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Cela fait environ un mois que les conducteurs de bus à Montluçon observent une grève partielle. Chaque jour, à l'heure de pointe, ils arrêtent le travail pendant une durée n'excédant pas une 1H, car au-delà, c'est la journée entière qui leur serait retirée sur le salaire. Pas suffisant cependant pour faire céder la direction de Kéolis qui joue la montre jusqu'aux prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO) qu'elle a cependant accepté d'avancer légèrement à la mi-janvier.

Aussi, une rencontre est programmée mercredi 10 janvier. En refusant d'ouvrir des négociations dès le début du conflit, la direction de Kéolis a consciemment laissé s'enliser le conflit, espérant (peut-être) mettre la pression sur les représentants des salariés avant que ne débutent les discussions sur les conditions de travail et les salaires comme le réclament les grévistes depuis le mois de décembre. C'est donc dans une ambiance probablement tendue que débuteront les négociations mercredi.

Bien sûr, les grévistes ne sont pas responsables de cette situation. Ils ne font d'ailleurs qu'exercer leur droit de grève, et s'ils le font, ce n'est pas pour le plaisir, comme on l'oublie trop souvent, mais par nécessité en raison de l'absence de dialogue.

 

Les conducteurs de bus ne font pas la grève pour le plaisir. Ils préfèrent remplir leur mission de service public, mais pas dans n'importe quelles conditions. (Photo RMB)
 

Il reste que la Communauté de commune qui est le donneur d'ordre n'a pas beaucoup communiqué sur cette affaire. Alors, nous avons tenté de joindre Francis Nouhant par téléphone. Francis Nouhant est le Maire de Quinssaines. Mais plus important pour ce qui nous intéresse ici, il est le vice-président à la communauté d'agglomération en charge de la mobilité et des transports. À ce titre, il nous a donc semblé que c'était la bonne personne pour en savoir un peu plus à propos de la gestion de ce conflit. Comme le Maire n'était pas présent, nous avons demandé qu'il nous rappelle avant que l'article ne soit bouclé pour sa mise en ligne dans la soirée.

Disons-le nettement, surtout, nous voulions qu'il nous dise s'il avait tenté une médiation pour sortir du conflit, en demandant par exemple à la direction de Kéolis de recevoir les grévistes dès le début du conflit, et savoir si celui-ci s'était au moins renseigné sur les conditions de travail du personnel. Nous ne le saurons jamais, car le délégué communautaire à la mobilité ne nous a pas rappelé.

C'est presque devenu une habitude chez les édiles. Ils détestent devoir rendre des comptes, que ce soit aux citoyens, ou à la presse (surtout, à la presse alternative, quand celle-ci pose les questions qui fâchent).

Peu de temps avant son élection comme Maire de Quinssaines, Francis Nouhant confiait d'ailleurs à la presse régionale qu'il « entendait gérer la commune comme une entreprise ». Il semble qu'il ait adopté la même stratégie pour la communication. Les lecteurs apprécieront.

Toujours est-il que les négociations dans le cadre des NAO s'annoncent difficiles, car la direction de Kéolis ne semble pas très pressée de satisfaire les demandes du personnel. Si le conflit s'éternise, il ne faudra donc pas s'en étonner, car en vérité, les responsables sur place ne doivent disposer que de très faibles marges de manœuvre.

Bien protégés dans leurs bureaux parisiens, les hauts responsables de l'entreprise ont les yeux rivés sur la valeur du titre, les bénéfices et les marges qu'ils vont dégager pour leurs actionnaires. Comme nous l'avions documenté le 13 décembre dernier, le groupe a réalisé un bénéfice net de 45 millions d'euros en 2016, en hausse de 36% par rapport à l'année précédente (lire ICI). Comment faire encore mieux cette année, si ce n'est en pressurant un peu plus les salariés ? Sauf que les salariés en question ne l'entendent pas de cette oreille, et c'est bien normal.

Tag(s) : #Montluçon, #Actualité sociale

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