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On se souviendra peut-être plus tard de l'appel du 5 mai. À en lire le compte-rendu dans Reporterre (lire ICI), on a en tout cas le sentiment qu'il s'est passé quelque chose d’inattendu lors de cette soirée mémorable pour ceux qui y ont participé. Notamment la volonté d'unifier les luttes avec une proposition de date, le 5 mai prochain, afin de réussir une grande manifestation unitaire ouvrant des perspectives concrètes pour amplifier la mobilisation et l'étendre rapidement à d'autres secteurs d'activité.

 

© Alexandre Reza Kokabi/Reporterre

Carton plein pour cette assemblée générale avec Ruffin et Lordon pour un grand débordement
 

Pourtant, ce qui a été voté à la presque unanimité participant-e-s à cette assemblée n'est pas forcément acté par tous les acteurs du mouvement social. La proposition du 5 mai n'a pas été reprise par les organisations syndicales organisatrices de la journée de grève du 19 avril, la priorité pour eux étant avant tout de réussir celle-ci, d'autant plus qu'elle avait été concertée et décidée bien avant.

 

© Alexandre Reza Kokabi/Reporterre

L'enthousiasme et l'envie de lutter qui revient...
 

Pour autant, doit-on opposer les deux initiatives ?

Loin de s'opposer ou de se faire concurrence, les appels des 19 avril et du 5 mai se complètent et pourraient même permettre de marquer des temps forts vers une mobilisation générale dont on commence à apercevoir les contours au fur et à mesure que les différents secteurs de la fonction publique et du privé rejoignent les initiatives et les actions en cours ici et là.

En plus du 19 avril et du 5 mai , une troisième date a été annoncée par l'intersyndicale à Marseille pour le 14 avril. Entre toutes ces étapes clé, les mobilisations et l'extension du mouvement reste à l'ordre du jour dans de nombreuses assemblées générales de grévistes, et tout ceci pourrait nous réserver bien des surprises.

Face à la mobilisation, le gouvernement répond par la provocation

On aurait pu penser que dans pareil contexte, le gouvernement choisisse de jouer la carte de l'apaisement. C'est pourtant l'inverse qui s'est produit et contre toute attente, c'est justement pendant cette séquence de fortes tensions sociales que celui-ci a lancer une vaste opération de répression contre les zadistes de Notre Dame des Landes. Plus de 2 500 gendarmes ont été mobilisés avec un matériel impressionnant pour démanteler les différents lieux de vie et d'expérimentation, qui pour certains existaient depuis plusieurs années.

Le résultat recherché par le gouvernement est sans conteste possible un effet de sidération du mouvement social en espérant impressionner suffisamment les esprits pour stopper toute velléité de résistance face au rouleau compresseur ultra-libéral. Car Emmanuel Macron veut aller vite, beaucoup plus vite que ces prédécesseurs, pour répondre aux injonctions d'une Europe sous la tutelle des grands groupes financiers.

Dépasser les revendications catégorielles

Pour stopper l'offensive libérale et la « Blitzkrieg » (guerre éclaire) exécutée par les stratèges de l’Élysée et de Matignon, le mouvement social n'a d'autre choix que l'unité. Mais pour cela, le champ des revendications doit s'élargir bien au delà du simple lexique catégoriel, car les enjeux dépassent de très loin les questions portant sur les salaires et les conditions de travail ici ou là (parfaitement fondées par ailleurs), et même celle portant sur une meilleure répartition des richesses. Car en réalité, c'est toute notre société qui vacille à cause d'un système entièrement voué à la spéculation, devenu incontrôlable.

En vérité, c'est cela que disent celles et ceux qui défendent les services publics au service de tous les usagers, quels que soient leurs revenus. Ce que disent les zadistes de Notre Dame des landes et de Bure qui défendent avec passion l'environnement et la nature, ce que disent ceux qui défendent les réfugiés et les droits humains universels, et tous les autres. Et tous ajouterons qu' « il faut changer de paradigme » remettre au centre l'humain et la planète. Voila l'enjeu véritable, et si nous n'y parvenons pas nous en payerons le prix fort.

Bien avant eux un autre combattant pour les droits humains affirmait « Lorsque l'homme blanc aura coupé le dernier arbre, tué le dernier animal, pollué la dernière goutte d'eau et pêché le dernier poisson, alors, il se rendra compte que l'argent n'est pas comestible. » Sitting Bull. Méditions...et luttons pour ne pas être les simples esclaves du temps (Baudelaire) et ainsi être utiles pour les générations qui suivent.

Philippe Soulié

Nota : un grand merci à Reporterre qui nous a prêté gracieusement les photos qui illustrent cet article. Celles-ci proviennent de l'excellent reportage que ce média indépendant a réalisé pendant l'assemblée générale organisée par Ruffin et Lordon à la Bourse du Travail à Paris début avril (voir le lien plus haut dans l'article).

Reporterre a été le seul média qui a rendu compte heure par heure de l'évolution de la situation lors de l'évacuation de la ZAD de Notre Dame des landes. Soutenez ce journal qui a besoin des dons pour exister.

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Actualité sociale

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