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Les propos du président de la République lors de son périple sur les lieux chargés d'histoire de la Première Guerre mondiale ont provoqué la colère et l'indignation dans de nombreux cercles politiques et associatifs. Regardactu a déjà publié le communiqué de presse ulcéré des Amis de Pierre Brizon", et on les comprend.

Dans le même esprit, le groupe d'action des insoumis Montluçon ouest, a vivement réagi à ces propos que d'aucuns jugent indignes, et nous a fait parvenir une contribution sur ce sujet.

Fidèle à notre volonté d'ouvrir nos colonnes aux acteurs sociaux qui défendent les principes fondamentaux énoncés dans notre charte éditoriale, nous publions ci-dessous celle-ci :

 

 

Le centième anniversaire de la fin de la « grande guerre », « la der des ders » est là devant nous. Et la question se pose : doit-on aller commémorer la victoire et la signature de l’armistice comme nous y appellent les tenants du pouvoir ? La question n’est pas subalterne dans la situation européenne en pleine déliquescence et alors que notre monarque jupitérien consacrera son temps à un voyage mémorial de caractère pro-européen libéral. Mais il y a plus dans notre réflexion et positionnement : C’est l’affirmation d’un refus de participer à une exaltation malvenue d’un esprit patriotique recouvert de signes nationalistes provocateurs en soi.

Entendre Le président Macron faire référence à des périodes et contextes historiques passés pour réitérer sa volonté d’être le blanc chevalier rassemblant les démocrates du camp du progrès et de la paix, face aux dangereux nationalistes ne doit pas être tenu pour quitte. Parti à la reconquête d’une influence perdue ses propositions pour l’Europe qu’il souhaite, entre autre une Europe de la défense, n’est rien d’autre que de tourner le dos aux causes politiques économiques et géopolitiques qui ont conduit aux deux guerres mondiales du siècle dernier.

Une fuite en avant du système capitaliste

 

Un triste et mortifère constat des livraisons des guerres mondiales découlant de la large poussée d’un capitalisme industriel se militarisant au fur et à mesure qu’il se financiarise. L’hécatombe de 14/18 relancée en 39/45 n’aura été qu’une fuite en avant dans le même système capitaliste de société, « le plus jamais ça » issu de la première guerre rangé au rayon de l’oubli. Par contre le mot d’ordre des révolutionnaires pacifistes : « on croit mourir pour la patrie et on meurt pour les industriels » devenus les serviteurs de la finance mondialisée s’est retrouvé plus que rapidement vérifié.

Au moment du sortir de la guerre de 14/18 les efforts politiques des leaders des partis au gouvernement, les moyens de communication à leur service font des efforts pour démobiliser l’opinion. D’autant qu’à la campagne comme en ville l’atmosphère reste lourde en regard des conséquences de la mobilisation de masse des hommes et des pertes humaines difficiles à accepter, à supporter. En toile de fond de ce contexte d’incertitudes la peur de l’extension de la révolution socialiste démarrée en Russie, alimente les confrontations idéologiques et l’encadrement d’un mode de vie celui des « Années folles »donne le change ou tente de le faire …

Soulignons qu’en ces jours de séquence mémorielle présidentielle, nous vivons des instants s’assimilant à du révisionnisme politique, quand on entend parler d’honorer Pétain aux Invalides ? Ce militaire fait maréchal de France en 1918, devenu ordonnateur en chef de la collaboration avec l’Allemagne nazie, de 1940 à 1945 !!! Les réactions de réprobation sont vives et nombreux sont ceux qui en appellent à une vigilance redoublée. Attention nous aurait dit Berthold Brecht, « le ventre est encore fécond d’où a surgit la bête immonde ».

La réalité d'un conflit meurtrier

Mesurons aussi comment les dirigeants du pays, le chef d’état lui-même tente une énième fois de récupérer les artistes engagés dans cette guerre, grands témoins de scènes effroyables. Avec Marcel Genevois secrétaire permanent de l’Académie Française, nous ne saurions laisser du côté de l’oubli Henri Barbusse. Mobilisé sur le front dans une brigade de première ligne il avait au cours de la guerre réussi à percer, non sans mal, la censure et les pressions de toutes les hiérarchies.

« Le feu » d’Henri BARBUSSE est pour beaucoup un chef d’oeuvre de littérature réaliste et recueillera dès sa parution un succès énorme, jusqu’à en être couronné par le prix Goncourt de 1916. Dépeindre la réalité de ce conflit si meurtrier en prenant en compte la situation d’atrocités quotidiennes des « poilus » exprimée par eux même au fil du temps qui passe durant cet épouvantable conflit de quatre années terribles, voilà qui dérange les gens d’en haut. En parler sans jamais tricher ni sur les peurs, ni sur les émotions partagées. Évoquer l’atmosphère des combats glauques dans les tranchées boueuses, les nuages de fumée, les odeurs suffocantes de poudre et de gaz dans une écriture coloriée et panachée à la fois de patois régionaux et de français mal assimilé, voire de gros mots pourtant si vrais de la vie des simples gens, ressemble à un crime de lèse-majesté pour toute une caste de décideurs politiques et militaires. Combien cela est précieux et combien de lettres de soldats à leur famille le confirmeront plus tard ! A l’inverse nombre de gens de presse, des critiques littéraires, sans pouvoir nier la qualité de l’écriture de l’ouvrage, prenaient un loisir cynique à relever quelques exagérations de situation, d’utilisation de grossièretés comme ils disaient. Et bien entendu entonnaient pour le discréditer les fables habituelles des visées politiciennes de l’auteur.

Sachant ses engagements pacifistes et socialistes dans cette époque agitée, troublée par des tentatives révolutionnaires en Europe entretenir la confusion était de règle. Avoir laissé assassiner Jaurès ne leur suffisait pas !

Groupe insoumis Montluçon Ouest

Tag(s) : #Montluçon

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