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Dans une société française assommée par des décennies d’austérité, désespérée par les défaites suivies de graves reculs sociaux, le mouvement des Gilets Jaunes a sonné l’alarme sociale et donné un premier coup de semonce à la politique d’appauvrissement et de destruction sociale menée par les pouvoirs successifs.

Pour les élites au pouvoir, les gens d’en bas, les derniers de cordée, ceux qui ne sont rien doivent rester à leur place. L’inconcevable, il y a peu, est en train de se produire.

Un nouveau sujet politique et social est en voie de constitution et affirme sa légitime souveraineté : le peuple des salarié-e-s du privé et du public, des privé-e-s d’emploi, des retraité-e-s, des jeunes, des auto-entrepreneurs pauvres, …

Déjà durant cette fin d’année, divers mouvements sociaux à l’initiative des syndicats ont eu lieu. Mais ces mouvements semblent s’amplifier avec des syndicats unis dans la fonction publique pour rejeter les politiques gouvernementales. Des préavis de grève illimitée ont été déposés.

Il nous semble que nous vivons une époque où la vie réelle l’emporte sur les illusions de l’oligarchie financière, qui avait cru son règne durablement ancré grâce à la miraculeuse élection d’un président de la République ivre de la toute puissance politique que lui donnaient des institutions foncièrement anti-démocratiques.

Cette vie réelle trouve toute son illustration dans le puissant succès de la pétition lancée par quatre ONG et visant à assigner les autorités françaises pour non respect de leurs engagements climatiques. Le nombre des pétitionnaires approche les deux millions !

Au fond et pour nous les animateurs de l’Atelier, le mouvement des Gilets Jaunes, les divers mouvements sociaux présents et à venir, l’immense succès de la pétition nationale en faveur de l’écologie montrent que le modèle actuel qui préside aux destinées de la France et qu’est le système capitaliste a atteint ses extrêmes limites parce qu’il rejette le plus grand nombre.

La nature originelle de tous ces mouvements doit être, selon nous, recherchée dans la soif d’égalité, face à toutes les injustices, face à l’inégale répartition des richesses créées par le travail et contre le mépris et la dépossession des citoyens des affaires qui les concernent.

Comment mieux résumer ces nouveaux états d’esprits qu’en citant un extrait d’une déclaration des Gilets Jaunes de Commercy dans la Meuse : « C’est le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un système nouveau pour que ceux qui ne sont rien comme ils disent avec mépris, reprennent le pouvoir sur tous ceux qui se gavent, sur les dirigeants et les puissances de l’argent. C’est l’égalité, c’est la justice, c’est la liberté, voilà ce que nous voulons. Et ça part de la base ».

Et dans une nouvelle vidéo les Gilets Jaunes de Commercy disent « Nous réfléchissons autant que nous agissons ». Et ça c’est l’Atelier non ? Il nous semble que ces nouvelles réalités montrent que, plus que jamais, les colères, les luttes ont besoin d’espoir, d’un espoir qui trouve ses ressorts dans la perspective d’un autre monde ; qu’il est temps, plus que temps, de tracer une alternative aux maux qui rongent les humains comme la nature, bref aux maux qui frappent notre France.

Nous sommes profondément conscients qu’il nous faut tout faire afin que le mouvement des Gilets Jaunes et toutes les actions de contestation aboutissent à la victoire de la vie démocratique, égalitaire et écologiste. Et en même temps il faut tout faire afin que soit démasqué et rejeté la figure identitaire, nationaliste, aux relents fascistes et qui a gagné en Italie et il y a peu, au Brésil.

Lundi soir 31 décembre, nous avons entendu des vœux présidentiels nourris d'une violence verbale inégalée accompagnant les violences policières. C’est la traduction que pour ces gens là, leur pognon a bien plus d'importance que l’intérêt du pays, de la démocratie et de la justice sociale.

Les progressistes, toutes celles et tous ceux qui luttent se rappelleront que la violence est l'arme des faibles.

Les animateurs de l’Atelier, association d’éducation populaire, qui depuis huit ans ne cessent de dire que le malheur doit succomber, qu’un système nouveau doit instaurer le pouvoir au peuple ; que l’égalité, la justice, la liberté doivent triompher pour toutes et tous ; oui les animateurs de l’Atelier sont galvanisés par ce que vit notre pays. Ils y puisent encore plus de détermination afin que nos « RENCONTRES » des mois à venir soient en prise directe avec ces réalités inédites. Ils se montreront toujours plus ouverts à ce que les citoyens, soucieux du devenir de la société puissent les rejoindre pour apporter leur point de vue, leur diversité.

Au cours de nos « RENCONTRES » :

• Nous nous adresserons à toutes celles et de tous ceux qui vivent ces moments où les conséquences sociales, politiques et environnementales posent la question du changement de fond en comble du système économique et politique.

• Nous nous nous adresserons aux acteurs des luttes en cours pour mettre en débat des propositions de transformation progressistes et écologistes.

• Nous appuierons résolument, par les thèmes des « rencontres de l'Atelier », pour que revivent des liens sociaux de forte proximité, pour des citoyens réaffirmant leur volonté de gérer eux-mêmes leur propre destin comme celui du pays et en rejetant hors de notre société les diktats de la financiarisation dominante.

La deuxième partie de la présente saison de l'Atelier s'inscrit résolument dans ces besoins de changement qu'exprime actuellement la société française.

C'est l'accaparement des richesses créées qui est largement à l'origine du mal-vivre. Il faut donc agir pour y mettre un terme. Des salariés, des syndicalistes, des dirigeants des entreprises de FRALIB à Géménos, près de Marseille, de la librairie des volcans à Clermont-Ferrand viendront expliquer comment ils se sont battus, comment ils ont gagné et surtout comment aujourd'hui ils gèrent eux-mêmes leurs entreprises.

Ce débat aura lieu le JEUDI 24 JANVIER à 18h à la Ferme des Ilets. "Avec les salariés en première ligne comme repreneurs d'entreprises, pouvons-nous construire un autre monde économique sans les actionnaires et leurs dividendes ?" avec Olivier LEBERQUIER, président du conseil d'administration de SCOP.TI (Fralib) Rim HIDRI salariée et administratrice de SCOP.TI, déléguée CGT Martine LEBEAU Gérante de la SCOP de la librairie des volcans.

Cette soirée sera animée par Benoît BORRITS, journaliste, essayiste et chercheur militant, animateur de l'association "Autogestion", auteur du livre : "Coopérative contre capitalisme".

Des années 1946 à 1970, les salariés ont dirigé eux-mêmes la sécurité sociale au budget supérieur à celui de l'état. C'est à cette époque que notre "sécu" a permis un développement sans précédent du système de santé et de la prise en compte la plus complète des besoins sanitaires de chacune et de chacun. L'hôpital public est un maillon irremplaçable de notre système de soin. Aujourd'hui, l'hôpital est au plus mal. "Et si l'hôpital était dirigé par les salariés qui en font la richesse avec l'appui des usagers et des collectivités publiques ?" Tel est le débat que nous ouvrirons le JEUDI 21 FEVRIER à 18h à la Ferme de Ilets avec le docteur Christophe PRUDHOMME Urgentiste- militant syndical CGT et Hélène DERRIEN Présidente de la coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité.

Nous tiendrons une "rencontre" relevant de la même vision pour la SNCF, elle aussi tant malmenée, que ce soit pour les cheminots ou pour la prise en compte des droits de déplacement égaux pour tous et en tous points du territoire. Ensemble, nous pourrions débattre du thème : "Et si la SNCF était dirigée par les cheminots". Le JEUDI 4 AVRIL à 18h salle polyvalente St Vincent avec Jean CALVARY syndicaliste cheminot et Bernard FRIOT, sociologue et économiste.

Les "rencontres" de mars et mai sont réservées pour que l'Atelier s'inscrive au mieux dans la réalité et notamment la suite des luttes en cours et les élections européennes de mai.

Montluçon le 3 janvier 2019

Tag(s) : #Montluçon

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