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C'est une nouvelle qui pourrait bien passer inaperçue dans le flot continuel de l'information. La Tribune annonce (lire ICI) que la Poste lance un nouveau forfait internet à 19 euros 90 avec smartphone. Rien de très extraordinaire. C'est que tout le monde s'est habitué en fait à ce que la Poste fasse aussi de la téléphonie. Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi.

Il était une fois...une grande administration qui avait un ministre à sa tête et que l'on appelait l'administration des PTT (Postes, Téléphone, Télégraphe) plus tard rebaptisée P&T (Poste et Téléphone). Une administration qui fonctionnait magnifiquement au point que dans les années 80 les français interrogés dans un sondage à propos du fonctionnement des services publics en général avaient plébiscité les PTT comme étant le meilleur d'entre eux à plus de 83%, loin devant l'EDF qui arrivait en seconde position. Ce temps n'est plus et rien que le nom de France Télécom et de la Poste font blémir les usagers transformés en clients bien malgré eux.

C'est sous le ministre socialiste Paul Quilles qui fut ministre des Postes, des télécommunications et de l'espace de 1988 à 1991 que fut prise la décision de séparer la Poste et les télécoms pour en faire deux entités distinctes suite à la publication du rapport de Hubert Prévot. Ce dernier affirmait même que les activités de la Poste et de France Télécom n'étaient pas les même et rien ne justifiait que l'on conserve cette unité qui n'avait pas de sens pour les politiques (déjà socialistes à l'époque). Selon eux, cette séparation devaient permettre à chacun de prospérer dans l’excellence de chacune des deux branches d'activités sans qu'il y ai de mélange des genres.

25 ans après, on voit ce qu'il en ait. La Poste lance un nouveau forfait téléphonique et pourtant personne ne s'en étonne, pas même les journalistes qui avaient pourtant largement couvert la disparition des P&T. Les deux entreprises sont unanimement détestées par les usagers et chacune d'entre elle investi dans les secteurs immédiatement rentables au point que les deux se retrouvent aujourd'hui en concurrence directe sur les forfaits mobiles notamment mais aussi sur internet.

Cette petite histoire a une morale. Alors que les hommes femmes qui travaillaient au P&T exerçaient leurs activités en parfaite harmonie et de manière complémentaire, le système capitaliste et libéral a remplacé cette harmonie par la compétition et la guerre économique. Le grand Jaurès avait parfaitement raison quand il disait " Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée l'orage". Car avec le capitalisme qui met toujours en avant la concurrence et la compétition, cela se fini à chaque fois par une guerre, comme nous le montre de manière éclatante les deux dernières guerres mondiales qui eurent lieux à la suite de deux crises majeures du capitalisme. Et comme ces gens là ne manquent jamais de cynisme, un diplomate allemand déclara en 1914 que "La guerre, c'est la continuation de la politique par d'autres moyens" à coup de millions de morts oubliait-il de préciser.

Or si les entreprises tentent d'investir tous les marchés, c'est que la crise diminue considérablement leur marges de profits sur certains secteurs déjà saturés. Ils cherchent donc à s'étendre la où il reste encore quelques opportunités (et le secteurs de la communication en est encore un). Mais cela ne peut aller très loin. Des pans entiers de l'industrie sont en train de s'écrouler faute de consommateurs, comme c'est le cas pour le secteur de l'automobile qui a vu ses ventes s'effondrer au mois d'août. D'autres secteurs vont suivre et il ne suffira plus de baisser les prix, comme le font certains pour limiter les dégâts. le mouvement s'accélère et nous nous n'en avons plus pour longtemps pour que le système s'effondre. A moins qu'il ne provoque une guerre d'ici là. mais c'est déjà ce qu'il fait depuis quelques temps en multiplient les interventions au moyen orient dans l'espoir de gagner ou de préserver quelques marchés juteux et donc les marges de profits indispensables à sa survie.

Finalement rien n'a changé depuis que l'homme existe. Il vit toujours de rapines. Seuls les moyens ont changés et la manière de le faire. Le capitalisme et sa déclinaison la plus cynique, le libéralisme, procèdent des instincts les plus misérables de l'homme qui prône le partage et l'amour dans toutes les religions qu'il a inventé, mais qui fait exactement le contraire dans la réalité de tous les jours. Supprimons donc les religions et mettons leurs grands principes en application. Mais là, je m'égare. Depuis le début ? Peut être.

Tag(s) : #Billet d'humeur

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