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L’évènement social de ce début de printemps était bien la journée d’action syndicale du 22 mars. Les revendications des fonctionnaires et celles des cheminots ont généré une convergence de mobilisation qui a forgé dans les têtes des manifestants le mot d’ordre général : la défense des Services Publics.

On sait que les fonctionnaires connaissent depuis 2010 le blocage du point d’indice, ce qui signifie une baisse très forte du pouvoir d’achat, des blocages dans les déroulements de carrière, le recul de l’âge de départ à la retraite, le manque de personnel, les suppressions de postes subies et prévues, notamment. Les cheminots, quant à eux, vivent une situation assez semblable sur bien des points, et évidemment la perspective de la privatisation de la SNCF, l’ouverture à la concurrence, la fin du statut, en rajoutent sur les motifs de se révolter.

Ces convergences revendicatives et d’exigences de moyens suffisants pour exercer leurs missions au service de la population caractérisent bien le ressenti profond des centaines de gens présents le matin à Montluçon (400) et l’après-midi à Moulins (2 000) : Emmanuel Macron, son gouvernement et sa majorité parlementaire veulent détruire le modèle social français dont les services publics sont un élément essentiel.

 

400 manifestants le matin devant la sous-Préfecture de Montluçon
Toujours le matin à Montluçon

 

Certes, les refrains anti-fonctionnaires sont entonnés depuis de nombreuses années par les libéraux de tous poils (ceux qui se revendiquent avec ostentation d’en être, comme les politiciens de droite, et ceux qui s’en défendent mais en sont en réalité - comme ceux qui ont gouverné jusqu’en 2017). Mais cette manière d’opposer des catégories de travailleurs entre elles -les actifs aux retraités, les salariés du privé aux fonctionnaires, parfois les immigrés aux autochtones a tout de même des limites. Une majorité de nos concitoyens semblent être solidaires des grévistes et manifestants du 22 mars. Et puis, qui pourrait ignorer les très difficiles conditions de travail des personnels hospitaliers et des EHPAD ? Qui ne sait que les dysfonctionnements fréquents de la SNCF proviennent du manque de moyens notamment en personnel et en investissements ? Qui n’est pas inquiet des fermetures de classes, des enseignants malades non remplacés ? Qui ne sait pas que les agents des impôts vivent très mal les conditions dans lesquelles on leur fait exercer leur métier indispensable au fonctionnement de l’État ?

On peut lire entre les lignes des commentateurs dans les médias que le Pouvoir est inquiet du mouvement qui s’enclenche, sous-entendu qu’il pourrait faire tache d’huile. En effet, les retraités se sont fortement mobilisés dans les rues le 15 mars, et sans doute que les salariés du privé regardent tout cela en se demandant si peut-être le moment est venu pour eux de réclamer leur juste dû, tant la situation de la majorité d’entre eux continue de se dégrader en matière de rémunération, de conditions de travail, de manque de respect de la part des employeurs. Le chômage reste considérablement élevé et pèse d’un poids énorme sur les capacités de mobilisation, mais dans le même temps les profits des grands groupes industriels, commerciaux et financiers explosent,  les cadeaux fiscaux faits par Emmanuel Macron aux plus riches sont jugés intolérables par de plus en plus de gens. La soupape ne va-t-elle pas finir par sauter avec fracas ?

Quelques aspects de la mobilisation du 22 mars : 51% de grévistes dans Les Finances Publiques dans l’Allier, avec le Centre des Impôts de Montluçon fermé, plusieurs écoles fermées à Montluçon, de nombreux employés municipaux présents au rassemblement de Montluçon, de nombreuses « têtes nouvelles » dans la rue nous dit-on, une manifestation très dynamique et joyeuse à Moulins.

L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins
L'après midi à Moulins

L'après midi à Moulins

Pour bien marquer l’utilité des différents services publics, les organisateurs de la manifestation moulinoise avaient prévu un parcours chargé de symboles, avec à chaque fois une prise de parole d’un syndicaliste appartenant au service public en question, et l’alternance entre les différents syndicats. Ainsi, le cortège a démarré du centre Hospitalier, puis s’est arrêté devant le Lycée Banville, puis La Poste, l’Inspection du Travail, EDF, la Sécurité Sociale, le Conseil Départemental, le Tribunal et enfin la Préfecture.

Prochain grand rendez-vous dans les jours à venir : la grève des cheminots à partir du 3 avril. On sait que la Direction de la SNCF a manœuvré pour empêcher de nombreux cheminots à monter manifester à Paris (suppression du train Montluçon-Vierzon) alors que le nombre d’inscrits était à niveau exceptionnel. Ils étaient finalement présents le matin  à Montluçon et l’après-midi à Moulins. Leur mobilisation s’annonce très forte. Leur lutte n’est pas catégorielle mais d’intérêt général, et assurément le soutien de la population sera un élément déterminant dans l’issue de la bataille.

La rédaction de regardactu

Tag(s) : #Le département, #Actualité sociale

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