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Dimanche 18 mars, Alain Martin s'est rendu à la commémoration de la commune organisée par le Parti communiste de Commentry, par le groupe d'opposition « Commentry pour tous » et par Ensemble Allier. Cela se passait à la salle Lafanechère située non loin du marché couvert à Commentry.

Selon l'auteur du billet qui suit, il y avait une vingtaine de personnes, ce qui ne représente évidemment pas l'ensemble des sensibilités attachées à cette partie de notre histoire. Mais les contentieux ayant largement contribué à l'éclatement des courants se réclamant de cette tradition de pensée sont tels qu'il n'existe plus de dialogue entre les uns et les autres.

Il faut croire que la division des forces progressistes ne datent pas d'hier. Déjà au moment la commune, les tensions, même si elles n'étaient pas de la même nature qu'aujourd'hui, étaient bien réelles, notamment entre le courant marxiste et le courant Anarchiste. c'est ce que nous explique Alain martin dans sa "chronique libre".

 

Ce matin, 18 mars 2018, je me suis rendu à la 2ème commémoration initiée par le PCF, Commentry pour tous et un des derniers survivants d’Ensemble.Je veux tout d’abord préciser que mon écrit n’est pas à charge de cette organisation que je trouve louable mais, d’un point de vue doctrinaire, il me semblait important d’avoir une vision autre que marxiste de ce qui fut la première grande révolution prolétarienne.Rétablir le fait que cette insurrection, qui ne fut certes pas la première – Lyon, la Guillotière, Toulouse, Marseille et d’autres avaient déjà eu lieu – fut néanmoins la plus grande. Qu’elle ne concernait pas seulement les crève-la-faim comme j’ai pu l’entendre un jour, mais toute, ou presque, la population de Paris.

Même si Louise Michel, comme infirmière, a été citée ce matin, même si Eugène Pottier est cité comme chansonnier de « Elle n’est pas morte », même si certains ont parlé d’émancipation, d’autogestion, d’expropriation, de partage, même si on a diffusé « Le temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément chanté par Mouloudji, même si le mot socialiste a été souvent prononcé, les mots antiautoritaire, libertaire, voire anarchiste n’ont jamais été prononcé… quel dommage ! Et pourtant ! Vallès, Varlin, Lefrançais, les frères Reclus, Malon et tant d’autres étaient proudhoniens au moment de la Commune et ont presque tous adhéré à la fédération jurassienne anti-autoritaire créée par Bakounine… sauf les morts évidemment !

Ce que disait Marx à l’époque :

Dans une interview parue peu après les événements, le penseur du mouvement ouvrier donne son sentiment sur l'insurrection parisienne. En 1871, quelques mois après l'insurrection de la Commune, Karl Marx est interrogé par le New York Herald. L'interview est reprise dans Le Gaulois du 22 août. On lui demande quels étaient les liens entre l'Association Internationale des Travailleur s (AIT), dont il est le chef, et le mouvement parisien, que Marx a célébré dans le pamphlet La Guerre civile en France, paru en mai : « On a dit et écrit, a répondu Karl Marx, beaucoup d'absurdités sur les grands projets de révolte tramés par l'Internationale. Il n'y a pas là un mot de vrai. La vérité est que l'Internationale et la Commune ont fonctionné ensemble pendant une certaine période, parce qu'elles combattaient le même ennemi ; mais il est tout à fait faux de dire que les chefs de l'insurrection agissaient en vertu des ordres reçus du Comité central de l'Internationale de Londres.» (Note de l’auteur : fonctionnement qu’il démentait avant dans un article paru dans un journal de Londres)

Marx, qui depuis Londres a suivi attentivement l'évolution de la situation à Paris, dit ensuite avoir conseillé aux insurgés, dès le début du mouvement, de marcher sur Versailles : "S'ils avaient fait cela, le succès était certain... Ils ont perdu cette magnifique occasion par l'incapacité de leurs chefs, et à partir de ce moment je prévis le résultat et j'en fis la prédiction à nos comités."

« L'incapacité de leurs chefs ». Tel est le message que Marx entend faire passer : il n'a rien à voir avec les leaders de l'insurrection, qu'il accable de reproches parce qu'ils n'ont pas suivi ses orientations. Ainsi Flourens, d'après lui, n'était « pas plus capable de conduire une armée qu'un enfant de dix ans », Bergeret s'est révélé « complètement incapable », Assi était « un idiot », Rochefort « une espèce de bohème littéraire », Pyat un « déclamateur et un "lâche »... Et quant à Victor Hugo, « sans contredit un grand poète », c'est aussi selon Marx « un de ces hommes toujours prêts à épouser une cause qui plaît à leur imagination. On ne peut compter sur lui.»

Enfin, l'auteur du Capital réaffirme les principes de l'Internationale : « La féodalité, l'esclavage, la monarchie, le capital, le monopole, tous doivent s'évanouir successivement de la face de la terre. La féodalité a disparu la première ; la monarchie s'en va si vite que nous la jugeons à peine digne de nos coups. Le monopole et le capital suivront bientôt. La lutte sera terrible ; mais elle est nécessaire et inévitable... […] Si notre parti arrivait au pouvoir, le premier acte du Parlement serait de déposer la reine et de proclamer la République. Ensuite, nous mettrions toutes les grandes propriétés entre les mains de l’État, qui les exploiterait au profit des producteurs. Quant aux oisifs, il n'y aurait rien pour eux

Lénine, qui a beaucoup relu les évènements de la Commune de Paris, a su tirer profit de ses enseignements, notamment en ce qui concerne la prise de pouvoir des banques et a compris l’enseignement de Marx en mettant toutes les grandes propriétés aux mains de l’État.

Dommage qu’il s’ensuivit la confiscation de la révolution et une dictature prolétarienne. La même année, la défaite de la Commune et sa répression provoquera la scission de l'AIT, divisée entre la tendance marxiste et la tendance anarchiste défendue par Bakounine.

Alain Passat pour le PCF, Sylvain Bourdier pour Commentry pour tous et Alexis Mayet pour ce qu’il reste d’Ensemble ont pris tour à tour la parole pour vanter la Commune, ses progrès, ses ambitions et la comparer avec certains événements actuels. Ensemble souligne le bienfait de la Commune et, je ne me souviens plus de la phrase exacte, mais il pense que Proudhon, comme d’autres, en étaient fier (ou quelque chose d’approchant, on me corrigera sans doute). Surement les bienfaits de la croyance qui, du fond de son tombeau, permet à Proudhon d’avoir encore de belles pensées …Michel Bakounine, en plusieurs fois, James Guillaume et Pierre-Joseph Proudhon avant eux avaient prédit l’avènement des communes, ainsi que le fédéralisme qu’il faudrait construire afin que celles-ci s’étendent.

Je vous incite à visiter mon blog et d’y lire certains articles comme : Les Anarchistes et la Commune, ainsi que les grands noms de l’anarchisme dont quelques-uns ont participé à la Commune : Louise Michel, Elisée Reclus, Gustave Lefrançais.

Ce matin, nous n’étions qu’une vingtaine, bien peu pour ce genre d’évènement… Peut-être qu’il n’y a pas eu assez d’infos dans ce sens… En tout cas, si moi je l’ai su, c’est grâce à ce site…

Alain l’anar.

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