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La manifestation en faveur de la desserte ferroviaire organisée par l'association « Montluçon, de l'ombre à la lumière » ce samedi 2 juin n'a pas déplacé les foules. Le Président de l'association, Christophe Guerreiro s'en est un peu énervé, car il ne comprend pas le manque d'intérêt pour un sujet aussi structurant pour la ville.

 

Environ 120 personnes à la manifestation pour la défense du rail (photo RMB)



Pourtant, si on interroge les montluçonnais sur ce sujet, ils sont unanimes pour souligner que l’État abandonne les villes moyennes, et pas seulement sur la question de la desserte ferroviaire. C'est d'ailleurs Montluçon qui a été prise en exemple par le « Le Monde diplomatique » pour illustrer la longue descente aux enfers des villes dont la population oscille entre 30 000 et 100 000 habitants, et plus particulièrement des 30 villes les plus touchées par ce phénomène, dont Montluçon est un condensé, puisque la ville cumule à elle seule tous les handicaps, ainsi que le souligne l'article (écouter l'émission de Là-bas si j'y suis sur Montluçon)

Le Coderail a accepté de prendre la parole à l'issue de cette manifestation. Aussi, nous avons recueilli le témoignage de Claude Lemoine, membre du Coderail, qui intervient parfois dans les colonnes de Regardactu :

 

Comme le 28 avril dernier, Le CODÉRAIL, invité à la prise de parole par l’organisateur de la marche du samedi 2 juin, Christophe Guerreiro, a réclamé « un large débat public sur le ferroviaire » avec l’appui des forces organisatrices du 28 avril.

Le CODÉRAIL seul n’a pas les moyens de réaliser cette ambition, la logistique de ce genre d’événement étant financièrement importante. Le CODÉRAIL possède pourtant une expertise reconnue par tous et le débat pourrait être riche. Cette demande n’est pas relayée, n’a pas d’écho et c’est bien dommage.

L’intervention est affichée dans l’annexe ci-dessous.

Christophe Guerreiro a réclamé des lignes modernisées, a obtenu le soutien oral et moral du maire de la ville (qui a encouragé à d’autres actions), présent avec quelques conseillers municipaux de sa majorité et de son opposition ; preuve en est que le soutien au rail montluçonnais n’a pas de frontière politique locale.

Il a répondu aux journalistes : l’événement a généré un sujet long de 1 minute et 27 secondes dans le 19/20 de France 3 Auvergne samedi soir, et un article dans le journal local du dimanche, ce qui à mes yeux n’est que superficiel au regard de l’importance du problème. (lire l’intervention du Codérail du 28 avril -ICI-)

Tout comme le maire le 28 avril qui était déçu de la faible mobilisation de sa marche (500), le président de « L’ombre à la Lumière » était amer de n’avoir pu compter que 150 participants au plus gros de cette marche, et ceux-ci se sont dispersés au cours du trajet pour ne finir qu’à une centaine place Jean Jaurès (la marche a-t-elle été trop rapide?). Il s’est demandé publiquement à quoi cela servait qu’il se batte pour notre desserte depuis 2 ans et demi pour n’obtenir que cette très faible audience.

Pourtant les moyens d’annonce avaient été conséquents : affiches 4x3 m, affichettes dans tous les commerces et dans les départements voisins, interventions dans les radios locales, donc tout le monde savait et peu sont venus, pas même les 500 adhérents dont se revendique l’association.

Qu’est-ce qui les a retenus ? Pas la pluie comme le 28 avril, peut être la nécessité de raccourcir le repas car 13h30 peut sembler tôt, ou le fait que ce soit un samedi, jour où les commerçants ont beaucoup de clientèle et ne peuvent s’absenter ?

De son côté, le CODÉRAIL avait invité à travers des courriels à ses adhérents et relayé par les médias locaux, dont RegardActu en primeur, à participer à cette initiative, alors qu’une grosse partie de son bureau était allée soutenir son antenne à la gare de St Florent-sur-Cher lors d’un rassemblement avec les syndicats de cheminots de la ligne Bourges/Montluçon.

Le Codérail a dit qu’il soutiendra toutes les action de défense du rail, il l’a fait et le fera encore.

Claude Lemoine, membre du bureau du Codérail.

 

Intervention du Coderail lors de la marche du 2 juin 2018

Le CODÉRAIL  est ici aujourd'hui à sa place, car il a dit qu’il soutiendrait et participerait à toutes les initiatives pour défendre le rail, comme il le fait depuis 30 ans cette année.
Notre slogan est toujours : «Moderniser et développer le transport public ferroviaire pour l'avenir économique de nos régions».

Comme l’autre fois nous ne pensons toujours pas que la réforme en cours de la SNCF est matière à améliorer nos dessertes, bien au contraire.


St Florent

Une grosse partie des membres du bureau de Codérail sont à une autre manifestation pour défendre la ligne Montluçon-Bourges/Vierzon organisée par les syndicats des cheminots de cette ligne et par ses usagers. Le mécontentement n’est pas qu’à Montluçon. Il est aussi à St Amand-Montrond, à Vallon-en-Sully, à Châteauneuf-sur-Cher, et aussi partout en France là où la SNCF est en train d’abandonner les lignes de proximité.

Ce qui est important sur cette ligne est d’améliorer l'infrastructure et le passage à 2 voies vers Bourges avant l'électrification.

Bordeaux-Lyon

Il nous faut des trains directs vers la capitale de Région, et améliorer la liaison en totalité de cette ligne qui irrigue Périgueux, Limoges et Roanne.

Le pôle intermodal

La gare doit être modernisée avec des accès handicapés dans celle-ci, ascenseurs, et des possibilités d’échange avec d’autres moyens que sont les bus, les taxis, les vélos...

La carrière d’Archignat

Si cette exploitation voit le jour, il faut que l’évacuation des matériaux soit 100% rail pour éviter des rotations importantes de camions défonceurs de routes à proximité et dans la ville d’Huriel.

Favoriser le ferroutage

Le pouvoir du lobby pétrolo-routier impose à nos décideurs le tout routier, générateur de GES1, de pollutions, d’accidents.

Les routes sont saturées de camions venant et transitant depuis toutes les zones de l’Europe.

Fret ferré

Remettre les transports de marchandises sur les rails, ce qui augmentera le nombre de circulations sur les lignes insuffisamment fréquentées et qui ainsi rentreront dans les critères de meilleure rentabilité.

Pour tout cela :

Le CODÉRAIL revendique un Service Public Ferroviaire tel qu'il l'a prouvé dans le passé, à même de répondre aux besoins de mobilité des populations, aux besoins des entreprises par une offre fret efficace plutôt que filialisée, un Service Public Ferroviaire à même de répondre au besoin urgent de report modal de la route vers le rail et de répondre aux défis énergétiques et environnementaux qui nous font face, pour peu qu'on lui en donne les moyens.

Comme le 28 avril, le CODÉRAIL se porte toujours à l’initiative d’un large débat public dans un avenir proche sur le dossier ferroviaire avec l’appui des participants du 28 avril et d’aujourd’hui.
Ce débat entend réunir élus de toutes tendances, population, usagers, entreprises, organisations patronales et syndicales, SNCF et cheminots. Nous souhaitons que cette proposition reçoive un accueil favorable et l’aide des personnes qui nous en ont promis une.

Tag(s) : #Montluçon, #Actualité sociale

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