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Pour l'évacuation de la ZAD de Notre Dame des Landes, le gouvernement a tout prévu, y compris l'encadrement des médias, tout comme le font les Américains sur les zones de guerre. À leur arrivée sur les lieux, les journalistes ont été dirigés vers un carré de presse spécialement aménagé pour eux, avec interdiction de se rendre sur le terrain, au prétexte de ne pas entraver les opérations en cours. Cerise sur le gâteau, le centre opérationnel de la gendarmerie installé sur place leur a même proposé de leur fournir des images enregistrées par leurs soins afin de leur démontrer que tout se passait pour le mieux.

L'opération a donc bien été conçue et organisée comme une opération militaire, y compris avec la volonté de contrôler l'information en direction du grand public. Le SNJ CGT a immédiatement réagi pour dénoncer cette opération de propagande :

 

 

Depuis hier matin et comme promis par le gouvernement Macron, 2500 gendarmes sont mobilisés pour évacuer la ZAD (Zone à défendre) de notre Dame-des-Landes.

Trois mois après l'abandon du projet d'aéroport, l’opération « musclée, brutale ou violente » selon les zadistes se fait sans présence de journalistes.

En effet, les médias sont clairement interdits de filmer les affrontements. Selon Cédric Pietralunga, journaliste au Monde, le ministère de l’intérieur invite les journalistes sur place à « ne pas gêner les manoeuvres opérées par la Gendarmerie, à rejoindre un espace presse » et ils doivent se contenter des images officielles fournies « gracieusement » par les forces de l’ordre. Selon Antoine Denéchère, journaliste de France Bleu, « la gendarmerie envoyait par mail les vidéos et photos de l'opération en cours ». Le correspondant de France 2 a déclaré qu’il n’avait jamais vu ça en vingt ans de carte de presse…

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, qui se félicitait de la conduite des opérations, les affrontements sont pourtant « peu intenses ». Le point presse tenu par les zadistes de NDDL parle lui d’une « émotion vive après cette opération brutale qui met à mal le dialogue qui commençait avec la préfecture, On est extrêmement choqués ».

Le SNJ-CGT proteste vigoureusement contre cette mise au pas et ce contrôle de l’information visant à éviter la diffusion d’une information indépendante des pouvoirs en place et réclame immédiatement la libre circulation des journalistes dans la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes.

Montreuil, le 10 avril 2018
SNJ-CGT

Tag(s) : #Notre Dame des Landes

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