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Il n'y a pas que les entreprises en difficulté qui licencient, loin s'en faut. Le cas de Sanofi Aventis est tout à fait révélateur de ce point de vue. Montebourg accordait, il n'y a pas très longtemps un entretien à La dépêche du midi (voir ICI) et semblait passablement énervé quant on évoquait le cas de cette multinationale. Voici l'extrait ci-dessous :

"Sanofi qui, selon les syndicats, a réalisé 8,8 milliards d'euros de profit, a annoncé une réorganisation qui pourrait se traduire par des milliers de suppressions d'emplois, notamment à Toulouse. Comment réagissez-vous ? J'ai reçu la visite du PDG et du directeur général de Sanofi avec lesquels nous avons eu un entretien houleux. Je leur ai expliqué que j'avais déjà suffisamment d'entreprises en difficulté, pour ne pas dire en faillite, qui détruisaient de l'emploi, pour accepter qu'en plus celles qui réalisent des milliards de profit se mettent-elles aussi à licencier. J'ai indiqué qu'il n'était pas question qu'il y ait dans ce projet de restructuration des destructions d'emploi. Je leur ai demandé de construire un dialogue social, de travailler en concertation avec les organisations syndicales afin que cette restructuration ne se fasse pas au détriment des hommes et des femmes qui y travaillent. Il faudra que les syndicats soient entendus et nous les soutiendrons."

En fait, c'est le Figaro économie (lire ICI) qui a ouvert le bal en annonçant récemment que Sanofi aventis envisageait de supprimer entre 1 000 et 2 000 emplois (on admirera au passage la largeur de la fourchette d'estimation). La direction met en avant rien de moins "qu'une démarche stratégique" pour justifier une telle décision. Manière élégante de dire que c'est pour faire plus de fric. Sauf que maintenant ce ne sont plus seulement les secteurs de la production qui sont dans la ligne de mire, mais aussi ceux de la recherche que la direction de Sanofi veut externaliser  comme le confirme le journal de droite, toujours prompt à vanter les mérites du système libéral.

Dans les Echos, Lire LA, le PDG explique sans rire "Nous voulons faire en sorte que notre recherche produise plus de nouveaux médicaments qu'elle ne le fait actuellement et donner une nouvelle dynamique à la recherche de Sanofi en France". manière d'expliquer que le but n'est pas de produire mieux, mais de produire plus. Et pour enfoncer le clou, il conclu : "Il faut rendre plus compétitive notre situation. Nous sommes dans l'obligation de faire un certain nombre d'adaptations qui améliorent la performance économique des unités industrielles". Tout est dit avec le cynisme de ceux qui n'ont aucun état d'âme. Un délégué CFDT (1er syndicat dans l'entreprise) explique dans le Monde (lire ICI) qu'un premier plan social entre 2009 et 2011 avait déjà supprimé près de 4 000 emplois, ce qui donne une facture finale assez salée de 6 000 emplois supprimés dans une multinationale qui vient d'engranger récemment quelques 9 milliards d'euros de bénéfices.

Alors, l'interdiction des licenciements boursiers, c'est pour quand ???

Lire aussi le communiqué de SUD Pharma Chimie LA

Tag(s) : #Actualité sociale

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