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C'est la guerre entre Le directeur de Montluçon Viandes, Christian Perchet et son principal fournisseur Cirhyo. La coopérative a en effet interrompu ses livraisons et réclame le paiement des arriérés comme le rapporte La Montagne dans son édition d'aujourd'hui (Lire ICI). A en croire le directeur de Montluçon Viandes, c'est une véritable cabale dont il serait victime, laquelle se résumerait au fait que sa principale banque aurait restreint ses possibilités de découvert et que Cirhio aurait profiter de cette situation pour interrompre ses livraisons. Mais l'histoire est peu être plus compliquée que l'explication simpliste que Monsieur Perchet veut bien en donner. Il faudrait par exemple qu'il explique quelle était la nature et les raisons des difficultés de trésorerie dont il parle pour pouvoir se forger une opinion sur la question. Car le dirigeant de l'entreprise se contente d'expliquer l'engrenage qui a conduit l'entreprise là où elle en est et non les causes qui en sont réellement à l'origine.

Montluçon Viande actuellement en redressement judiciaire.

Pas de comité d'entreprise

Toujours est-il qu'en 2012, la ville de Montluçon décidait de renoncer aux 870 000 euros que l’abattoir lui devait au titre de la TVA. Cet énorme cadeau avait pour but de sauver une cinquantaine d'emplois. Cela n'empêche pas aujourd'hui la PME de supprimer une trentaine d'emplois sur les 46 que compte l'entreprise, après avoir supprimé 11 emplois que comptait sa filiale SEMAP qui a été liquidée. A ce stade, on ne peut s'empêcher de se poser la question de savoir pourquoi Montluçon Viandes avait filialisé une partie de ses activités. Cette interrogation est d'autant plus pertinente que les les entreprises qui dépassent 50 salariés sont tenues de procéder à des élections pour la mise en place d'un comité d'entreprise. Or Montluçon viandes aurait été contraint de le faire si une partie de ses activités n'avaient pas été filialisée. 46+11= 57. Fort opportunément Montluçon Viandes ne compte donc que 46 employés, de quoi se dispenser de rendre des compte aux salariés au travers d'une instance qui, si elle n'est que consultative, n'en est pas moins contraignante pour l'employeur. Certains employeurs usent de cet artifice afin de se dérober à leurs obligations et il n'est pas interdit de penser que les dirigeants de cette PME aient tout fait pour ne pas dépasser le seuil fatidique des 50 salariés. Dans ces conditions, la seule version a notre disposition est celle donnée par la direction de l'entreprise, laquelle est d'ailleurs largement contredite pas le directeur de la coopérative Cirhyo. Mais nous n'auront jamais la version du comité d'entreprise et pour cause puisqu'il n'existe pas.

L'antenne montluçonnaise de la coopérative Cirhyo, av Jon kennedy.

Pour les salariés, c'est encore pire

Toujours est-il, qu'entre Montluçon Viandes et sa filiale SEMAP ce sont 40 emplois qui sont supprimés et les montluçonnais spoliés de 870 000 euros. Et c'est presque sur un ton badin que le directeur de Montluçon Viandes a évacué cette question "c'est de l'argent perdu pour tout le monde", histoire de dire que les montluçonnais peuvent s'assoir dessus. Mais pour les salariés, c'est encore pire. Leur entreprise est maintenant en redressement judiciaire et ils ne savent toujours pas lesquels devront aller pointer à pôle emploi. Dans une ville déjà sinistrée par le chômage, ils se demandent de quoi sera fait leur avenir. De source sure, nous savons déjà que certains d'entre eux ont pris contact avec l'union locale CGT afin de s'informer sur leurs droits. Il faut bien dire que les syndicats sont souvent les derniers recours dans de telles situations.

La galère des salariés de Montluçon Viandes
Tag(s) : #Montluçon

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