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On se souvient de la phrase assassine de Jean-Pierre Jouyet à propos de Florange qui disait que la BPI "aurait vocation à maintenir l'activité et non pas aider les canards boiteux" comme le rapportait alors le journal l'Expansion (Lire ICI). Ce dernier avait d'ailleurs du présenter ses excuses aux salariés de Florange qui lui avaient vertement rappelé que l'usine produisait de l'acier de haute technologie, ce que personne ne contestait par ailleurs et que les plus grandes marques automobiles ( allemandes notamment) se fournissaient chez eux. Sur quels éléments rationnels l'énarque se fondait-il alors pour affirmer que Florange était un canard boiteux ? Probablement en comparant la rentabilité du site industriel français à d'autres sites basés dans des pays avec une main d’œuvre à bas coût, car il il est difficile d'imaginer une autre raison. Mais alors, si tel est le cas, quelle entreprise mériterait-elle d'être sauvée en France ? Car un grand nombre d'entre elles font face à une concurrence déloyale et sont confrontées à des problèmes de compétitivité pour cette raison.

Or le directeur général de la BPI Nicolas Dufourcq a déclaré à Rouen que "le sauvetage de Petroplus ou des hauts-fourneaux de Florange n'aurait pas représenté "un bon business". "Notre agenda, c'est la France de 2030. Petroplus, est-ce la France 2030 ?". Ce qui positionne Nicolas Duforcq sur la même ligne que Monsieur Jouet et de compléter son intervention : "Il faut être très clair", a ajouté Nicolas Dufourcq, en précisant que la banque n'interviendrait à la rescousse de telles entreprises qu'en appui "de fonds privés". Ce qui signifie en clair que sans repreneur, pas ou peu d'espoir pour les entreprises en difficulté d'obtenir de l'aide de la part de la BPI. Cette stratégie clairement affichée par celui qui tiendra les cordons de la bourse est très inquiétante pour les entreprises, grandes ou petites qui sont en recherche de liquidité, car elles devront faire la démonstration de leur possible redressement. Mais justement si ces dernières sont susceptible de solliciter la BPI pour un prêt c'est précisément parce que les banques privées auront estimé que les garanties de redressement ne sont suffisantes. Au final la BPI risque de se révéler être une banque comme les autres auprès de laquelle les industriels ne trouveront pas plus de compréhension que de solidarité. En tout cas toutes les entreprises comme Pétroplus et Florange pourront aller se faire voir quand bien même cette banque publique d'investissement disposera d'une force de frappe de 42 milliards d'euros comme l'indique l'Expansion dans son article 23 avril (Lire LA). Comme disait l'autre "Les banques c'est un parapluie quand il fait beau".

Dans ce tintamarre d'experts, Ségolène Royal tente de faire entendre sa voix, mais il faut bien reconnaître que la Présidente du Poitou que certains n'hésitent pas à qualifier de parachutée a beaucoup de mal à y parvenir. Pourtant sur ce sujet, elle parait nettement plus à l'offensive quant elle déclare : "La BPI est là pour prendre des risques, parfois elle perdra, parfois elle gagnera". Il n'empêche qu'entre la vice présidente de la BPI et le Directeur, le torchon brule et l'on assiste plus à un combat de chefs plutôt qu'à un dialogue constructif. Il faut dire que les intérêts en jeux sont importants pour les deux. Les entreprises en difficultés et les salariés devront patienter eux...

Tag(s) : #Economie

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