Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Que ce soit à Bure ou sur la ZAD de Notre Dame des landes, les grenades employées contre les manifestants sont de véritables armes de guerre, et le nombre de mutilés et d'estropiés ne cesse de grimper sans que l'État ne réagisse.

Encore faut-il préciser que ce type d'arme ne devait être utilisé que pour permettre aux gendarmes de se défendre pour le cas où ils seraient en danger. Or, les témoins rapportent qu'elles servent comme armes offensives. On assiste donc à une banalisation de cet usage en toute connaissance de cause, puisque on connaît les risques si l'on se réfère à l'expérience passée.

Pourtant, cette stratégie de la terreur ne fonctionne pas comme l'espère le gouvernement. Bien au contraire, cela ne fait que renforcer la détermination de celles et ceux pour qui les enjeux écologiques et environnementaux sont absolument vitaux pour notre planète et pour l'humanité.

Nous avons choisi de reproduire intégralement la lettre de Robin, mutilé à Bure par une grenade GLI-F4, le même type de grenade qui a aussi mutilé Maxime à la ZAD de Notre Dame des landes.

Nous publions aussi le communiqué de presse du collectif de la ZAD concernant ce grave incident en espérant que tout ceci débouche sur l'interdiction pure et simple de ces engins qui peuvent aussi tuer, comme ce fut le cas pour Rémi Fraisse lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens.

 

Pour Maxime, mutilé sur la zad le 22 mai 2018 - lettre de Robin, mutilé à Bure le 15 août 2017.

Mettre des mots sur l'horreur.

Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d'État.

Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner.

Ne pas se laisser écraser par le concert d'opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu'elle devrait spontanément engendrer.

Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il rejoint bien plus gravement encore, l'enfer que j'ai vécu durant 9 mois.

Le 15 août 2017, à Bure, l'explosion d'une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13cm et jusqu'à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C'était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d'enfouissement de déchets radioactifs à 500m de profondeur. Il y a eu 30 blessés dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent de la TNT et explosent !

Leurs déflagrations font 1m de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les
appellations de « lacrymogènes » ou d'« assourdissantes » que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : Ce sont des armes de guerre !

L'État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu'un tir à balle réelle.

Déjà, à l'époque, j'avais alerté sur les dangers des grenades explosives en organisant une
manifestation pour exiger leur interdiction mais les grandes chaînes ont cantonné l'information à la région Lorraine. La majorité des français ignore encore la vérité sur ce sujet.
Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et des centaines de blessés notamment à cause des éclats de métal qu'elles projettent. Où est la violence ?

Maxime est actuellement à l’hôpital.

Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit et jour, il devra désormais
supporter ce handicap inimaginable : vivre avec une seule main.

Cette main, que l'explosion lui a arraché sur le coup, l'État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de l'ordre a fait couler trop de sang.

Combien d'éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par l'utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ?

La violence de l'État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche à nous terroriser, à nous acculer à la résignation. Face à cela, la solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter.

Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime, prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez !

La vie continue, le combat pour elle aussi. Maxime tiens bon !

 

 

Les mensonges de la gendarmerie sur les circonstances du tir de grenade qui a mutilé Maxime.

Alors que l'opération de gendarmerie en cours sur la zad venait de commettre une faute aussi
dramatique que prévisible, le premier réflexe du parquet comme du ministère de l'intérieur a été de dégainer au plus vite dans les médias le récit adéquat dans le but de couvrir les faits, se justifier de la mutilation de maxime et tenter de neutraliser les réactions. M. Collomb ou le procureur général s'y sont employés immédiatement de la manière la plus affirmative possible, sans la moidre décence ni le moindre regret. C'est l'usage.

Au delà des considérations générales sur la brutalité de l'opération policière en cours, de la dangerosité avérée des grenades explosives et de leur usage immodéré sur la zad ces dernières semaines, nous avons souhaité pour notre part attendre d'avoir pu croiser différents témoignages avant d'être aussi affirmatif sur les faits.

Il nous apparaît aujourd'hui que la version gouvernementale selon laquelle les gendarmes auraient lancé des grenades pour se dégager en urgence d'un groupe d'une cinquantaine de manifestants les attaquants avec des cocktails molotovs est une fiction. Les communiquants de la gendarmerie pouvaient aisément le vérifier : chacune des interventions des gendarmes sur la zone a été filmée par leurs services. D'après les témoignages que nous avons recueilli, le drame est au contraire intervenu dans un moment décrit comme calme ou quelques dizaines de personnes faisaient face de manière statique depuis environs 45 minutes aux gendarmes mobiles. Ceci alors que le déblaiement d'habitat de la chateigne était en cours derrière la ligne policière. Les gendarmes étaient alors très nombreux face à un groupe réduit de manifestants. Un effectif de gendarmes mobiles, en embuscade est alors sorti à l'improviste de la forêt. Ils ont chargé les manifestants pour les dégager du champs et susciter un mouvement de panique. Cette charge subite a effectivement causé une fuite immédiate des personnes présentes, en direction de l’unique et étroit passage de sortie au bout du champs. C'est à ce moment là qu'une série de grenades a été lancée sur quelques personnes à la queue du groupe tentant d'échapper à la charge. Après l'explosion, plusieurs personnes se sont retournées et ont vu la victime, debout, dos aux gendarme, se tenant le poignet droit avec la main
gauche.

Celle-ci a ensuite été plaquée au sol et tirée plusieurs mètres plus loin. Les témoins disent
avoir vu les gendarmes "nettoyer" autour de la victime, enlever les morceaux de chair et mettre de la terre sur les traces de sang.

Ce qui ressort de l'ensemble des témoignages est clair : contrairement à ce qu'ils affirment, les
gendarmes ne sont pas intervenus avec des grenades explosives pour se dégager d'un groupe
d'assaillants et se sortir d'une situation de danger grave, mais bien pour disperser des manifestants statiques et en sous nombre d'un champs. Ceci n'a d'ailleurs malheureusement rien d'inhabituel dans cette opération policière. Au cours des dernières semaines, chacun peut témoigner que les grenades explosives GLIF4, entre autres armes mutilantes, ont été utilisées à de multiples reprises comme simple outil de dispersion et de terreur et non pour faire face à des attaques réelles d'opposants.

Soulignons en passant que du côté même des gendarmes, les seules blessures graves dans leur rangs à l'automne 2012 comme lors de cette nouvelle vague d'expulsion ont
été causées par un mauvais usage et l'explosion de leurs propres grenades.
Nous appelons à réagir partout pour dénoncer les mutilations causées par les armes de la police et la brutalité de l'opération toujours en cours sur la zad.

Tag(s) : #Actualité sociale, #Ecologie

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :