Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Tous les feux sont au rouge dans le parcours tonitruant de la ‘’Macronie’’ en marche. L’actualité politique et sociale reste marquée, depuis l’entrée en action des Gilets Jaunes, par une gestion de la crise du système libéral, dont la multiplication de coups de force dévastateurs est la réponse. Une réponse via des réformes arbitraires, chargées de satisfaire aux appétits des nantis, actionnaires de tous poils qui ont ressentis une frousse énorme en décembre et janvier dernier quand l’opinion prenait fait et cause pour les Gilets Jaunes. La révolte qui dure représente bien l’affirmation des besoins de justice sociale et fiscale,  de reconnaissance démocratique. Il  faut le mesurer l’unité du pays et de ses fondements de république sociale laïque sont au centre d’une situation tendue, voire de volonté ‘’ dégagiste’’ à caractère politique se manifestant aussi, par des abstentions électorales massives.

Le pays des droits de l’homme vit des moments graves secoué par  des mouvements multiples de revendications en de nombreux secteurs économiques et sociaux vitaux pour le bien être, les moyens de vie des salariés et de leur famille. Des mouvements qui placent au cœur des revendications les questions urgentes du pouvoir d’achat, du droit au travail, de la défense des services publics- les hôpitaux et les services d’urgence à la tête des combats- et de la prise en compte de la crise climatique largement ressentie déjà avec ses conséquences sur le long terme…

Des moments graves également quand s’affirme un type de gestion des affaires gouvernementales où l’assemblée nationale est aux mains d’un nouveau  parti godillot votant en cadence les lois despotiques alors que s’appliquent dans le même temps des mesures de surveillance et de police atteignant  maintenant des sommets de provocation et de répression. Des gilets jaunes atteints dans leur intégrité physique et morale, poursuivis en justice, aux jeunes en acte citoyens  face à la crise environnementale ou simplement en fête populaire comme pour le drame de Nantes, qui peut encore penser que Emanuel Macron a été élu pour le bonheur de tous et l’intérêt du pays ?

Le mouvement des Gilets Jaunes depuis huit mois, dans ses phases successives de haute et basse mobilisation et malgré la main mise médiatique tout azimut dont la présidence et son gouvernement ont fait preuve (ainsi l’affaire Bénalla ou la tenue du Grand Débat), a plus qu’on ne le croit déstabilisé le grand ordonnancement des politiques ordo-libérale décidées en haut lieu des instances européennes et nationales. Il a fallu d’abord lâcher du lest, faire des concessions quitte à retarder quelques projets tel celui de la réforme des retraites. Réforme essentielle à leurs yeux, pour après le code du travail  s’attaquer à un autre pilier de notre système social issu du Conseil National de la Résistance.

Que cela plaise ou non, il apparait bien que ni la sortie en grande pompe du Grand Débat, ni les résultats des élections européennes, n’ont relancé vraiment la machine Jupitérienne. De nouvelles difficultés sont là bien présentes ; Il faut passer  l’écueil du budget 2020. Continuer à donner aux riches, surtout pas toucher, ni aux crédits d’impôt des grandes entreprises, ni  à l’impôt sur les grandes fortunes …Mais il faut trouver de quoi joindre les équilibres  budgétaires sous le regard bienveillant de Bruxelles. Alors diminuer les dépenses en réduisant comme annoncé de 50000 les postes de fonctionnaires ? Pas si simple dans le contexte social et alors que la relance n’est pas au rendez-vous ! Bref, selon les biens informés, ceux des grands journaux parisiens, Bercy cherche 3 milliards d’économie et n’entend pas sortir des orientations  libérales-austéritaires en place.  Se tourner alors une fois de plus vers  ce qui parait le plus facile c’est à dire puiser dans  les budgets sociaux.

Hier les aides APL en avaient pris un coup, touchant les étudiants et les familles pauvres et mettant en difficulté nombre de structures HLM, on entend aller plus loin cette fois encore avec Action Logement qui participe déjà à de multiples opérations de la politique logement nationale (à de nombreuses opérations de l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain, les plans ANRU souvent cités comme la panacée par l’ex maire de Montluçon).

Au passage il faut savoir d’où vient cette institution Action Logement réorganisé en 2009 au moment de la mise en œuvre de la loi Molle, si chère à Mr Sarkozy. Elle est, ni plus ni moins que le continuateur de ce qui était, il y a quelques décennies le Fond 1% Entreprise,  un fond mis en place dès 1943 qui évoluera sous le sigle de PEEC, (Participation des employeurs à l’effort de construction). Une contribution obligatoire des entreprises de plus de 20 salariés (passée ensuite à 50) pour i% de la masse salariale ramenée au cours des années à 0,45%. Des collectes, produit du travail salarié géré en parité par les patrons et les représentants des travailleurs et servant aux aides à la construction d’immeubles collectifs, les CIL (comme ils en existent sur Montluçon) ou à l’accession à la propriété des familles elles-mêmes. Ces fonds d’abord gérés localement par arrondissement sont maintenant centralisés nationalement, d’où l’existence actuelle d’Action Logement regroupé autour de différentes  filiales aux fonctions d’accompagnement complémentaires.

Action Logement dans sa réalité présente c’est pour 2018 un résultat d’exploitation de 1,486 milliards d’euros et le résultat net est lui de 1,145 milliards d’euros. La trésorerie en elle-même s’élèverait à 7,7 milliards. Ces éléments chiffrés sont cités par le journal Les Echos du 25 juillet sous la signature de Marie Bellan, alors que la question du budget de l’Etat en préparation y est abordée. Cette situation issue de collectes accumulées et de participations diverses fait bien apparaitre comme solide cette institution et l’on comprend qu’elle fasse ‘’loucher’’ vers elle ceux de Bercy qui recherchent dans l’immédiat quelques trois milliards d’euros. Ce qui semble se préciser serait une participation non pas des trois milliards évoqués mais toute fois de 5/600 millions d’euros. Ce qui reste une somme énorme.

Sachons tout de même qu’Action Logement a déjà été sollicité en début d’année pour participer à un plan d’investissement volontaire de 9 milliards pour une période de deux ans en vue d’intervention de rénovation urbaine sur le parc logement HLM. (Ainsi serait concerné les deux opérations programmées sur la ville : Pierre Leroux et Ville Gozet).   Le même journal déjà cité note qu’une sollicitation nouvelle ne serait pas sans besoin de redis position financière de l’organisme. D’où semble-t-il une démarche vers le Marché Obligataire pour un apport de 12 milliards de la part d’Action Logement !!!

Si tout cela se confirme, et pourquoi pas, on ‘’nagerait’’ alors dans un jeu de transfert de financement et de responsabilités sociales entre l’Etat, via son budget et des institutions sociales à vocation différente. Appeler Action Logement à  compenser la volonté d’économie du gouvernement et à participer à une certaine cure d’amaigrissement du budget de l’état rejoint hélas pour moi  les orientations impulsées à la hâte par la loi Elan qui impose la fusion des offices HLM et oriente leur politique vers les travers mortifères de la concurrence et de la rentabilité financière. Comme si le droit à se loger dignement et avec un coût abordable devait passer sous les fourches caudines de l’orientation libérale ultra financière.

Nous n’en avons pas fini décidément de nous élever contre cette gestion ultra libérale et destructrice de valeur sociale que représente la Macronie en marche vers le chaos.

Paul Crespin

Président de l’OPHLM  1989/2001

Groupe France Insoumise Montluçon Ouest

 

Tag(s) : #Actualité sociale

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :