Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Parmi les mauvais coups que le gouvernement, par l’intermédiaire de la SNCF, entend imposer aux
populations, la suppression des guichets des gares n’est pas des moindres. Sous prétexte de
« modernité », adjectif bien macronien qui signifie supprimer des emplois de cheminots en les
remplaçant par des machines, il n’y aurait plus de présence physique en gare de Commentry, pour
vendre des billets, renseigner les usagers.

À l’heure où soit-disant internet est une solution à tous les problèmes, on sait que l’absence
d’agents dans les services publics cause des gênes importantes, notamment pour des usagers peu
habitués à tout faire par ordinateur, telles les personnes âgées. Les élus majoritaires de la
municipalité de Commentry ont évoqué l’éventualité future d’acheter des titres de transport dans
des commerces de la ville…mais on se demande bien comment le gérant d’un bar-tabac, par
exemple, pourra répondre à des questions relatives à des tarifs particuliers, à des renseignements sur
telle ou telle correspondance…

Ceux qui détiennent tous les pouvoirs ont plein la bouche de « la sécurité » (sous-entendu la Police
partout) et en même temps ils envisagent la suppression des contrôleurs dans les trains, sachant
qu’au-delà de vérifier si les passagers ont leur billet ils ont par exemple des responsabilités
importantes sur la sécurité.

La bataille pour le maintien des guichets des gares est donc partie intégrante de la défense des
services publics auxquels les populations sont très attachées. Il n’y a pas nécessairement besoin d’un
« grand débat » pour le savoir, syndicalistes et gilets jaunes l’expriment dans les rues depuis des
mois.

Le Comité de Vigilance Ferroviaire de l’Allier a été créé à l’automne pour travailler à des
rassemblements larges, par delà les diversités d’opinion. Il est en quelque sorte la déclinaison
départementale du Comité de Vigilance national. C’est donc dans cet esprit que le samedi 9 février
un rassemblement était organisé devant la gare de Commentry. Des syndicats (CGT, FSU) des
mouvements politiques (PCF, La France Insoumise), des élus municipaux (Commentry pour tous,
vivre ensemble à Commentry, l’Humain d’abord Montluçon), qui font partie du Comité, étaient
présents.

L’initiative était présentée par Laurent Indrusiak, Secrétaire Général de l’UD CGT, cette organisation
assurant l’organisation du rassemblement. Puis Daniel Coffin a prononcé une intervention au nom du
Comité de Vigilance. Rendez-vous a été donné pour le samedi 16 février devant la gare de Saint-
Germain-des-Fossés pour un rassemblement, les usagers de cette ville subissant le même projet de
fermeture de guichet.

 

Présentation parLaurent Indrusiak

 

Comité de vigilance ferroviaire
Intervention à Commentry le 09-02-2019

 

Intervention Comité de vigilance

 

La fermeture des guichets des gares à Gannat, St Germain, Vichy, Commentry, Montluçon avait motivé la création du Comité de Vigilance de l'Allier et les rassemblements de St Germain et Commentry. La décision avait été prise d'adresser un courrier au Président de la région Auvergne Rhône Alpes ce qui fut fait le 24 octobre où nous lui demandions d'intervenir auprès de la SNCF pour abroger son projet de fermeture des guichets. Pas de réponse. Le 21 janvier 2019 lettre ouverte recommandée avec accusé réception lui a été adressée et pour pallier à toute défaillance des activités postales, le Codérail était mandaté pour remettre en mains propres le dit courrier au représentant de la région, Brice Hortefeux à l'occasion de la présentation du SRADDET, le 1er février à Clermont. Ce fut fait. Non sans mal, le sieur Hortefeux n'accordant la parole qu'à ses amis et connaissances. On devrait tout de même obtenir une réponse, mais nous attendons toujours. Les guichets ne sont toujours pas définitivement fermés, mais quand il n'y a personne pour les tenir, le rideau reste baissé. 11 postes des chantiers vente et escale sont menacés sur le secteur St Germain-Vichy, 5 voire 6 à Montluçon.

Par contre, une information nous est venue des cheminots CGT de Dijon. Plusieurs guichets menacés de fermeture ne fermeront pas grâce aux cheminots qui ont alerté les maires des localités concernées. En effet, un article de la convention TER Bourgogne Franche Comté/SNCF stipule que l'accord du maire sur les solutions proposées en substitution à un guichet fermé est un préalable à sa fermeture.

Ça veut dire quoi ? D'abord que comme nous le craignions, les conventions sont différentes d'une région à l'autre et que leur contenu ne fait l'objet d'aucune concertation avec les localités ayant des gares. Ensuite ça veut dire que quand bien même la convention SNCF/AURA ne comporterait pas la même disposition, un maire soucieux de garder dans sa localité un service indispensable au bon fonctionnement du service public ferroviaire peut toujours s'en offusquer auprès de la Région et demander que ce qui est possible en Bourgogne Franche Comté n'a aucune raison d'être refusé en AURA.

Le Comité de Vigilance Ferroviaire 03 se doit d'alerter les maires concernés et soutenir sans réserve ceux d'entre eux qui prendraient cette initiative. Il doit bien en rester quelques uns ayant résisté à l'anesthésie générale prodiguée par les shows présidentiels dans le cadre du Grand Débat !

Et à part çà, quoi de neuf ? Pas grand chose, le bateau coule normalement. Le direct Montluçon-Paris a disparu, le changement est devenu obligatoire à Bourges, ils se félicitent d'avoir gagné 10 minutes pour tenter de faire oublier qu'on en a perdu 50 en moins de 30 ans, la desserte vers Lyon les laissent totalement indifférents, la Cour des Comptes toujours soucieuse de l'état des finances publiques, au lieu de fustiger l'évasion fiscale, recommande vivement à l'État de se débarrasser au plus vite des derniers inter-cités ou TET en les transférant aux régions (on a vu ce que ça  donne à Montluçon). C'est une absurdité !

Quant à la ministre, elle a confié au préfet PHILIZOT une mission d'évaluation des problèmes spécifiques à chaque ligne de desserte fine des territoires en y associant les préfets des régions concernées et en prenant appui sur les discussions déjà entamées. Rapport à rendre en avril pour présentation au parlement avant fin juin. Et dans la foulée elle offre Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon à la concurrence. Donc tout va bien !

Ah, si ! Un truc. La ligne Montluçon-Bourges serait sauvée: c'est inscrit dans le dernier bulletin municipal à Montluçon. 110 M€ seraient investis pour la rénover, la région contribuerait à 10 M€, le département 1,5 M€. resteraient à trouver les 98,5 M€ manquants. La région Centre Val de Loire indiquait que 94 M€ éviteraient juste la fermeture. On ne confondrait pas avec ce qui serait nécessaire par hasard ? Mais disent-ils, ça permettrait le retour des trains directs. Alors on va tempérer les effets d'une telle annonce à quelques mois des municipales d'autant que nous ne sommes nous, candidats à rien. Ça n'est pas l'état de la voie qui détermine si une relation doit être directe ou non, c'est l' AOT (Autorité Organisatrice de transport) qui décide. La Région ou la SNCF. La voie, elle, permet de construire l'horaire en fonction de la vitesse. Mais plutôt que d'imposer des baisses de vitesse à 80 km/h on peut à l'inverse
considérablement les augmenter, s'en donner à cœur joie là où c'est tout droit, là où il n'y a aucun virage en épingle à cheveux, là où il n'y a personne en face, c'est sur les lignes de chemin de fer. Les populations ne s'en plaindraient pas !

Rien ne se fera sans une forte implication des populations. Alors RDV samedi prochain à 11h à St Germain des Fossés. 

Tag(s) : #Montluçon, #Actualité sociale

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :