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Le 31 janvier 2019, l'association Soudicy organisait une conférence de presse afin de présenter ses futurs billets. Ce sont trois étudiantes en Arts Appliqués (DSAA1), spécialité design produit, du Lycée Jean Monnet d'Yzeure qui les ont imaginés. Elles ont souhaité qu'ils reflètent les valeurs de l'association et en premier lieu, le caractère humain et collectif du projet et son ancrage local.

Elles sont allées chercher du côté des contes et légendes de l'Allier qui, comme les billets du soudicy, transmettent des valeurs de solidarité et de partage. Par exemple la légende des sources qui raconte qu'à l'origine, les eaux de Bourbon l’Archambault surgissaient à la Moutte de Lurçy-Lévis, sous la surveillance d’une fée. Ce serait cette petite fée qui, une nuit, prit l’eau dans les plis de sa robe pour la porter jusqu’à Bourbon, contribuant ainsi à alimenter le réseau du territoire. Mais il y a aussi l'histoire des fées ouvrières, qui selon la légende auraient érigé, par la force du collectif, les églises de Souvigny et de Châtel-Montagne.

Sur chaque billet se trouve un conte illustré, au verso duquel fait écho une valeur de l'association du soudicy. Ainsi, les fées ouvrières de Souvigny et de Châtel-Montagne invitent à "développer la coopération".

Les couleurs choisies sont aussi issues du territoire : il s'agit des couleurs prédominantes sur les blasons des communes du département, sinople (vert), or/sable (ocre/jaune), azur et rouge. Un symbole monétaire permettra l'identification aisée de la monnaie, c'est le cerf cabré qui remplace la dernière lettre du soudicy, le Y, caractéristique du langage régional et placé un peu partout …

Six valeurs de billets seront proposées dans un premier temps (0.5 - 2 - 5 - 10 - 13 et 20), les billets de 1 et 50 étant à venir ultérieurement, selon les besoins.

L'enjeu est maintenant de faire imprimer ces billets. Cela a un coût et l'association Soudicy a lancé un financement participatif sur HelloAsso afin de percevoir des dons. Le montant souhaité est de 7000 euros, mais chaque euro donné sera reversé à l'association ; les petits versements sont donc tout aussi importants que les autres, selon l'adage bien connu "les petits ruisseaux font les grandes rivières !".

L'association a aussi pour objectif de rencontrer les élus locaux pour d'éventuels partenariats. Elle souhaite continuer la recherche de professionnels acceptant le soudicy afin d'avoir un réseau le plus étoffé possible pour le lancement de la monnaie locale, complémentaire et citoyenne de l'Allier, avant l'été.

La conférence a débuté par un rapide historique des monnaies locales et un rappel des valeurs que Soudicy souhaite mettre en avant par l'utilisation de sa monnaie sur l'ensemble du département de l'Allier.

 

Que sont les monnaies locale ?

Plusieurs milliers existent dans le monde.

63 sont à ce jour en circulation en France. Beaucoup d’autres sont en préparation.

Les premières expériences contemporaines de monnaies complémentaires se situent au cœur de la crise des années 30. A cette époque, ceux qui possédaient l’argent avaient une forte tendance à le thésauriser, pour pouvoir faire face, « au cas où ». Le ralentissement de la circulation de la monnaie aggrave la crise. Il aurait fallu au contraire que les gens dépensent pour relancer la consommation, donc la production, l’emploi, le pouvoir d’achat.

C’est là que les premières monnaies complémentaires trouvent leur place : le wära, distribué en salaire aux ouvriers d’une ville minière de Bavière est la première monnaie de ce genre. Suivront une dizaine d’expériences en Europe. Certaines échoueront. D’autres, comme le wära, réussiront mais seront interdites.

Dans les années 90, la France connaît le boom des SEL, systèmes d’échanges locaux venus d’Amérique du Nord. Ce sont des groupes de personnes qui échangent des biens et des services entre elles sur la base de la « valeur temps ». Mais comment sensibiliser le grand public et changer d’échelle ?

La crise de 2008 secoue les esprits. Les gens comprennent que nous ne sommes pas à l’abri de grands bouleversements. Nombreux sont ceux qui pensent qu’il faut se réapproprier l’économie « par le bas ».

La première monnaie locale adossée à l’euro, le « sol », voit le jour en France en 2006. Ensuite, en 2010, se crée l’abeille à Villeneuve sur Lot. Bien d’autres suivront, toujours créées par de simples citoyens.

Leur but ? Relocaliser l’économie, lutter contre la spéculation, favoriser une consommation respectueuse de la nature et des hommes, se réapproprier la question politique de la monnaie, créer du lien social, de la confiance en l’autre. En France, la Loi Économie Sociale et Solidaire (ESS) adoptée le 31 juillet 2014 à l’Assemblée Nationale reconnaît légalement les monnaies locales.

Un rapport parlementaire de 2015 encourage même leur développement. En plus de leur utilisation par des professionnels et des particuliers, certaines communes acceptent le paiement en monnaie locale de services municipaux (cantine, etc) ou accordent des subventions en monnaie locale. La loi leur interdit pour l’instant d’aller plus loin mais des discussions ministérielles sont en cours pour assouplir cette réglementation.

Une belle histoire est en route, à taille humaine….

Objectifs et enjeux

Les monnaies locales sont issues de mobilisations et d'initiatives citoyennes auxquelles sont invités à s'associer d'autres acteurs économiques, culturels et financiers, ainsi que les responsables politiques locaux, afin d'arriver à terme et ensemble à un véritable
changement d'échelle.

L'outil numérique étant également envisagé pour que des comptes de compensations s'instaurent entre professionnels, toujours en monnaie locale, pour une simplification de gestion.

Toute cette citoyenneté active s'incarne dans un projet non seulement économique, mais
aussi écologique et social.

L'usage de ces monnaies, par exemple dans des monnaies à fort pouvoir identitaire ou social, comme l'Eusko au pays Basque, ou la Sol Violette à Toulouse, a montré son fort potentiel de création de rencontre, d'échanges.

Dans ces monnaies une partie des prestations et parfois même des salaires est versée en monnaie locale. Son usage peut se combiner à d'autres formes d'entraides citoyennes telles que celles portées par la micro finance, ou par d'autres associations comme Terre d'Avenir ou les AMAP.

Les monnaies locales peuvent ainsi devenir un véritable ciment social et un moteur de solidarité au sein du territoire.

L'usage des monnaies locales, enfin, contribue à responsabiliser tout un chacun vis à vis des ressources, qu'elles soient humaines, énergétiques ou simplement environnementales. La relocalisation d'une partie des échanges, des activités et des emplois va dans ce sens, en particulier concernant cet aspect si actuel des déplacements de biens et de personnes.

Mais l'usage quotidien d'une monnaie locale doit aussi conduire à une évolution des pratiques de consommation, qui doivent impérativement, vu les enjeux également planétaires, devenir plus respectueuses de l'environnement et du bien être non seulement humain, mais animal également. Cette dimension est définie par les chartes et autres documents contractualisant les relations entre les utilisateurs de cette monnaie. Les membres y spécifient leurs exigences en termes d'intégration de l'éthique concernant leurs pratiques économiques : sources d'approvisionnement, recyclage des déchets, initiatives novatrices dans le rapport au travail, etc.

Enfin les éventuelles plus-values de cette circulation monétaire, à la fois locale, complémentaire à l'euro, et citoyenne, donnent à l'association la possibilité de soutenir d'autres projets ou investissements créatifs et solidaires. Et garantissent à cette monnaie de ne pouvoir être dévoyée sur les circuits mortifères de la spéculation.

L'actualité ne montre t-elle pas l'urgence de la prise en compte de toutes ces questions ?

Le dessin comme mode d'expression

Pour lze traitement graphique, nous avons préféré opter pour un travail manuel des illustrations. Il nous semblait que conserver un dessin manuel pouvait être l’écho du circuit court, où la proximité avec les mains avec la production est plus grande.

Les couleurs choisies sont aussi issues du territoire Il s'agit de couleurs prédominantes sur les blasons de communes du département, comme le sinople, qui correspond à un vert, l'or/sable (traduit par un ocre/jaune), l'azure, soit un bleu, et enfin un rouge.

Plusieurs techniques d'impression sont à l'étude, pour permettre la non falsifiabilité du billet (parmi lesquelles la risographie, technique relativement rare, utilisant des couleurs en ton-direct, c'est à dire des couleurs pures, ce qui rendrait les billets non duplicables, ni en impression off-set, ni jet d'encre). Par ailleurs, chaque billet est numéroté pour garantir son authenticité.

Un insigne monétaire a aussi été mis en place pour permettre l'identification de la monnaie. Il s'agit d'un cerf cabré, en référence au symbole de chasse des Bourbon. Le cerf cabré remplace la dernière lettre du soudicy, le Y, caractéristique du langage régional, qu'on vient y placer un peu partout...

Pour y voir le soudicy c'est ci-dessous :

 

 

Le guide de l'utilisateur

 

Le soudicy présente les nouveaux billets de la monnaie locale de l'Allier
Tag(s) : #Le département

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