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L'intersyndicale espérait que François Hollande use de son pouvoir discrétionnaire de chef de l'Etat pour imposer à PSA la suspension de son plan de social afin que les négociations tripartites (direction de PSA/syndicats/Etat) puissent se dérouler sans épée de Damoclès sur la tête des salariés. Mais le Président de la république a décidé de ne pas user de ses prérogatives et laisse ceux ci livrés à eux mêmes (voir l'article sur le sitre de France Info). Ce faisant, François Hollande  prends le risque de laisser le conflit dégénérer, car la direction de PSA refuse (et continuera de refuser) de revenir sur sa décision et  fixe d'ores et déjà le cadre de la négociation qui est le reclassement des salariés d'Aulnay.

En refusant d'user de ce droit dont il dispose, le chef de l'Etat ne dévoile pas seulement sa stratégie politique, mais bien plus : son appartenance idéologique au libéralisme et à la loi du marché comme seul décideur du sort des travailleurs et bien au delà, celui de tous les citoyens. Face à cette inertie, que valent les gesticulations du ministre du redressement productif ? Car, on sait depuis longtemps que les seules négociations ne pèsent   pas lourd face à la cupidité des puissances de l'argent. Chaque jour qui passe nous en apporte des preuves supplémentaires. Et ce n'est pas les quelques emplois créés par le gouvernement qui changeront grand chose à la récession qui s'installe tous les jours un peu plus en France comme partout en Europe.

Dans ce nouveau contexte politique qui a vu la majorité changer (soit disant) de bord, les organisations syndicales affichent de fortes différences d'attitude vis à vis du nouveau pouvoir. Les unes sont, plus que jamais attentistes vis à vis de ce dernier, car elles espèrent retrouver un rôle central dans le "jeux" de la négociation avec le patronat, y compris en sacrifiant à nouveaux certains droits sociaux, les autres ne peuvent être qu'attentifs aux revendications de leur base, car elles ont beaucoup à perdre si elles n'y répondent pas. On le voit, l'unité syndicale semble prendre l'eau de toutes parts. Dans ce contexte où les appareils sont divisés sur les objectifs et les stratégies à suivre, le mouvement social n'a pas d'autre issue que de s'émanciper de la tutelle des uns et des autres en imposant ses propres revendications ainsi que les moyens pour y parvenir. Et si les choses traînent, la casse sociale continuera de plus belle. Pour terminer, qu'il suffisse de se rappeler que la gauche n'est elle même que lorsqu'elle est poussée par l'élan populaire. De ce point de vue, la révolte sociale est inévitable. La seule question qui se pose est de savoir quand.

Tag(s) : #Actualité sociale

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