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À l'initiative du Conseil consultatif national d'éthique (CCNE), les  États généraux de la bioéthique se sont tenus en France au 1er trimestre 2018. Cette consultation avait pour but de recueillir un large panorama d'opinions en vue de la révision, prévue tous les 7 ans, de la loi bioéthique de 2011. La "fin de vie" faisait partie des thèmes à traiter.

Dans ce cadre, des militants Admd ont participé à l'Atelier sur « Le droit de mourir dans la dignité » mis en place par Laurence Vanceunebrock- Mialon Députée de l'Allier. La restitution des travaux a eu lieu le 18 juin lors d'une réunion Publique.

Mardi 25 juin, le (CANE) a, lui aussi, rendu sa copie. Dans le document, il reconnaît que « les conditions de la fin de vie en France ne sont pas bonnes » mais propose de ne pas modifier l'actuelle législation -la première loi Léonetti date du 22 avril 2005 !-  et demande qu'elle soit mieux connue et appliquée. Comprenne qui pourra !

Jean- François Delfraissy Président du CCNE ose déclarer" Une fraction de personnes estiment que la fin de vie relève d'une décision individuelle. nous n'allons pas jusque-là."

Parler d'une "fraction de personnes alors que près de 90% de nos concitoyens se déclarent favorables à la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie, c'est se moquer du monde.
Plus scandaleux encore,  il est insupportable pour le CCNE que des adultes puissent disposer de leur libre arbitre en ce qui concerne leur propre mort ! L'assemblée des évêques n'aurait pas su mieux dire.

Était-ce, ce qu'avait en tête Emmanuel Macron déclarant devant cette même assemblée au Collège des Bernardins le 9 avril 2018  "le lien  entre l’Église et l’État s'est abîmé...et il nous importe de le réparer"?

Coïncidence, Yves de Locht médecin belge qui pratique dans son pays des euthanasies sur des malades français. vient de publier Docteur, rendez-moi ma liberté. « Euthanasie: un docteur belge témoigne.» Ed. Michel Lafon. Au travers des témoignages des patients qu'il reçoit,  il constate que l'on meurt mal en France et que la loi doit y changer. Il interviendra lors de l'assemblée générale de l'Admd   le 6 octobre à Montpellier.

Quelques liens d'interviews qu'il vient de donner :

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/on-meurt-mal-en-france-le-cri-d-un-medecin-belge_2034475.html

https://www.leparisien.fr/societe/de-plus-en-plus-de-francais-demandent-a-mourir-en-belgique-alerte-un-medecin-16-09-2018-7890648.php

https://rmc.bfmtv.com/emission/ce-medecin-l-assure-il-y-a-4-000-euthanasies-clandestines-en-france-1523490.html

Ce constat en forme de dénonciation d'une situation insupportable s'illustre dans notre département : trois adhérents Admd  sont allés récemment en Suisse pour pouvoir bénéficier d'une MVA (mort volontaire assistée) qui leur était refusée en France.

Suite à l'accompagnement en Suisse d'un de ces adhérents, j'avais écrit à nos trois députés pour leur dire à fois ma honte et ma colère. Cette personne souffrait de myopathie, avait perdu l'usage des jambes et des bras et réclamait depuis longtemps une mort apaisée. En désespoir de cause elle a donc fait le voyage en VSL au prix de grandes souffrances. Vous lirez en PJ la réponse que m'a faite Monsieur Jean Paul Dufrègne.

Agnès Buzyn, Ministre des solidarités et de  la santé, elle, reste calée sur une  position identique à celle  du CCNE: la loi Claeys/Léonetti pourrait  répondre de façon satisfaisante aux situations de fin de vie, si elle était mieux connue.  Tout juste admet-elle que des cas extrêmes (?) nécessitent des réponses particulières. L'histoire d'Anne Bert et l'émotion qu'elle a créée est difficile à ignorer. Mais qui jugera du caractère "extrême" d'une situation? Le pouvoir médical reste entier !

Pour que la législation évolue, c'est aux parlementaires de s'emparer du sujet de la fin de vie. Trois projets de lois ont été déposés par Caroline Fiat (FI), Olivier Falorni (NI) et Jean Louis Touraine (LREM).

156 députés ont signé une tribune dans Le Monde du28/02/2018 dans lequel il est dit notamment "il en va de cette question comme il en allait de l'IVG au début des années 1970" et "il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps". On ne saurait être plus clair !

Espérons que les parlementaires auront le courage, cette fois-ci, de voter selon leur conscience et non selon des logiques d'appareil.

Jacques Missonnier, Délégué Admd 03

Ci-dessous la lettre de jean-Paul Dufrègne :

 

 

Tag(s) : #Montluçon

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