Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les partisans de la construction d'un barrage à Chambonchard ne baissent pas les bras. Avec la canicule qui frappe notre département, ils donnent à nouveau de la voix et réclament à corps et à cris la réouverture du projet du barrage de Chambonchard. Les arguments, eux, n'ont pas changés comme l'atteste le texte qu'un de ses défenseur les plus résolus de ce projet plus que controversé, nous a fait parvenir à Regardactu, se demandant au passage sir son texte serait publié sur notre site, ou s'il serait censuré.

Le voici :

Canicule,Sécheresse,Chambonchard

« Nous venons de vivre deux périodes de canicule et une sécheresse extrême (il n'a pas plu une goute d'eau dans le mois d'aout) entrainant des interdictions d'arroser en raison du manque d'eau .Comme l'a dit pour une fois le ministre de l'agriculture dans un moment de lucidité "il pleut pendant 6 mois en France et le seul moyen de sauvegarder cette pluie c'est de la stocker". Bravo quand est ce que l'on reprend le dossier de Chambonchard et ses 80 millions de mètres cubes. En dehors d'avoir une réserve d'eau importante permettant de maintenir l’étiage du Cher et du canal de Berry qui font peine à voir et de fournir à la population l'eau dont elle a besoin, sans être soumis chaque année à des restrictions  d'eau. De plus cette retenue permettrait de redonner vie à  la Combraille avec base nautique ,pêche,baignade ,tourisme ,campings etc. Les périodes de sécheresses et de canicules sont de plus en plus nombreuses et répétées,des mesures doivent être prises car il en va de la survie de notre région. Allons messieurs les élus réveillez vous et reprenez le dossier à bras le corps ! » Régis André.

Réponse de l'administrateur du site :

 Pour ma part, je ne partage pas l'idée selon laquelle il faudrait relancer ce projet, pour plusieurs raisons.

D'abord, la question de la sécheresse essentiellement consécutive aux périodes de canicules de plus en plus fréquentes et intenses doit être appréhendée d'une manière plus globale. Le phénomène est mondial, comme le montre la série des méga-incendies qui ravagent des régions entières du globe, le cas le plus connu étant celui de l'Amazonie. l'urgence ne se situe donc pas seulement au niveau local, et ce n'est certainement pas en brandissant un projet abandonné il y a vingt ans, justement parce que celui-ci menaçait les équilibres naturels (espèces menacées du fait du changement de leur milieu naturel) que l'on apportera une réponse adaptée aux grands défis de notre époque.

Depuis l'abandon du projet du barrage de Chambonchard, la vallée qui porte son nom a beaucoup investi, notamment dans des projets touristiques. Les maisons qui devaient disparaître sous les eaux ont été revendues et les occupants redonnent vie à ce lieu. Est-ce le moment de relancer la polémique, alors que ce lieu a été rendu à ses habitants et que de nombreux projets ont vu le jour (Natura 200 notamment) ? Je ne pense pas que cela soit nécessaire et utile, sauf à vouloir déclencher une nouvelle guerre de tranchées entre pro et anti barrage qui ne mènera à rien.

Au-delà, il serait utile de s'interroger sur les causes des catastrophes qui nous accablent. Tout le monde sait bien que le système de production et d'échange capitaliste poussé à son paroxysme sous la forme du libéralisme est devenu fou. Nous en subissons aujourd'hui les effets. Il n'est pas besoin d'être une flèche pour le comprendre.

On peut construire tous les barrages que l'on veut pour se prémunir de la pénurie d'eau, s'il ne pleut pas le problème perdurera. Il est donc urgent de changer de paradigme économique :

• De produire et consommer local et responsable (autant que possible), de ne pas prendre plus à la nature qu'elle ne peut nous donner,

• De s'attaquer résolument aux causes de la pollution (moyens de production, transport des marchandises, mode de consommation etc...).

• En outre, il devient vital de mener des recherches afin d'explorer d'autres sources d'énergies alternatives et renouvelables etc...).

Bref un programme autrement plus ambitieux que les rustines qui consistent à permettre au système de durer quel qu'en soit le prix à payer.

Philippe Soulié, rédacteur de Regardactu

Plus d'infos :

La Montagne : Pourquoi le projet de Chambonchard n'a jamais vu le jour

La Montagne : 18 ans après l'abandon de barrage, la vallée de Chambonchard tente de revivre

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Billet d'humeur

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :