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« N’ayez pas peur ! » écrit un journaliste de La Montagne dans l’édition du 04/10/18, «si vous recevez un appel  de Frédéric Laporte, ce n’est pas une arnaque ! » et ce journaliste présente la nouvelle étape de l’opération consultation pour l’élaboration de ce que la majorité municipale nomme la construction du « Montluçon de 2030 ». Pas une arnaque… il faut voir ! 

De l’actualité montluçonnaise émerge une situation troublante, pour nombre d’observateurs. Une évidence apparait en filigrane des affaires qui touchent la majorité municipale, l’heure des bilans de cette équipe en place depuis de trop longues années arrive à grand pas ! Le sens d’une gestion trop souvent détournée des intérêts populaires d’une agglomération en souffrance, révèle ses tares et ses impuissances à régler les problèmes urgents et essentiels à une vie normale pour le grand nombre.

On a vu se multiplier une sorte d’agitation permanente sur la base d’une super communication. Que l’on se réfère à la collection de ‘’Montluçon Notre ville’’ et encore dernièrement à la publication ‘’C’ Montluçon’’ ajoutés aux sites internet de la ville et de la communauté d’agglo et chacun pourra vérifier le bienfondé de cette observation. Bien sûr apparaissaient comme raisons à cette accumulation de communication, les projets et mises en chantiers d’équipements qui pour utiles qu’ils soient n’ont pas remédié à la chute de l’ensemble de l’économie locale et pas non plus à la crise sociale qui étend ses tentacules de misère auprès de nombreuses familles du bassin d’emploi.

On change la ville nous a répété, à satiété, Daniel Dugléry depuis les années 2001. Son héritier en mairie calé dans son sillage entend bien poursuivre la voie tracée et utiliser des méthodes de gestion et communication du même style et de même vocation. Déjà s’annonce on l’a vu, une vaste campagne de ‘’com’’ Le Montluçon de 2030 à fort renforts de moyens financiers et techniques municipaux. Site Internet, support papier et questionnaire choisi, articles de presse, message téléphoné du maire…  Personne ne peut être dupe des intentions, celles d’une majorité en délicatesse de probité, se lançant le plus tôt possible dans la préparation des futures échéances municipales de 2020. Bien évidement ils mettront en valeur les équipements mis en place les périodes précédentes…On le comprend bien ! Piscine, Boulodrome, Conservatoire etc., représentent les têtes de pont d’un bilan aux investissements lourds. (1)

De gros investissements financiers, voyons le sérieusement, avec des incidences en coût de fonctionnement dans des moments de restriction budgétaire généralisée,  de baisse de subvention, de transferts de charges aux collectivités …Belles ambitions oui, que tout cela, mais pour quel devenir de redressement du déclin de la ville ? Ville centre démographiquement atteinte et vieillissante sociologiquement, alors même que les promesses de sortie de crise, de redressement économiques sont loin d’être atteintes. La situation de l’habitat en est, des plus probantes. (2)

Il n’est pas question de nier ici les satisfactions des utilisateurs d’équipements neufs. Favoriser celles-ci, bien évidement ça compte. Pour autant relever les défis d’une relance sociale ouverte à tous en secteur montluçonnais suppose de viser les rudiments essentiels des équipements collectifs. Ceux des soins à la personne avec une médecine de ville adaptée (des médecins en nombre…) un hôpital disposant de financement et de personnel suffisant. Ceux des services municipaux avec une tarification de l’eau modulée (la gratuité du premier mètre cube), du transport urbain à rendre accessible à tous, (sans avoir à évoquer nos lignes de chemin de fer voué à la casse !) Ceux de l’énergie trop chère et du refus des coupures envers les familles en difficulté. Ceux des cantines scolaires et de la qualité de la bouffe…Et de  même le refus des fermetures des bureaux de poste de quartier...

Partant de ces besoins essentiels, qui peut penser que le ‘’tout ludique’’ entrepris sur Montluçon  soit la réponse assurée d’une relance économique et sociale. Rive droite-rive gauche réaménagé entre les deux ponts redessinées en vue de favoriser des moments détentes familiales et enfantines, permettre ici des activités promenades des jeux de bords de l’eau, pourquoi pas. Mais soyons à ce sujet réaliste, C’Montluçon est un chantier maintenant engagé. Espérons qu’en allant au bout, les résultats des aménagements, ouvriront vraiment sur une ambition à plus long terme d’une véritable politique de l’eau et de l’environnement pour la ville, son centre, ses quartiers et son agglomération. 

 

Il faut une véritable politique de l’eau et de l’environnement pour la ville

 

L’état actuel du collectif municipal, les affaires qui touchent plusieurs de ses élus (promus par messieurs Dugléry et Laporte), ne plaident pas en faveur d’une capacité d’innovation et de changement de stratégie de gestion. Et pourtant il est plus que temps de se lancer dans une redéfinition des objectifs de reconstruction d’une identité sortant des nostalgies d’une histoire industrielle riche de traditions, qui ne reviendra pas. Les tournants imposés des années 65/70, l’arrivée d’une désindustrialisation massive (Aux caractéristiques et causes nationales et européennes) n’en finissent pas de trainer leurs effets sociaux dramatiques, et pervers démographiquement.

Il y a urgence à sortir des incohérences de gestion, des attitudes irresponsables, ce qui suppose de sortir des pressions de ce monde du lobbying industriel et financier  qui fait rage à tous niveaux (Plan de financement public/privé compris). Mais cela exige en même temps, d’en revenir à des choix de gestion tournés vers la prise en charge de l’intérêt général basé tout autant sur les besoins populaires sociaux collectifs que sur les atouts de situation environnementale du bassin du haut cher.

Comment, disant cela, ne pas tourner notre regard vers les capacités et disponibilités de notre environnement naturel avec au centre la richesse du Cher, de son alimentation, de son cour naturel et sauvage, de ses capacités d’aménagement amont/aval de la ville centre. Bien se convaincre aussi, de la valeur ajoutée que représente l’existence du canal de Berry, certes et hélas plus  qu’atrophié sur  Montluçon ! Largement rebouché en ville sur décision des élus des années cinquante/soixante, des amis revendiqués de messieurs Dugléry et Laporte. Cependant un canal qui garde de grandes potentialités d’activités, cela se voit au-delà de la ville.

Si l’on veut parler de coulée verte c’est à ce niveau qu’il faut l’aborder. Bas et Haut Cher, amont/aval, canal, étangs forment un tout qui examiné sous l’angle d’une politique écologique/sociale/économique/sportive de bassin de vie est déjà inscrit dans une réalité vivante qui ne demande qu’à se développer. C’Montluçon pour aujourd’hui et pour demain, peut se conjuguer avec  les ingrédients d’une grande politique de l’eau et d’aménagement, par étapes du Cher et de ses environs! Sachons à ce sujet, que dans le cadre des politiques d’état des années 92/2002 avaient été déposé par la ville (avec J.C Micoureau maire) un projet abordant la possible inscription de notre agglomération à l’agenda 2000, c’est-à-dire à cette incitation au développement durable découlant du sommet de la terre tenu à RIO. Depuis d’autres sommets se sont tenus et rien de très sérieux n’a été repris. Les élections de 2001 et 2002 ont tout emporté. (3)

Dans cette direction pourtant il reste du grain à moudre, tant l’urgence, sur fond de crise écologique et de crise sociale est réelle ! Et comme nous serions loin alors des petites situations misérables qui ternissent l’image de la cité bourbonnaise. Ajoutons Ici, que certaines personnes peuvent ‘’innocemment’’ faire remarquer que justement le projet de consultation proposé par le maire peut avoir vocation à aller dans le sens suggérer ci-devant. Construire un projet pour le Montluçon de 2030, serait de l’intérêt de tous et de chacun !

Ne soyons pas naïfs, ne s’agit-il pas une fois encore d’une démarche de communication et cette fois plus encore utile à détourner les colères qui montent dans les quartiers. Soulignons que si comme nous le pensons l’opération engagée a trait, plus, à un lancement anticipé de la campagne des municipales pour l’équipe en place, qu’à la fin de la mise en œuvre du programme de 2014, (celui démocratiquement soumis aux électeurs) alors il y a effectivement tromperie dans la démarche et favoritisme d’un parti au détriment de l’ensemble de la représentation municipale. La démocratie et l’objectivité exigent des assurances. Ce qui se passe au sein de la municipalité en ces instants de remue-ménage judiciaire en rajoute encore à cette exigence.

Il se trouve qu’à différents échelons de la société, se multiplient les irrégularités de gestion, les atteintes à la légalité républicaine. Accéléré par la domination des forces de l’argent, l’écœurement populaire bat son plein. La situation de Montluçon ne peut pas être considérée comme en dehors d’un malaise général qui ne peut  s’effacer que par une élaboration commune de gestion partagée du pays et de ses collectivités. Une gestion d’ordre à la fois social, écologique et porteur d’une dimension humaniste renouvelée. Montluçon en sera-t-il ?
Le rapport de force social et politique sorti du moment présidentiel et législatif de 2017, nous incite à appréhender l’avenir proche de notre ville comme non écrite…C’est la voix du citoyen, ici comme partout, qui comptera !

Paul Crespin


(1) De nouveaux équipements et parmi eux un centre aqualudique de belle dimension. La relève nécessaire (!) d’une piscine St     Jean  pourtant largement regrettée (actuellement livrée aux herbes hautes) et d’une piscine Descartes revendue à une entreprise du bâtiment…Un Conservatoire de musique de bonne renommée, transféré du Parc des Îlets. Opération de qualité, avec une certaine interrogation au sujet du déshabillage engagé de ce parc à vocation culturelle et sportive multiple. Et quand on mesure la précipitation à transférer aussi la Bibliothèque-Médiathèque, on reste d’autant plus interrogatif. La vocation des Ilets est-elle en train de changer, en vertu de quoi ? Une Citée des musiques Populaires reprise d’un projet déjà surdimensionné des années 95/2001 et qui doit à ses animateurs professionnels de maintenir une audience et une fréquentation pas simple à tenir dans un secteur régional isolé. Un Boulodrome, cité parmi les plus grands d’Europe qui semble souffrir de ce surdimensionnement…

(2)  Les élus de l’Office Public de l’Habitat le savent, il ne suffit pas des plans de redressement financiers, voir d’aides limitées des organismes de secours, imposant des hausses de loyers, pour sortir le logement social montluçonnais de ses mauvaises passes. Quant à la manière de manier les chiffres des aides ANRU, on sait tous que les 160 millions affirmés en permanence, ne sont pas des apports extérieurs directs mais prennent en compte un coût total de l’opération incluant la participation propre de l’opérateur c’est-à-dire l’O.P.H. de Montluçon en situation délicate par ailleurs.

(3) La réorganisation de la politique de traitement de l’eau (alimentation et distribution) avec son puisage au Gour du Puy, celle du retraitement (construction neuve de l’usine de La Loue -équivalent pour 120000 habitants-) avait donné lieu à un projet d’aménagement urbain dont le Cher, les terrains (entre canal et Cher) rachetés pour plantation d’essence particulière en vue d’exploitation pédagogique vers les enfants, auraient servi de base. Ajouté à une réalisation clés en main d’un Bateau Lavoir (Etudié et construit par les Compagnons du Tour de France, dont la maquette éxiste) prévu entre les deux ponts était ainsi conçu pour des activités guinguette et  exposition. L’animation d’un secteur large, au-delà des ponts et au-delà, en aurait été revalorisée. Des prises de contact positives s’avançaient aussi en direction des établissements de formation des traitements de l’eau, avec possibilité de décentralisation! Les intéressés peuvent s’informer des comptes rendu de la commission mixte municipalité/syndicat dont Melle Sylvie  Bourgougnon était la cheville ouvrière.

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