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C'est à grand renfort de publicité que le gouvernement annonce la mise en place d'un nouvelle stratégie industrielle (sic) qui comporterait 34 plans (pourquoi 34) ciblés sur l’excellence du savoir faire industriel français. Le couple Hollande/Montebourg (et oui, tout arrive) en fait l'annonce aujourd'hui comme le révèlent la Tribune (Lire ICI) et l'expansion (lire LA). Les secteurs d'activités concernés pourraient tourner autour de la transition énergétique, un thème déjà privilégié par le programme du Front de Gauche, mais aussi la robotique, la santé et le numérique. Pour autant, il n'est pas question dans l'esprit du Président de la république et de son ministre du redressement productif de renforcer le secteur public de la recherche et de l'innovation. Selon eux  pour que ces projets soient viables, il faut les confier à des "capitaines d'industrie", c'est à dire au privé qui pilotera ces recherches pour qu'elles soient immédiatement rentables. L'intention est de viser le potentiel d'un marché futur. "En procédant ainsi, le gouvernement veut éviter de financer des projets certes géniaux techniquement mais qui seront invendables car inutiles" , dixit la Tribune. Ce faisant, Des garanties seront elles exigées pour que ces aides servent effectivement à l'investissement productif ? Nul ne le dit !

Au delà du fait que cette théorisation de la relance économique par l'offre est plus que discutable, les interrogations que posent ce genre de dispositif sont nombreux. Les règles édictées par l'Europe sont en effet très contraignantes. En subventionnant tel ou tel secteur d'activité, l’État peut être accusé par Bruxelles de distorsion à concurrence et écoper d'une forte amende. De même les marchés publics doivent t-ils être soumis à des appels d'offres très réglementés. Alors comment le gouvernement procédera t-il pour soutenir ses propres industries face à la concurrence sans subir les foudres de la commission européenne ? Nul ne le dit. Et puis, il y a cette annonce spectacle de "575 000 emplois qui pourraient être créés ou préserver". Tout est dans le "ou préservés", ce qui permettra de dire le moment venu que même si les emplois espérés ne sont pas au rendez-vous, du moins auront-ils été préservés ce que personne ne pourra vérifier et pour cause. La ficelle est un peu grosse et ces annonces relèvent plus du grand spectacle et d'une volonté affichée (mais un peu vaine) que du réalisme économique dans un monde où tout ce petit monde investit précisément dans ce qui est immédiatement rentable tout en refusant de faire de même pour les projets sur le long terme, ce qui serait pourtant nécessaire afin d'assurer l'avenir. Mais voilà, plus l'échéance des élections municipales et européenne s'approchera, plus nous assisterons à ce genre de mises en scènes. Cela permet d'occuper le terrain et en plus c'est unanimement repris par les médias institutionnels (et largement subventionnés eux), sans aucune forme d'esprit critique.

Tag(s) : #Economie

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