sans-faute qu'avait réalisé l'ancien "protégé" de la ministre de l'enseignement, Najat Vallaud-Belkacem, du temps où celui-ci travaillait encore à son cabinet. Après s'être fait désigner suppléant du député Bernard Lesterlin, il avait réussi à se hisser à la tête de la fédération de l'Allier du Parti socialiste, en suscitant quelques inimitiés au passage. Puis, après une campagne interne, particulièrement agressive, il avait obtenu l'investiture de son parti pour les législatives de 2017, non sans avoir dû concéder au passage le premier rôle à Frédéric kott pour les municipales qui les précédaient.

La suite, on la connaît. Arrivé 4ème au soir du premier tour des législatives, après une pitoyable tentative de ralliement de dernière minute à Emmanuel Macron, Nicolas Brien savait bien qu'il devrait faire face à un vent de contestations, d'autant qu'avant même ces élections, il avait commencé à faire le ménage dans ses propres rangs, afin d'écarter certains de ses opposants, comme par exemple Cyrille Darrigade, le secrétaire de la section de Commentry, ou encore Jean Mallot, ancien secrétaire de la fédération du Parti socialiste de l'Allier. S'en était suivi une autre vague d'épuration avec une quinzaine d'exclusions orchestrée par celui qui prône aujourd'hui la démocratie directe comme remède à « la politique à la papa », comme il aime souvent à le dire. Bernard Pozzoli et Frédéric kott en firent notamment les frais.

 

Une campagne jusque sur la permanence de la candidate d'En Marche
 

Mais voilà, les exclus ont décidé de ne pas se laisser faire et ont déposé un recours auprès de la commission nationale des conflits du Parti Socialiste, dans le but de faire annuler des procédures, d'autant plus abusives, qu'elles ne respecteraient pas le règlement intérieur, si l'on en croit nos sources.

Même si d'aucuns affirment que cela ne joue qu'à la marge, on peut tout de même penser que Nicolas Brien est un peu fragilisé par le retrait de Najat Vallaud-Belkacem, considérée par certains (mais pas tous, il est vrai) comme sa marraine en politique. Le coup de grâce pourrait lui être donné par les instances nationales du Parti socialiste, lesquelles devraient annuler en toute logique les exclusions qu'il avait annoncé avec fracas à la presse.

Fragilisé par le très mauvais résultat aux élections législatives, risquant d'être désavoué par le national à propos des exclusions, isolé dans sa propre fédération sur les questions de stratégie, il ne reste plus au jeune impétrant (pour reprendre l'expression d'un autre naufragé de la politique) de se faire passer pour une victime du système, en prônant (osons tout) la démocratie directe plutôt que la démocratie participative. Le journal La Montagne est aux anges, car il y a de quoi faire pleurer dans les chaumières. Circulez, y a rien à voir.

Philippe Soulié

Tag(s) : #Montluçon

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