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Les autorités tentent de rassurer la population après l'incendie à Environnement Recycling, et la communication bat son plein depuis hier soir à propos des risques de pollution, suite à l'incendie qui a ravagé les zones de stockage de l'usine de traitement des déchets située à proximité du Centre Aqualudique de la Loue.

Déjà dans la soirée, la sous-préfète indiquait que « les 1ers relevés de l'air étaient positifs et que, malgré la forte odeur, il n'y a pas de risques pour la santé ». Ce message, visiblement destiné à rassurer la population, n'a pas convaincu les nombreux internautes qui se sont exprimé sur les réseaux sociaux et pensent que pas plus qu'il n'y a pas de fumée sans feu, il ne peut y avoir d'odeur sans pollution. Or le fait est qu'une forte odeur de plastique brûlé se soit répandue bien au-delà de la zone du sinistre de manière persistante jusqu'au lendemain, n'a pas contribué à calmer les esprits.

Surtout, c'est la gestion de "l'après" qui inquiète le plus. Le risque que les autorités puissent être tenté de minimiser les effets de ce que nos confrères de RMB ont qualifié avec raison « d'énorme incendie », notamment en terme de pollution pour la population, mais aussi pour l'environnement est bien réel.

« Un énorme incendie » nous dit RMB


La question qui est maintenant clairement posée aux autorités de l’État, est celle des conditions de stockage des déchets sensibles à ciel ouvert, exposés à toutes les intempéries et aux écarts parfois importants de température. C'est cela qu'il est urgent d'aborder en priorité, ne serait-ce que pour préserver la sécurité des salariés de l'usine, des riverains immédiats, des usagers du Centre Aqualudique, très proche et nombreux durant la période estivale, et plus généralement de la population du bassin de vie. Tous attendent que des initiatives fortes soient prises en termes de sécurité pour que de telles catastrophes ne se reproduisent pas quand de fortes chaleurs surviennent.

De ce point de vue, la CGT, soutenue par d'autres syndicats (notamment pas la FSU et Solidaires) a joué un rôle citoyen déterminant pour que soient renforcées les dispositifs de protection des salariés, mais aussi pour garantir un haut niveau de sécurité auquel les riverains aspirent, et bien sûr pour préserver l'environnement. Dans ces conditions, pourquoi le secrétaire de l'union départementale de la CGT a-t-il été poursuivi, alors que précisément, il agissait avec d'autres militants pour l'intérêt de tous ? Cette question est maintenant sur toutes les lèvres.

Les patrons d'Environnement Recycling seraient-ils au-dessus des lois, et bénéficient-ils de passe-droits au nom de la sacro-sainte loi du marché, de la concurrence libre et non faussée, qui suppose que l'on revoit toujours et partout à la baisse les protections et la sécurité des salariés ainsi que des populations impactées par les industries ?

En 2014, 10 tonnes de déchets étaient parties en fumée. En 2018, se sont 500 tonnes qui se sont évaporé dans l'atmosphère. Jusqu'où devrons-nous tolérer que notre santé soit mise en danger et que l'environnement soit détruit, cela pour satisfaire les appétits et les exigences du marché ?

 

500 tonnes de petit matériel sont partis en fumée à Environnement Recycling (Photo RMB)



Les autorités de l’État affirment qu'il n'y pas de pollution comme si elles souhaitaient tourner définitivement la page. Or, le pire serait que rien ne soit fait, car cela indiquerait très clairement que la santé publique et la protection des citoyens est devenu une question secondaire parce qu'accessoire aux yeux de ceux qui nous dirigent.

Cela montre aussi clairement que les riverains qui sont aux premières loges, les syndicats qui se battent pour faire respecter et évoluer les normes de sécurité sur les installations à risques, et les défenseurs de l'environnement ont intérêt à conjuguer leurs efforts pour imposer le renforcement des contrôles dans cette usine dont plus personne ne peut nier maintenant qu'elle fait partie des installations à risque, même si elle n'est pas classée SEVESO. Les commis de l’État doivent prendre toutes leurs responsabilités, faute de quoi, les citoyens seront fondés à s'organiser pour garantir leur propre sécurité.

Philippe Soulié

Tag(s) : #Montluçon

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